Environnement

Les manchots royaux, prochains exilés climatiques

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En raison du réchauffement des eaux, les manchots royaux doivent se déplacer toujours plus loin vers le sud pour trouver du poisson, contraignant les adultes à laisser les poussins seuls et vulnérables.

L'exil en terres inhospitalières ou la mort. C'est le choix peu enviable auquel devront faire face les manchots royaux dans les prochaines décennies, selon une étude publiée lundi 26 février dans la revue Nature Climate Change. En cause : le réchauffement climatique et la surpêche qui poussent les poissons à migrer vers le sud, obligeant cette espèce d'oiseaux vivant principalement sur les îles de Crozet, Kerguelen et Prince Edouard, à s'aventurer toujours plus loin vers l'Antarctique à la recherche de nourriture. Un voyage dont les distances s'allongent, qui contraint les parents à laisser leur progéniture plus longtemps sans défense et exposée à la faim.

Les manchots royaux n'auront alors d'autre choix, pour survivre, que de se déplacer vers des îles plus australes, dont peu cependant sont en mesure d'abriter les "colonies gigantesques" que forment ces animaux, alertent les scientifiques, qui appellent à des actions à l'échelle internationale pour endiguer le réchauffement climatique. Faute de quoi, quelque 1,1 million de manchots royaux, soit 70 % de la population mondiale de cette espèce, pourraient disparaitre avant la fin du siècle.