Avec la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, les collectivités cherchent à mieux protéger les habitants.
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Environnement

Les refuges climatiques, ces lieux qui deviennent essentiels face aux canicules

Avec la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, les collectivités cherchent à mieux protéger les habitants. Parmi les solutions qui se développent, les "refuges climatiques" occupent une place grandissante. Ces espaces, accessibles au public, permettent de trouver un peu de fraîcheur lorsque les températures deviennent difficiles à supporter.

Alors que la France vit son troisième épisode caniculaire, beaucoup de personnes se retrouvent piégées dans de véritables "bouilloires thermiques". Ces logements, souvent mal isolés, accumulent la chaleur en journée et peinent à la restituer la nuit, empêchant les habitants de retrouver des températures supportables. Le phénomène touche particulièrement les appartements situés sous les toits, les bâtiments anciens ou encore les logements exposés plein sud.

Face à cela, il y a un besoin de trouver des endroits plus frais, on parle alors de "refuge climatique". Il s’agit d’espaces, qui offrent la possibilité de se mettre en sécurité face à des conditions météorologiques extrêmes. La géographe Géraldine Molina le définit comme "un lieu intérieur ou extérieur dans lequel les individus viennent chercher un réconfort thermique lorsqu'ils sont soumis à des conditions atmosphériques stressantes dans d'autres lieux".

Concrètement, il peut s'agir de bibliothèques, de mairies de quartier, de centres sociaux, de musées, mais aussi de parcs, jardins, squares ou encore d'espaces ombragés. Ces lieux jouent un rôle particulièrement important pour les personnes les plus vulnérables, comme les personnes âgées ou les jeunes enfants. 

Barcelone, une ville pionnière

La ville de Barcelone est souvent perçue comme novatrice dans l’adaptation aux fortes chaleurs. En effet, les responsables locaux se sont appuyés sur des lieux déjà existants afin de les adapter pour qu’ils deviennent des endroits de confort thermique : bibliothèques, lieux de culte, écoles, marchés, parcs… Les refuges climatiques ont même dépassé leur rôle initial en devenant des infrastructures publiques de soin.

Le résultat a été vraiment concluant. En effet, le réseau barcelonais est passé de 70 refuges en 2020 à 397 en 2025, et 451 si l’on inclut les microrefuges (il s’agit de petit espace comme des squares). Sur cette période, la couverture en matière de refuges climatiques s’est considérablement améliorée : la part de la population disposant d’un refuge à moins de dix minutes à pied est passée de 61 % à 99 %, et celle disposant d’un refuge à moins de cinq minutes de marche est passée de 20 % à 74 %.

Des cartes pour repérer les lieux frais

Depuis plusieurs années, de nombreuses villes recensent les espaces de fraîcheur sur des cartes accessibles au public. Elles indiquent généralement les parcs, les fontaines, les bâtiments climatisés ou encore les équipements municipaux pouvant accueillir les habitants lors des fortes chaleurs.

Par exemple, la Métropole de Toulouse a testé une cartographie des refuges climatiques entre 2024 et 2025 avec le soutien de l'ADEME. Les abris y sont recensés et on peut affiner la recherche en cherchant des points d’eau, des espaces verts, des lieux de cultes, etc. Il est aussi possible d’ajouter soi-même un refuge pour étayer la carte.

Carte des abris climatiques à Toulouse 

De son côté, le réseau Île-de-France a aussi recensé les refuges climatiques avec le Plan de protection, de résistance et d'adaptation de la région Île-de-France face au changement climatique en 2022. Ainsi, on peut trouver des espaces à moins de 10 minutes à pied les uns des autres en rentrant son adresse dans le navigateur. 

Où trouver un refuge climatique ?

Les refuges climatiques peuvent être très variés selon les territoires. Les collectivités mobilisent principalement :

  • les bibliothèques et médiathèques ;
  • les mairies de quartier ;
  • les centres sociaux ;
  • les musées et équipements culturels ;
  • les parcs, jardins et espaces arborés ;
  • certains bâtiments municipaux climatisés.

Les associations locales jouent également un rôle important en orientant les habitants vers ces lieux et en repérant les personnes les plus exposées aux risques liés à la chaleur.

Au-delà des refuges, adapter les bâtiments à la chaleur

Pour les collectivités, les refuges climatiques ne constituent qu'une partie de la réponse au réchauffement climatique. Les échanges entre élus et acteurs locaux montrent que l'adaptation des bâtiments devient aussi une priorité.

Les écoles et les crèches sont de plus en plus confrontées à des épisodes de surchauffe. La canicule de mai l’a d’ailleurs bien montré.

Le logement constitue également un enjeu majeur. Les situations les plus préoccupantes surviennent souvent la nuit, lorsque les températures restent élevées. Face à ce constat, certaines collectivités tentent de développer des dispositifs d'accompagnement inspirés des politiques de lutte contre la précarité énergétique.

Avec des canicules appelées à devenir plus fréquentes et plus intenses, les refuges climatiques s'imposent progressivement comme un nouveau service public de proximité, destiné à protéger les habitants des effets les plus dangereux de la chaleur.