Les épargnants devront s’attendre à un rendement moindre sur leur livret A. À partir du 1er février 2026, son taux passera de 1,7 % à 1,5 %. Une baisse actée conformément à la préconisation du gouverneur de la Banque de France.
Dans un communiqué, le ministre de l’Économie Roland Lescure a commenté cette évolution. "Le livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé, tout en favorisant la construction de logements sociaux, deux priorités pour le Gouvernement".
Si cette décision est suivie de près, c’est que le livret A occupe une place à part dans l’épargne des Français. Près de 57 millions d’entre eux en détiennent aujourd’hui un. Deux Français sur trois le considèrent comme le placement le plus sûr et il demeure, de loin, le produit d’épargne préféré, selon un sondage mené par OpinionWay pour Le Conservateur en juillet 2025.
Comment ça marche ?
Cette place à part tient aussi à des règles de fonctionnement claires et largement stabilisées. Depuis 2009, le livret A peut être proposé par l’ensemble des établissements bancaires, y compris les banques en ligne. Il est accessible à tous, mineurs comme majeurs, ainsi qu’à certaines associations. Une règle, en revanche, ne souffre aucune exception. Un seul livret A peut être détenu par personne.
Les fonds déposés restent disponibles à tout moment, sans pénalité. Les versements sont toutefois plafonnés. Pour les particuliers, le plafond s’établit à 22 950 euros. Pour les associations, il atteint 76 500 euros, hors intérêts. Ces derniers sont calculés sur l’année et capitalisés une fois par an, le 31 décembre. Leur ajout peut ainsi conduire à dépasser le plafond réglementaire. Autre caractéristique centrale, les intérêts du livret A sont totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.
À qui profite l’épargne ?
Au-delà de sa fonction d’épargne individuelle, le livret A joue un rôle collectif. Le site du gouvernement rappelle que "pour des motifs de protection de l’épargnant et de mise à l’abri de risque de faillite, crise financière, banqueroute, et pour utiliser les fonds ainsi collectés à des missions d’intérêt général, l’État a très vite choisi de centraliser les fonds collectés par le livret A à la Caisse des dépôts et consignations".
Cette centralisation permet de flécher une large partie des fonds vers le logement social et, plus récemment, vers des opérations de renouvellement urbain. La Caisse des dépôts et consignations utilise ainsi la ressource du livret A pour accorder des prêts aux acteurs du logement social, notamment les offices publics de l’habitat, les offices publics d’aménagement et de construction et les entreprises sociales pour l’habitat. Ces prêts sont indexés sur le taux du livret A et accordés à des conditions préférentielles. "Par exemple : un taux de prêt de 2,67 % correspondra au taux du livret A (2 %) + 0,67 % (taux préférentiel)", détaille le gouvernement.
Toutefois, la totalité des fonds collectés n’est pas systématiquement mobilisée à cette fin. Lorsque le coût de la ressource (taux du livret + taux de commissionnement) dépasse les conditions de marché, la direction des fonds d’épargne peut arbitrer et orienter une partie des sommes vers des placements financiers, dans une logique de gestion et de rendement.