Environnement

La couche d'ozone est en voie de guérison, selon l'ONU

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Les mesures déployées depuis les années 90 pour limiter l'usage de produits tels que les gaz réfrigérants ou les aérosols seraient en grande partie responsables du phénomène. 

L'écran solaire naturel de la Terre est lentement, mais sûrement en train de se régénérer. Selon les conclusions du rapport quadriennal du comité scientifique du Protocole de Montréal publié lundi 5 novembre, la couche d'ozone, qui désigne la région de l'atmosphère où sont en grande partie filtrés les rayons ultra-violets qui nous viennent du soleil, s'est en effet rétablie à un rythme de 1 à 3 % par décennie depuis l’an 2000, et pourrait être totalement guérie d'ici une quarantaine d'années. Dans le détail, la couche située au-dessus de l'hémisphère nord et des latitudes moyennes "devrait complètement se rétablir d'ici 2030", tandis qu'il faudra attendre 2050 pour l'hémisphère sud, et 2060 pour les régions polaires. 

Un phénomène que les scientifiques expliquent largement par le succès des mesures prises dans le cadre du Protocole de Montréal, signé en 1987, qui ont "entraîné une diminution à long terme de la concentration atmosphérique de substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO) ainsi que la récupération en cours de l’ozone stratosphérique". Celles-ci prévoyaient notamment l'interdiction progressive de certains produits chimiques tels que les chlorofluorocarbures, utilisés particulièrement dans l'industrie du froid et connus pour leur contribution à la dégradation de la couche d'ozone. 

Les auteurs saluent également l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2019, de l'amendement de Kigali, dont l'ambition est de réduire "considérablement l’utilisation future de produits chimiques libérant de puissants gaz à effet de serre dans l'atmosphère". "Le Protocole de Montréal est l’un des accords multilatéraux les plus réussis de l’histoire pour une raison", affirme Erik Solheim, responsable d’ONU Environnement. "En effet, la combinaison judicieuse de recherches scientifiques faisant autorité et de mesures collaboratives qui caractérise le Protocole depuis plus de 30 ans et qui devrait permettre la guérison de notre couche d'ozone est précisément la raison pour laquelle l’amendement de Kigali est si prometteur pour l’action climatique à l’avenir".