Environnement

Climat : selon une étude, la séquestration géologique de carbone n'est pas une solution

©Lane V. Erickson/Shuttestock

Une étude publiée dans la revue Nature Communications le 7 août démontre que la capture et le stockage géologique de dioxyde de carbone ne sont pas une solution efficace pour rencontrer l'objectif de limite des émissions carbone à moins de 2°C. 

Une étude réalisée par des chercheurs anglais, allemands et français, publiée dans la revue scientifique Nature Communications le 7 août dernier, pointe du doigt l'efficacité relative des techniques de capture du dioxyde de carbone de l'atmosphère, relate Sciences et Avenir. Cette stratégie de réduction des émissions, approuvée par certains industriels et encore marginale, serait envisagée pour "la vaste majorité des scénarios du GIEC pour limiter le réchauffement climatique en deça du seuil des 2°C", selon Anna Harper de l'université d'Exeter, qui a co-signé l'étude. Cette technique vise à enfermer le CO libéré par les usines utilisant des énergies fossiles ou l'énergie biomasse dans les sols sous forme de gaz ou de liquide. Elle nécessite de l'énergie provenant de la combustion de biomasse.

L'énergie biomasse, émettrice de CO2

La récente étude explique que la mise en œuvre de cette stratégie de lutte contre le réchauffement climatique à grande échelle nécessiterait une transformation dans la gestion des terres, afin de produire suffisamment de ressources en biomasse. Or, cela impliquerait de remplacer de vastes surfaces de forêt par des cultures agricoles. Si cet aménagement consiste à remplacer les forêts, a quantité de dioxyde de carbone extrait de l'atmosphère par séquestration géologique serait alors annulée.

Dr. Anna Harper ajoute dans un communiqué :

Pour être appliquée à large échelle, la séquestration carbone impliquerait de cultiver des biocarburants sur une surface de deux fois la taille de l'Inde

Les forêts, plus efficaces pour absorber le carbone

L'étude soutient en outre que le changement d'affectation des terres peut altérer les propriétés biophysiques du sol comme son albédo (indice de réflexion d'une surface) et ainsi contribuer au réchauffement de la planète. Pour ces scientifiques, la conservation des forêts, puits naturels de carbone, alliée au reboisement des sols, est une solution plus efficace pour limiter le réchauffement climatique et respecter l'Accord de Paris sur le climat.