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Environnement

Pollution : des micro-algues pour purifier l'air dans les écoles

Les algues sont utilisées pour purifier naturellement l'air dans les écoles.
©divedog/shutterstock

Des entreprises mettent au point des filtres à base de micro-algues afin de purifier l'air au sein des écoles. Une technologie verte et durable qui permettra de lutter contre la pollution de l'air.

Une "bulle d'air pur" générée par des micro-algues ou des filtres pour l'atmosphère des classes : des entreprises développent des solutions pour améliorer la qualité de l'air dans les écoles, des petits pas face à un problème de santé publique majeur. L'invention a été utilisée à l'école élémentaire Victor Hugo de Poissy dans les Yvelines. Les élèves ont remarqué un étrange pavé de 5 mètres de long et de 3 mètres de hauteur qui a fait son apparition dans un coin de la cour. Cette boîte développée par Suez va capter de l'air à hauteur d'enfant -là où il est justement le plus pollué- avant de le traiter et de le recracher une fois purifié.

"L'idée est de créer une véritable bulle d'air pur dans la cour de récréation pour protéger les plus jeunes, qui sont les plus sensibles à la pollution atmosphérique", explique Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, qui avait lancé un appel à projets.

La lutte contre la pollution de l'air

L'efficacité de cette bulle invisible d'une superficie théorique de quelques dizaines de mètres carrés, dont la surface est matérialisée par des dessins colorés au sol, va désormais être testée pendant un an.

Le sujet est d'importance puisque la pollution de l'air (intérieur et extérieur) entraîne chaque année la mort de quelque 600.000 enfants de moins de 15 ans dans le monde en raison d'infections aiguës des voies respiratoires, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette pollution affecte également le développement neurologique et les capacités cognitives des plus jeunes.

Un système de purification à base de micro-algues 

Concrètement, la boîte de purification conçue par Suez avec la société Fermentalg, spécialisée dans les micro-algues, fonctionne avec plusieurs systèmes de traitement. "On va capter les particules fines par un système d'ionisation positive: on fait passer un très faible courant électrique qui va polariser les particules, qui vont aller s'accrocher sur des plaques collectrices comme un aimant", explique Jérôme Arnaudis, directeur du pôle Air de Suez.

"La deuxième technologie, ce sont des charbons actifs de dernière génération qui, eux, vont capter le dioxyde d'azote et les composés organiques volatils", poursuit-il. "Le charbon actif capte la pollution et la restitue aux micro-algues, qui vont se nourrir de cette pollution." Ensuite, les micro-algues vont fabriquer de l'oxygène et grossir. Elles seront finalement évacuées par le réseau d'assainissement et transformées en biométhane en station d'épuration. De plus, la prochaine version du système permettra peut-être "de capter aussi les virus", selon M. Arnaudis.

Veolia se lance dans l'expérimentation

Suez n'est pas la seule grande entreprise présente sur ce créneau. Veolia -qui souhaite d'ailleurs racheter son grand rival- avait ainsi lancé il y a un an une initiative avec la ville du Raincy (Seine-Saint-Denis) pour y "garantir une bonne qualité de l'air intérieur" dans deux écoles.

"Avant traitement on avait des niveaux relativement élevés en CO2" dans les classes, indique à l'AFP Frédéric Bouvier, directeur du pôle compétences Air de Veolia. "Nous avons installé dans les salles de classe des systèmes capables de prendre l'air à l'extérieur, de le filtrer pour enlever les particules et ensuite de le nettoyer pour enlever les composés chimiques. Ensuite, on le souffle dans la salle de classe pour avoir en permanence de l'air neuf qui rentre", détaille-t-il.

Deux lycées sont également équipés de ce système, "et là on est en discussions avec plusieurs mairies pour avancer sur ce sujet", même si la pandémie de Covid-19 a quelque peu freiné les choses, indique M. Bouvier. Pour les associations qui alertent sur "l'enjeu de santé publique immense" de la qualité de l'air, ces avancées sont les bienvenues.

"Évidemment, la première chose à faire, c'est de diminuer la pollution, mais on ne peut pas attendre", estime ainsi Olivier Blond, directeur de l'association Respire."Des mesures d'épuration ou d'adaptation sont les bienvenues parce qu'on est face à une urgence sanitaire, on ne peut pas attendre 20 ans". Selon lui, "tout est bon à prendre pour sauver des vies."

Avec AFP

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