Alors que les investissements dans l'intelligence artificielle se multiplient à l'occasion du sommet Choose France, les centres de données s'imposent comme des infrastructures stratégiques.
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Environnement

IA : derrière les milliards investis, quel est le poids des centres de données ?

Alors que les investissements dans l'intelligence artificielle se multiplient à l'occasion du sommet Choose France, les centres de données s'imposent comme des infrastructures stratégiques. Essentiels au développement de l'IA, ils soulèvent toutefois des questions croissantes sur leurs impacts environnementaux.

Le sommet Choose France, qui débute ce lundi, confirme l'attractivité croissante de la France pour les grands groupes internationaux. Parmi les annonces, figure notamment un investissement massif dans l'IA du géant japonais SoftBank. La société, qui fait partie de l'indice TOPIX 100, va notamment mettre sur la table 75 milliards d'euros destinés au développement de l'IA.

"Ce sera l'investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle", affirme le directeur de SoftBank Masayoshi Son, à La Tribune Dimanche. Grâce à cet investissement, la France devrait conforter sa position parmi les principaux pôles européens de la tech. Mais derrière ces montants records se cachent des infrastructures aussi stratégiques que méconnues : les centres de données.

Les piliers de la révolution de l'IA

Les centres de données (ou data centers) regroupent une grande quantité d'équipements informatiques (serveurs, baies de stockage, ordinateurs…), formant un vaste système d'information. Ces structures permettent ainsi de traiter et stocker d'importants flux de données, utiles au cloud ou à l'entraînement des modèles d'IA générative. Véritables piliers de l'économie numérique, elles assurent le fonctionnement quotidien de nombreux services en ligne utilisés par les particuliers comme par les entreprises.

En 2025, on dénombre environ 12 000 centres de données dans le monde. Une majorité d'entre eux sont sur le sol américain (5 400), suivis loin derrière par le Royaume-Uni (environ 500). La France se place parmi les pays les mieux positionnés : "En France, le nombre de data centers est passé de 250 en 2022 à 315 en 2024 et atteindra 500 unités en 2030", indique Ludovic Delaisse, directeur général de Colliers, aux Échos. Cette croissance rapide témoigne de la volonté du pays de renforcer ses capacités numériques afin de répondre à l'explosion des besoins liés au cloud et à l'intelligence artificielle.

Un impact environnemental croissant

Si la construction de ces infrastructures est encouragée pour assurer la souveraineté numérique, les scientifiques questionnent les impacts environnementaux à l'échelle locale et nationale. Les centres de données ont besoin d'une quantité de ressources conséquente pour fonctionner. Selon l'ADEME, ils consomment actuellement 2 % de l'énergie mondiale, une part qui pourrait atteindre 6 % en 2050. Au-delà de leur consommation d'énergie, ces installations pourraient aussi accentuer localement les effets du réchauffement climatique.

C'est le constat que fait une nouvelle étude, en prépublication sur arXiv, qui s’intéresse à la dissipation de la chaleur générée par les centres. Jusqu'à 40 % de leur consommation énergétique est utilisée pour refroidir les serveurs. Parfois, cette chaleur est utilisée pour chauffer des bâtiments et des logements à proximité, mais très souvent, elle est simplement relâchée dans l'atmosphère. Résultat : une hausse de 3 °C à 5 kilomètres autour du bâtiment. Un réchauffement qui n’est pas réellement le bienvenu au moment où les vagues de chaleur rendent les conditions de vie difficiles pour une partie de la population. 

L'environnement est également affecté par ce phénomène, qui peut altérer les microclimats locaux. La consommation d'eau suscite particulièrement des interrogations : selon des chercheurs de l'Université de Californie, "les infrastructures liées à l'IA pourraient bientôt consommer six fois plus d'eau que le Danemark". Un défi de taille à l'heure où la préservation des ressources en eau s'impose déjà comme une priorité dans de nombreuses régions.