Environnement

Les jeunes se mobilisent pour la planète, l'État répond aux ONG et les insectes disparaissent : le débrief de la semaine

Des jeunes manifestants face à la Chambre du Parlement à Londres, le 15 février.
©Ben STANSALL/AFP

Au programme de l'actualité durable cette semaine : Edouard Philippe récuse l'accusation d"inaction climatique" de la France, des centaines d'étudiants se donnent rendez-vous devant le ministère de la Transition écologique pour appeler l'État à "déclarer l'état d'urgence écologique et sociale" et les insectes subissent la plus grande extinction de masse depuis les dinosaures. 

La réplique ne s'est pas fait attendre. Quelques heures seulement après les avoir reçues, jeudi 14 février, à Matignon, Édouard Philippe a répondu, via un communiqué, aux quatre ONG - Fondation pour la Nature et l'Homme, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France - à l'initiative de l'"affaire du siècle". Et s'il a salué l'ampleur de cette mobilisation, dont la pétition-manifeste a recueilli quelque 2,1 millions de signatures à ce jour, un record dans l'histoire de France, le Premier ministre a également contesté l'accusation d'"inaction climatique" portée à l'encontre de l'Etat. 

"La France est parmi les pays les plus actifs pour lutter contre le dérèglement climatique, et l'un des moins émetteurs des pays développés", a-t-il ainsi tenu à souligner, assurant notamment au passage que l'Hexagone respectera ses engagements européens et internationaux en matière d'émissions de gaz à effet de serre et faisant le point sur certaines mesures annoncées en vue de s'inscrire dans la transition écologique, dont l'interdiction de tout nouveau permis d’exploitation d’hydrocarbures, ou l'arrêt de la production d'électricité à partir de charbon d'ici 2022, "sous réserve d'assurer la sécurité d'approvisionnement". 

"Tout cela n’est néanmoins pas suffisant", concède Édouard Philippe, qui appelle les Français ayant signé cette pétition à s'investir "pleinement" dans le Grand débat, "pour contribuer à identifier les mesures qui permettront de mieux accompagner les Français souhaitant agir pour le climat". "La transformation en profondeur de notre société, de notre économie, de nos comportements, nécessite la coopération de tous, citoyens, ONG, collectivités, entreprises, État", ajoute le communiqué, qui promet également des propositions présentées "prochainement". Parmi ces dernières, un "soutien financier pour les agents qui se rendent au travail à vélo ou en covoiturage, des partenariats avec des acteurs du covoiturage, la suppression du plastique jetable, mais également la réduction de la consommation d’énergie des bâtiments de l’Etat et une alimentation plus durable" sont évoquées, en écho à la demande d'"exemplarité de l’État en matière d’environnement" exigée par certaines contributions au Grand Débat national. 

Sur Twitter, le ministre de la Transition Écologique et Solidaire, François de Rugy, a également salué cette mobilisation, assurant que le climat était bien "notre affaire à tous". "Notre responsabilité collective (est de) créer les conditions pour que l'ensemble de la société s'empare du défi climatique", a notamment insisté celui qui a lancé vendredi 8 février un appel aux signataires de la pétition à venir échanger idées et propositions avec lui.

Les jeunes Français mobilisés pour le climat

La France voit monter la grogne chez ses jeunes à propos de l'urgence climatique. Vendredi 15 février, plusieurs centaines d'entre eux étaient ainsi invités à sécher les cours et à se rassembler devant le ministère de la Transition écologique en vue de réclamer une action climatique à la mesure des enjeux. "Greta Thunberg appelle à la grève mondiale de la jeunesse pour le climat le 15 mars (...) Nous, la jeunesse, consciente de l'urgence climatique, allons commencer sans attendre la mobilisation à Paris (...) en reconduisant la grève tous les vendredis à partir du 15 février", explique notamment le groupe "Désobéissance écolo Paris", alors qu'une mobilisation du même type s'était déjà tenue à Nantes le 8 février. Les jeunes Français s'inscrivent ainsi notamment dans le sillage de leurs voisins européens dont l'Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni où les grèves scolaires rassemblent chaque semaine plusieurs milliers d'étudiants. 

Sur France Info, François de Rugy a réagi vendredi 15 février face à cette mobilisation tenue devant son ministère, rapporte l'AFP,  formulant le souhait que les "jeunes générations commencent à convaincre leurs parents" pour la défense du climat. "Plus il y aura de citoyens mobilisés entrainant la société vers une action résolue", plus la société progressera dans la lutte contre le dérèglement climatique", a-t-il expliqué.

Les insectes en voie de disparition 

C'est l'une des conséquences directes du changement climatique, - et plus largement de l'activité humaine, la perte d'habitat des espèces due à l'agriculture intensive et l'utilisation des polluants agrochimiques étant également citées - sur les écosystèmes. Selon une étude publiée en début de semaine dans la revue scientifique Biological Conservation, plus de 40 % des espèces d'insectes seraient aujourd'hui menacées d'extinction dans les prochaines décennies, soit l'épisode "le plus massif" d'extinction depuis les dinosaures, expliquent ses auteurs.

Une disparition qui aura des conséquences à plus grande échelle, alertent-ils, alors que les insectes composent aujourd'hui la base de l'alimentation de nombreux oiseaux, reptiles, amphibiens ou encore poissons, qui subiront pleinement l'impact de cette extinction. "Il est urgent de repenser les pratiques agricoles actuelles, en particulier une réduction importante de l'utilisation des pesticides qu'il faut remplacer par des pratiques plus durables et écologiques pour ralentir ou inverser les tendances actuelles, permettre la reconstitution des populations d'insectes en déclin et préserver les services écosystémiques essentiels", insiste l'étude.