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Environnement

Terres indigènes en sursis : le décret de Bolsonaro annulé

©Rich Carey/Shutterstock

En juin dernier, le président Bolsonaro a adopté un décret qui prévoit le transfert de compétences d’une fondation protectrice au ministère de l’Agriculture concernant la délimitation des terres indigènes. Le jeudi 1 août, la Cours Suprême du Brésil a cassé cette décision.

La mesure, au-delà d’aller à l’encontre de la loi, met en danger les populations autochtones d’Amazonie. Elle a pour effet de mettre en place un nouveau découpage des terres, à la seule discrétion du ministère de l’Agriculture. Ce qui serait plus favorable à l’industrie agro-commerciale qu’à la préservation de l’habitat des indigènes et rendrait accessible des zones naturelles à l’exploitation. La Cour suprême fédérale a annulé le décret considérant que : "Pour ce qui fait loi, le dernier mot revient au Congrès". C'est ce qu'a souligné le juge Luis Roberto Barroso, qui faisait partie des 10 juges ayant soutenu la décision d'annulation. 

Le Président Bolsonaro inquiète les juridictions brésiliennes en passant outre les lois et principes démocratiques tels que la séparation des pouvoirs. En effet, au mois de juin, il a adopté le décret prévoyant le transfert de compétences foncières au ministère de l’Agriculture concernant les terres indigènes, contre la décision du congrès qui l’avait précédemment rejeté. Le quotidien brésilien Folha de Sao Paulo rappelle ces mots que le président a prononcés il y a quelques semaines : "C’est moi qui délimite les terres indigènes, c’est moi qui commande dans cette affaire, parmi tant d’autres, je suis un président qui assume les difficultés et les succès."

Une semaine après la mort d’un leader indigène

Les mobilisations indigènes se multiplient : au mois de mars déjà, le Cacique Raoni, chef indien Kayapo engagé pour la cause indigène, s’était mobilisé contre Bolsonaro : "Le président doit nous respecter", a lancé Raoni au Monde lors d’un entretien à Brasilia. "Il doit comprendre que dans ce pays vivent l’indigène et le Blanc. Que chacun a un mode de vie différent. Nous vivons de la chasse, de la pêche, le Blanc élève du bétail sur de grandes propriétés. Ces activités se rapprochent de nous et menacent nos terres. Nous voulons voir le président, les ministres, le Congrès pour savoir ce qu’ils veulent faire exactement. Nous voulons dialoguer !", expliquait-il.

Cacique Raoni, chef indien Kayapo
©A.Paes/Shutterstock

Les menaces envers les tribus d’Amazonie s’intensifient depuis l’arrivée au pouvoir du Président Bolsonaro. La semaine dernière, un leader indigène s’est fait poignarder à mort durant l’attaque, par des mineurs, d’un village du nord du Brésil. On craint un véritable génocide en Amazonie. La communauté internationale se mobilise, la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a dénoncé lundi 29 août "la politique proposée par le gouvernement brésilien". Cette décision ainsi que la prise de conscience grandissante sur la question des tribus d’Amazonie est encourageante pour la préservation de cet écosystème qui recense 50 à 70 % de la biodiversité d’après WWF et qui abrite des population préservées. 

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