La finance durable a-t-elle toujours le vent en poupe ? Alors que l'Accord de Paris vient de fêter ses dix ans, les ambitions climatiques sont régulièrement remises en causes, notamment aux États-Unis. Au point que certains parlent d'un véritable backlash.
Pourtant, la 3e édition du Baromètre de la finance durable de la fintech WeeFin vient mettre à mal cette idée reçue. L'étude, qui a analysé 60 fonds d’investissement classés article 8 et 9 au sens de la réglementation SFDR souligne ainsi une hausse significative des pratiques ESG et de l'engagement en 2025.
Des politiques d'exclusion en progression
Parmi les principaux résultats : le renforcement des politiques d'exclusion. 100 % des fonds étudiés ont mis en place une politique d'exclusion concernant le charbon et les armes controversées, soit quatre points de plus qu'en 2024. Et les exclusions sur les thématiques en lien avec la biodiversité sont également en nette progression sur un an, passant de 6 % à 12 % pour les pesticides et de 24 % à 33 % pour l'huile de palme.
"La montée de ce que l'on a appelé 'backlash ESG' a pu laisser certains croire que la finance durable était sur le déclin, surtout aux États-Unis. Le baromètre montre que cette idée reçue est loin de la réalité et que les fonds sont restés impliqués. Les pratiques ont évolué positivement, les engagements se sont renforcés, et surtout, la demande est toujours là. En témoignent les plus de 80 milliards d'euros de mandats qui ont été retirés en 2025 par les investisseurs institutionnels à des sociétés de gestion qui n'étaient pas assez engagées dans la durabilité", détaille Grégoire Hug, cofondateur et PDG de WeeFin.
Réforme de la SFDR : un cadre plus exigeant
Selon les projections du Baromètre, ce renforcement des pratiques et de l’engagement devrait s'amplifier avec la réforme de la réglementation SFDR proposée par la Commission européenne en novembre dernier, qui introduit un cadre plus simple, mais aussi plus exigeant. WeeFin anticipe notamment un recours à des seuils d'exclusion toujours plus stricts, dans un contexte de forte demande pour des fonds excluant les projets liés aux énergies fossiles.
Enfin, l'étude souligne que les fonds affichant des objectifs de transition chiffrés ont des pratiques plus ambitieuses : 33 % et 40 % d'entre eux disposent respectivement d’une politique d'engagement et d'exclusion du charbon jugée mature ou très mature, soit un écart d’environ 10 points par rapport aux fonds sans objectif de transition.