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Environnement

Les COP, des machines à greenwashing pour Greta Thunberg

Greta Thunberg, grève pour le climat, septembre 2022.
©JONATHAN NACKSTRAND/AFP

La militante écologiste Greta Thunberg a estimé dimanche que les conférences de l'ONU sur le climat, les COP, sont devenues des machines à 'greenwashing' et qu'elles doivent au contraire servir à mobiliser pour forcer les dirigeants à agir.

"L'espace pour la société civile cette année est extrêmement limité" à la 27ème conférence de l'ONU sur le climat, a fait valoir l'activiste suédoise lors d'une séance de questions réponses au Southbank Centre de Londres pour le lancement de son "Grand livre du climat".

Sur Twitter, elle avait déjà exprimé sa solidarité avec "les prisonniers de conscience en Egypte avant la COP27", qui s'ouvre le 6 novembre à Charm el-Cheikh. Les COPs, dont la précédente s'était tenue à Glasgow, "ne sont pas vraiment destinées à changer le système" mais à encourager des progrès graduels devenus vains au regard de l'urgence climatique, a argumenté la militante de 19 ans, dont l'intervention dimanche a clôturé le festival de littérature de Londres.

Telles qu'elles sont, les COP ne fonctionnent pas vraiment, à moins qu'on les utilise comme une opportunité pour mobiliser."

D'après elle, les COPs sont devenues des machines à 'greenwashing', ou opérations de communications pour prétendre qu'ils agissent en faveur du climat quand ce n'est pas le cas. "Telles qu'elles sont, les COP ne fonctionnent pas vraiment, à moins qu'on les utilise comme une opportunité pour mobiliser" a poursuivi la jeune femme à la silhouette menue, cheveux nattés, en T-shirt rouge et jean.

Un livre pour "éduquer"

Sorti jeudi, "Le grand livre du climat" comporte une centaine de collaborations d'experts climatiques ou autres, dont l'économiste Thomas Piketty, le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, ou l'écrivaine Naomi Klein. Tous les droits d'auteur seront versés à sa fondation éponyme puis distribués à des organisations caritatives en lien avec l'environnement.

L'activiste dit avoir voulu écrire ce livre pendant la pandémie pour "éduquer les gens, ce qui est un peu ironique étant donné que mon truc c'est les grèves de l'école". Encore et encore dimanche, elle a appelé chacun à devenir activiste, sachant qu'il y a "beaucoup de manière différentes" de le faire.

"Changements drastiques"

"Le temps des petits pas est révolu et nous avons besoin de changements drastiques" et selon elle, pour obtenir l'obtenir de dirigeants d'entreprises ou de gouvernements qui ont intérêt au statu quo, "nous avons besoin de milliards d'activistes".

Elle a répété encore et encore que la crise climatique n'était pas le fait de l'humanité toute entière mais des plus riches alors que les plus pauvres ou ceux qui ont été "historiquement exploités en souffrent le plus". Au lieu d'aller dans la bonne direction, le monde va à toute vitesse dans le mur, prévient-elle, notant par exemple que "la quantité d'électricité produite à partir de charbon", carburant le plus polluant, "a atteint un record historique l'an dernier".

Les engagements internationaux laissent la Terre sur la trajectoire d'un réchauffement de 2,6°C, un résultat "pitoyablement pas à la hauteur", a dénoncé la semaine dernière le patron de l'ONU, qui appelle à cesser le "greenwashing", alors que 2022 a déjà vu se multiplier les catastrophes climatiques : inondations dramatiques comme au Pakistan, sécheresses, canicules ou feux de forêts.

Dimanche, la suédoise de 19 ans a raconté ne jamais avoir imaginé qu'elle allait démarrer un mouvement planétaire : "une chose a mené à une autre", a-t-elle souri. Elle se souvient avoir commencé à manifester devant le parlement suédois en 2018 car elle était "trop timide et autiste" pour intégrer les ONG existantes. "Et ça a marché mieux que j'aurais pensé !". Sourire en coin, elle dit avoir "vraiment beaucoup aimé déranger à ce point des gens", notamment les personnes au pouvoir, "ou qui l'étaient", comme Donald Trump, l'ex-président américain qui l'a critiquée à de nombreuses reprises. Interrogée sur Elon Musk ou Jeff Bezos, elle rit puis répond avec sérieux qu'il y a des causes plus urgentes que de "dépenser une fortune à envoyer des fusées dans l'espace".

Enfin, interrogée sur les actions controversées de collectifs écologistes comme Extinction Rebellion ou Just Stop Oil, qui ont aspergé des chefs d'oeuvres de peinture ou de soupe récemment, Greta Thunberg a fait valoir qu'il y a "beaucoup de gens qui deviennent désespérés" et qu'il est par conséquent "raisonnable de s'attendre à ce qu'ils tentent donc de nouveaux types d'actions".

Avec AFP. 

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