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Environnement

Eolien en mer : dans la baie de Saint-Brieuc, la pollution se disperse "naturellement"

Chantier éolien dans la baie de Saint-Brieuc.
©FRED TANNEAU/AFP

La pollution en mer provoquée par une fuite d'huile d'un navire de forage du chantier de parc éolien en baie de Saint-Brieuc a "totalement disparu", a annoncé mardi soir la préfecture maritime de l'Atlantique.

Le second survol d'un avion Falcon 50 de la Marine nationale a permis de "constater l'évolution favorable de la situation puisque l'irisation de surface, bien visible hier sur plusieurs kilomètres, a désormais totalement disparu", a-t-elle indiqué dans un communiqué. Lundi, le navire "Aeolus", appartenant à la société néerlandaise Van Oord, avait déclaré "une fuite d'huile de 100 litres". La pollution avait été qualifiée mardi matin "d'ampleur significative" avec une nappe de 16km de long sur 3,3km de large. Selon la préfecture maritime, "à l'issue de plusieurs heures de patrouille, (la pollution) demeure invisible tant depuis le ciel que depuis les trois bâtiments de surface" sur zone et "le risque de pollution terrestre s'éloigne".

Une enquête ouverte

Une enquête a été ouverte par le parquet de Brest et les constatations nécessaires se sont poursuivies toute la journée. "Cette enquête a pour objectif de préciser les faits, d'établir la quantité et la nature des produits rejetés et de rechercher les causes de la pollution. Les investigations établiront si la responsabilité pénale de la société Van Oord est engagée", précise le communiqué. Le procureur de Brest pourra ensuite autoriser l'Aeolus à quitter la baie de Saint-Brieuc pour procéder à ses réparations. Un dernier survol sera effectué en soirée par un avion de patrouille maritime.

"Problème technique" sur le chantier

La société Ailes Marines, filiale d'Iberdrola qui construit le parc éolien, a évoqué un "problème technique" ayant "entraîné l'écoulement de fluide hydraulique (...) utilisé dans les systèmes de guidage des foreuses", selon un communiqué distinct. "Ce fluide, spécialement conçu et développé pour les travaux en mer, est biodégradable selon les critères internationaux de l'OCDE", écrit la société. "Il est considéré dans l'industrie comme l'un des plus respectueux de l'environnement", ajoute Aile Marines.

De son côté, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a affirmé sur Twitter qu'elle "ne tolérerait aucune négligence dans le déploiement des parcs éoliens en mer" et l'a fait savoir aux responsables d'Iberdrola, constructeur du parc de Saint-Brieuc, qu'elle a convoqués au ministère. Elle considère que "c'est justement parce que l'éolien en mer est d'importance vitale" et que la France est "très en retard" dans ce domaine qu'il est "absolument inenvisageable que la filière se déploie en provoquant ce genre de nuisance", a indiqué son cabinet.

Sur demande du préfet maritime, le Bâtiment de Soutien et d'Assistance Affrétés (BSAA) "Sapeur", est arrivé sur zone mardi matin avec 300 mètres de barrage, des boudins absorbants et un système de récupération pour aspirer le polluant. Ailes Marines a assuré prendre "très au sérieux toute question relative à l'environnement", précisant que "les travaux ont été immédiatement stoppés dans l'attente de l´inspection technique du gabarit de forage par les autorités". Une fois l'inspection terminée, le navire retournera aux Pays-Bas "afin d'effectuer une vérification technique complète du navire et des outillages", selon le communiqué.

Les pêcheurs en colère

"La baie de Saint-Brieuc n'est pas un laboratoire à ciel ouvert où des industriels viendraient tester des outils et polluer l'environnement marin", a dénoncé dans un communiqué le comité départemental des pêches des Côtes-d'Armor. Les pêcheurs et leurs représentants annoncent qu'ils iront "porter plainte contre la société Ailes Marines" dès mardi, selon la même source.

Ce parc éolien doit être érigé à 16,3 kilomètres au large. D'une capacité totale de 496 MW, avec 62 éoliennes, il est censé produire 1.820 GWh par an, l'équivalent de la consommation électrique annuelle de 835.000 habitants, selon son promoteur Ailes Marines. Sa mise en service est prévue fin 2023.

Avec AFP. 

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