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ID Décrypte

Pollution plastique : qu'est-ce que le "septième continent" ? 

©Naja Bertolt Jensen/Unsplash

Le "7ème continent", aussi appelé "vortex de plastique", se situe au nord-est de l’océan Pacifique. Sacs, bouteilles, emballages, filets et autres déchets s'y sont agglutinés sous l’effet des précipitations et du vent. Tant que l'on estime aujourd'hui sa taille à plus d'1,6 millions de km2, soit trois fois la France métropolitaine. 

Dans les cinq océans, les déchets plastiques s’accumulent. Depuis l'expansion de cette matière dans les années 1950, elle est omniprésente dans notre quotidien. Selon l'association l’expédition "7ème continent", 280 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde chaque année et l'on estime qu’un dixième d'entre elles finit dans les océans. L’écoulement des rivières, les densités de population le long des littoraux, le trafic maritime intense accentuent le phénomène et les débris de cette matière se multiplient. Au point de former un "septième continent" au large du Pacifique. 

La grande zone d’ordures du Pacifique

Découvert en 1997 par l’océanographe américain Charles Moore, ce "vortex de plastique" se situe entre Hawaï et la Californie et s’étend aujourd'hui sur plus d'1,6 millions de km2, soit trois fois la taille de la France d’après une étude parue dans la revue Nature. Les experts ont constaté que cet amas de déchets était composé de sacs, de bouteilles, d’emballages, de mégots de cigarette, de filets et autre matériel de pêche. Dès 1982, une étude menée par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) mentionnait déjà la présence de débris sur les plages françaises. Depuis, des travaux scientifiques ont permis de mieux préciser la nature de cette pollution plastique.

Les gyres océaniques forment plusieurs amas de déchets

Entraînés par les courants marins et la rotation de la terre, les plastiques ne se déplacent pas en ligne droite. Certains d’entre eux, plus denses que l’eau, ne coulent pas une fois entrés dans l’océan : emportés par les "gyres océaniques", ils s’accumulent dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Nord et dans le sens inverse dans l’hémisphère Sud. Il en existe cinq dans le monde : au sein du Pacifique Nord, du Pacifique Sud, de l’Atlantique Nord, de l’Atlantique Sud et dans l’océan Indien. Le premier amas, le plus important d'entre eux, compterait quelque 80 000 tonnes de déchets plastiques.

Et une fois en mer, ces derniers se dégradent sous l'effet du soleil, des vagues et de la vie marine et relâchent des particules que l'on appelle "microplastiques".

Le classement des débris

Les 80 000 tonnes qui flottent dans le Pacifique sont ainsi classées selon quatre tailles. Les plus petits déchets, les microplastiques, mesurent entre 0,05 et 0,5 centimètres. Les mésoplastiques, entre 0,5 et 5 centimètres - il peut s'agir de bouchons de bouteilles par exemple. Les macroplastiques, entre 5 et 50 centimètres - tels que des bouteilles. Enfin, les mégaplastiques sont pour leur part supérieurs à 50 centimètres. 92 % de la masse totale du fameux vortex serait ainsi composée de débris de plus de 5 millimètres et près de la moitié serait du matériel de pêche abandonné.

Les impacts sur la faune et la flore 

Le plastique, dans son ensemble, représente une menace pour la faune et la flore. Les microplastiques notamment sont confondus avec du plancton par certains animaux marins qui les ingèrent au risque de s'étouffer. L’ensemble de la vie marine est impacté par cette matière à tout faire. Tortues, crustacés, mammifères, oiseaux y sont exposés, tout comme les végétaux tels que les herbiers marins, les mangroves ou les coraux, dont l'oxygène et la lumière nécessaires à leur survie sont obstrués.

Dans une vidéo parue en 2017, l'ONU fait état de 234 morceaux de plastique retrouvés dans le corps d’un seul oiseau en Australie.

Selon l’océanologue Jennifer Cavers, le record est de 276 morceaux dans un oisillon de 90 centimètres. Cela équivaudrait à retrouver entre 6 et 10 kg de plastique dans l'estomac d'un corp humain. D’après Peter Thomson, envoyé spécial des Nations unies pour les océans, nous retrouverons autant de plastique que de poissons dans les océans d’ici à 2050.

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