Face aux fortes chaleurs, les grandes villes et les milieux semi-ruraux tentent de se protéger.
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Climat

Canicule : comprendre le phénomène des îlots de chaleur urbains

Face aux fortes chaleurs, les grandes villes et les milieux semi-ruraux tentent de se protéger. L'enjeu : limiter autant que possible les températures nocturnes lors des épisodes de canicule. Pour cela, plusieurs solutions existent, comme créer des îlots de fraîcheur.

Avec le dérèglement climatique, les épisodes de fortes chaleurs sont plus nombreux et intenses. Ces vagues devraient doubler en France d’ici 2050 selon Météo France, avec un effet direct sur les températures en ville. On parle alors du phénomène d'"îlot de chaleur urbain".

Concrètement, la ville agit comme un véritable piège à chaleur. Les matériaux utilisés dans les bâtiments et les infrastructures emmagasinent l’énergie solaire durant la journée puis la restituent progressivement. Le manque de végétation limite également les mécanismes naturels de rafraîchissement. À cela s’ajoutent les immeubles, qui freinent la circulation de l’air, ainsi que les systèmes de climatisation, qui rejettent de la chaleur dans l’espace public. Résultat : la température peine à redescendre la nuit et peut rester jusqu’à 10 °C plus élevée qu’en périphérie.

Des différences de températures entre les milieux urbains et ruraux

Selon l’Institut Paris région, "plus de 3 685 000 Franciliens, soit 31 % de la population régionale, résident dans des îlots considérés comme fortement vulnérables à la chaleur, dont 845 000 personnes sensibles par l'âge (moins de 5 ans et plus de 65 ans)." À l’inverse, les zones rurales disposent généralement de davantage d’îlots de fraîcheur grâce à la présence de végétation, qui favorise l’évaporation de l’eau et contribue à rafraîchir l’air.

D’après le dernier rapport du GIEC, l’écart de température entre la ville et la campagne a malgré tout tendance à rester stable. L’évolution va dépendre plutôt de la taille de la ville et des actions menées pour réduire les îlots de chaleur. Néanmoins, avec les effets du changement climatique, les températures vont augmenter et les canicules seront plus longues et plus intenses. Les citadins sont donc plus vulnérables aux épisodes de fortes chaleurs. Par exemple, Adaptaville estime que dormir sous les toits dans un îlot de chaleur urbaine multiplie par 4,1 le risque de décès par rapport à une zone non exposée.

Le  Mécanisme d’îlots de chaleur urbain - Météo France

Le Mécanisme d’îlots de chaleur urbain - Météo France

Un enjeu de santé publique

Les épisodes de fortes chaleurs augmentent donc les risques pour la santé humaine. Le stress thermique constitue la principale cause de décès liés à la chaleur. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, de diabète, d'asthme ou encore de troubles mentaux figurent parmi les plus vulnérables. Selon l'OMS, la mortalité liée à la chaleur chez les personnes de plus de 65 ans a augmenté d'environ 85 % entre les périodes 2000-2004 et 2017-2021. Un chiffre publié par l'organisation en 2024.

Pour limiter ces effets sur la santé et améliorer le confort des habitants, les villes misent notamment sur la végétalisation. Grâce à l'ombrage et à l'évapotranspiration, les arbres et les espaces verts contribuent à réduire les températures. Les collectivités développent ainsi des parcs et des squares afin de créer des îlots de fraîcheur.

Mais il n’y a pas que les grandes villes qui ont besoin d’être rafraîchies. Dans les "milieux semi-urbains", à l'instar de Bordeaux ou Nantes, les collectivités déploient elles aussi différentes solutions pour limiter les effets des fortes chaleurs : végétalisation d'espaces minéralisés, plantation d'arbres, création de microforêts ou encore aménagement de cheminements ombragés.

En Île-de-France, les habitants peuvent également s'appuyer sur le service "Smart Services" pour repérer les lieux où se rafraîchir à proximité. La plateforme recense aussi bien des équipements ouverts au public, comme les piscines, les médiathèques ou les centres commerciaux, que des espaces extérieurs tels que les parcs, les squares et les fontaines. Autant de lieux susceptibles d'offrir des températures plus agréables lors des épisodes de forte chaleur.