Environnement

Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé en France en 2018

Les pays ont réduit leurs émissions de CO2 d'environ 2,4 % par an entre 2005 et 2015.
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Les émissions de gaz à effet de serre en France ont diminué d'environ 4% de 2017 à 2018, après deux ans de reprise à la hausse, selon un inventaire provisoire publié mardi par le Citepa.

Ce recul à 445 millions de tonnes - équivalent CO2 - tient en particulier à une baisse des émissions liées à la production d'électricité (-26,9%), du fait d'un hiver doux. En 2017, les chiffres - 465 Mt - avaient aussi pâti de l'arrêt de réacteurs de centrales nucléaires compensé par d'autres types de productions plus polluantes.

Des émissions en hausse dans le secteur aérien mais en net recul dans le résidentiel et tertiaire

Le secteur résidentiel et tertiaire affiche - 6,8%, du fait de cet hiver plus clément, note le Citepa - Centre technique d'études de la pollution atmosphérique -, qui produit l'inventaire des gaz et polluants de la France. Le secteur des bâtiments constitue une large part des gaz à effet de serre français (18,6%). Les transports (30% des émissions totales) affichent - 1,6 % en 2018, notamment les véhicules particuliers (- 3,1%) et utilitaires (- 3,6%), toujours selon cette pré-estimation pour 2018. D'après le Citepa ce recul pourrait s'expliquer par la baisse des livraisons de diesel. En revanche, la circulation de véhicules électriques et hybrides n'a pas encore eu d'effet aussi net et ils ne représentent que 6 % des immatriculations et du renouvellement du parc. Du côté de l'industrie manufacturière, qui constitue 17,5 % du total, les émissions baissent (- 2,8 %) du fait d'une réduction des consommations d'énergies. Elles progressent en revanche du côté des cimentiers et des fabricants de verre en raison d'une hausse de la production. Quant à l'aérien français (entre deux aéroports français), il croît de 2,6 %, dû à une légère hausse de la consommation de carburant).

"Si beaucoup reste à faire, cette analyse démontre que notre action produit des premiers résultats"

Pour le ministre de la Transition écologique François de Rugy, "nous sommes sur la bonne voie et nous pouvons gagner la bataille du climat en sonnant ici et maintenant la mobilisation générale". "Si beaucoup reste à faire, cette analyse démontre que notre action produit des premiers résultats", a-t-il ajouté dans une déclaration à l'AFP. Le projet de loi énergie, en cours de discussion, prévoit d'inscrire la "neutralité carbone" à l'horizon 2050 (qui suppose de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que le pays ne peut en absorber via notamment sols et forêts). Pour cela, la France compte diviser ses émissions par au moins six, entre 1990 et 2050.

De 1990 à aujourd'hui, les émissions françaises ont baissé de 18,8%, de 548 Mt équivalent CO2 alors à 445 estimées en 2018.

Avec AFP.