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Finance

3 questions sur le fonds SISF Global Energy Transition, axé sur la transition énergétique

Mark Lacey, Gérant du fonds SISF Global Energy Transition

Mark Lacey, gérant du fonds SISF Global Energy Transition (Schroders), revient sur la stratégie d'investissement du fonds ainsi que sur ses objectifs extra-financiers. 

Quelle est la stratégie d’investissement du fonds et à quels enjeux veut-il répondre ? 

La stratégie d'investissement du fonds SISF Global Energy Transition consiste à sélectionner les meilleures entreprises dans toute la chaîne de valeur de la transition vers l'énergie propre. Pour parvenir à un monde à faibles émissions de carbone, il est indispensable que l'ensemble de la chaîne de valeur de l’énergie évolue et permette de réduire les émissions mondiales.

Le montant des investissements destinés à ces sous-secteurs est estimé par Bloomberg New Energy Finance à 120 000 milliards de dollars entre 2010 et 2050. Pour mettre les choses en perspective, cela représente 3 à 4 fois le montant investi dans les combustibles fossiles (avant le récent effondrement). Malgré l’impact de l'épidémie de COVID-19 sur les investissements, nous sommes certains que la production d'énergie propre restera au premier plan des politiques gouvernementales et des attentes des consommateurs au cours des prochaines décennies.

Au vu de l’importance des investissements anticipés, il y aura des gagnants structurels évidents chez les entreprises concernées, mais aussi des entreprises mal disciplinées qui détruiront de la valeur pour les actionnaires. Notre travail de gérant d’actifs consiste à sélectionner les entreprises les mieux gérées dans une perspective de rendement durable, et dont la valorisation est raisonnable. Enfin, nous privilégions les sociétés ayant un bilan solide et qui ne s’endettent pas de manière excessive.

Nous avons lancé ce fonds afin de contribuer à répondre à ce besoin croissant et urgent de transition du système énergétique mondial vers un modèle plus durable et moins intensif en carbone. Investir dans des entreprises qui facilitent cette transition aide non seulement le monde à lutter contre le changement climatique, mais offre également une opportunité d'investissement très intéressante, compte tenu des investissements à venir et des rendements que les entreprises de ce secteur peuvent offrir.

Plusieurs facteurs permettent aujourd’hui cette transition :

  • Facteurs économiques : les énergies renouvelables sont maintenant la forme d'énergie la moins chère dans les 2/3 du monde
  • Action des gouvernements : que ce soit par le biais de taxes sur le carbone, de mesures de relance budgétaire directes ou d'actions en justice qui entraîneront l'électrification des transports et d'autres secteurs
  • Demande des consommateurs : il y a une demande désormais irréversible de la part des consommateurs pour que les entreprises deviennent plus durables et plus vertes dans leurs activités, et un désir des consommateurs d'adopter eux-mêmes des pratiques plus durables.

Ces facteurs font de la transition énergétique une quasi-certitude, et nous proposons un produit qui investit dans les entreprises impliquées dans chaque rouage de la chaîne de valeur nécessaire à la transition énergétique.

Quel est l'impact ESG du fonds ? Comment le mesurez-vous ? 

Le fonds SISF Global Energy Transition investit dans des entreprises qui facilitent directement et de manière significative la transition du système énergétique mondial vers un modèle plus durable, et qui réduit les émissions mondiales de gaz à effet de serre et de polluants. Cela est positif en termes d'impact ESG car cela aide le monde à atteindre ses objectifs environnementaux, tels que ceux définis dans les accords de Paris et les accords ultérieurs. En investissant dans le capital des entreprises et en participant aux nouvelles levées de capitaux, ce fonds permet de contribuer à la transition énergétique en contribuant au développement des technologies propres. Notre équipe, en collaboration avec l'équipe Investissement durable de Schroders, travaille également sur des outils permettant de mesurer les impacts tangibles des entreprises que nous détenons.  Il s'agit notamment de la quantité de dioxyde de carbone compensée par la construction d'éoliennes et de l'énergie verte qu'elles produisent, plutôt que de dépendre de la production traditionnelle d'énergie à partir de combustibles fossiles.

Pour 1 million USD investi dans le fonds, le volume d’émissions de CO2 évité par an (scope 1 et 2) par rapport à la moyenne des secteurs concernés est de 696 tonnes, ce qui représente près de 35 000 arbres plantés ou 2,7 millions de km non parcourus ou encore 243 tonnes de charbon non brûlé. Enfin, l’intensité carbone du fonds (scopes 1 à 3) est de 436 tonnes de CO2 par million USD de chiffre d’affaires, contre 1 022 pour l’indice MSCI Monde.

Une partie de notre processus d'investissement consiste à évaluer les entreprises sur la base de facteurs ESG, en utilisant des outils propriétaires développés par notre équipe Investissement durable (notamment l’outil CONTEXT permettant au travers de plus de 200 métriques d’analyser les relations des entreprises avec leurs parties prenantes : employés, clients, fournisseurs, régulateurs, environnement, communauté ; et de les classer au sein de leur secteur) et en ayant recours à l’engagement direct avec les entreprises.

Nous attribuons à chaque entreprise une note sur 10, et nous les classons également en trois groupes : "best in class", "neutre" ou "en retard". Notre politique consiste à ne pas investir dans la dernière catégorie, sauf si des actions d’engagement sont en cours et que nous nous attendons à un changement positif significatif dans un délai approprié. L'équipe Investissement durable décide si cette condition est remplie, et ce n'est qu'alors que nous pourrons investir dans les actions de l’entreprise. Nous avons également un biais positif envers les meilleures entreprises en matière d'ESG.

Plus globalement, comment ce fonds s'inscrit-il dans la stratégie ISR de Schroders ? Quels sont aujourd'hui les grands axes qui structurent cette dernière ? 

L’objectif de Schroders est que l’ensemble des offres d’investissement et des équipes de gestion intègrent les facteurs ESG d’ici la fin 2020. Actuellement, 60 % des encours gérés pratiquent cette intégration. Les fonds recherchant explicitement un objectif ISR, comme le fonds ISF Global Energy Transition, ont vocation à obtenir des labellisations externes en plus de notre système d’accréditation interne (qui comprend trois catégories cumulables entre elles : les fonds pratiquant des exclusions spécifiques, ceux intégrant les facteurs ESG dans leur gestion et ceux ayant un objectif ISR explicite, mentionné dans la documentation légale comme le DICI). SISF Global Energy Transition fait partie des fonds ISR, et a obtenu le label Greenfin français ainsi que le label belge de la Febelfin.

La démarche ESG de Schroders s’est constituée progressivement au cours des 20 dernières années, depuis la première publication de notre politique de gouvernance en 1998 et de notre politique d’investissement responsable en 2001.

Notre approche se caractérise par :

  • Le fait d’être un investisseur engagé : nous menons de longue date un dialogue actif avec les entreprises dans lesquelles nos portefeuilles sont investis et nous prenons à cœur nos droits de vote aux AG.

En 2019, nous avons mené plus de 1 750 actions d’engagement avec les entreprises dans 57 pays, et nous avons voté à plus de 5 850 AG. Nous soutenons les résolutions d’actionnaires lorsqu’elles sont en ligne avec nos principes, et nous ne craignons pas de voter contre la direction des entreprises lorsque nécessaire. L’an dernier, nous avons ainsi voté contre le management dans 13 % de l’ensemble des résolutions votées (soit au moins un vote contre dans 47 % des AG).

Tous les engagements sont consignés depuis de nombreuses années dans notre base de données interne, accessible à tous les analystes, afin d’assurer le suivi des actions menées et des étapes suivantes à réaliser.

  • L’importance de la recherche pour comprendre les risques et opportunités : Notre équipe Investissement durable compte 17 personnes dont une large part dédiée à l’analyse et à la recherche, afin de permettre à nos équipes de gestion de mieux appréhender les enjeux, risques et opportunités ESG. Nous partageons également notre recherche avec nos clients et les entreprises concernées.

A titre d’exemple, notre équipe a analysé en profondeur la thématique du sucre et de ses dangers pour la santé, ainsi que ses implications pour les entreprises du secteur agro alimentaire. Cette recherche, initiée en 2015 et poursuivie en 2017 et 2019, a donné lieu à de nombreuses actions d’engagement et de pédagogie auprès des entreprises, et a permis de préciser les risques du secteur pour nos équipes de gestion. 

  • La maîtrise de l’analyse, avec des outils propriétaires : nous ne voulons pas dépendre de notations externes faiblement corrélées les unes aux autres et qui n’offrent pas une transparence totale. Ainsi, nous avons développé nos propres outils d’analyse et de mesure :
    • Sur l’enjeu climatique : un tableau de bord du changement climatique pour suivre la trajectoire climat mondiale, un modèle d’analyse du risque de transition (VaR carbone) et un modèle d’analyse des risques phyisques.
    • Sur l’analyse des entreprises : un outil baptisé CONTEXT permettant au travers de plus de 200 métriques d’analyser les relations des entreprises avec leurs parties prenantes (employés, clients, fournisseurs, régulateurs, environnement, communauté) et de les classer au sein de leur secteur.
    • Sur la mesure d’impact : un outil baptisé SustainEx, qui permet de quantifier les externalités sociales et environnementales (tant positives que négatives) des entreprises cotées sur la société dans son ensemble. (cet outil a reçu le prix spécial du Jury lors des prix Impact organisés par Option Finance en 2019)
  • L’intégration des facteurs ESG dans toutes nos équipes de gestion : nous avons pris l’an dernier l’engagement d’intégration des facteurs ESG dans toutes nos équipes de gestion d’ici la fin 2020, et nous avons désormais réalisé cet exercice sur environ la moitié de nos encours.
  • La transparence : nous publions des rapports d’investissement durable trimestriels et annuels ainsi qu’un rapport de vote mensuel. Tous sont disponibles sur notre site Internet global (et France). Nous publions également de nombreux articles de recherche qui sont traduits localement.
  • La responsabilité sociale d’entreprise : Schroders s’est engagé à la neutralité carbone de ses opérations à compter du 1er janvier 2020. Nous sommes membres actifs et signataires de nombreuses initiatives de place telles que la Charte des femmes en finance, le Business disability forum et OUTstanding.

Nous sommes notés A+ par les UN PRI pour notre stratégie ESG sur les 5 dernières années consécutives.

Vous avez apprécié cette information ? Vous aimerez également notre guide pratique « L’écologie dans nos assiettes ».

Au sommaire : Tout pour faire sa transition alimentaire en douceur et répondre aux enjeux d’une alimentation plus durable !

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Merci ! #TousActeurs.