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jour du dépassement

Ces ressources naturelles qui commencent à nous faire défaut

©Buradaki/Shutterstock

29 juillet 2019, le monde vit à crédit jusqu’à la fin de l’année. Les experts s'accordent à dire qu’il nous faudrait l’équivalent d’1,7 planète pour vivre correctement à ce rythme de consommation. Mais quelles sont les ressources que nous surexploitons ? 

Cette année encore, l’horloge biologique de l’humanité a reculé. Ce 29 juillet 2019, le jour du dépassement mondial tombe trois jours plus tôt que l'année précédente et nous vivons désormais à crédit pour les quelque cinq mois restants de l’année 2019. Comme une peau de chagrin, nous avons dépassé le taux de ressources que la planète est en mesure de nous fournir.   

Chaque année, l’ONG Global Footprint Network calcule le jour mondial du dépassement, date à laquelle la Terre ne peut symboliquement plus répondre au rythme de consommation de l’humanité en termes de ressources. Concrètement, ce triste anniversaire est calculé en fonction de notre empreinte écologique par rapport à la biocapacité de la planète bleue. 

Comme l'an passé, les experts s'accordent à dire que selon notre rythme de consommation, il nous faudrait pouvoir exploiter l’équivalent d’1,7 planète pour nous assurer un avenir viable. Il nous faudrait remonter le temps jusqu’en 1969 pour retrouver l'époque où l’humanité savait se contenter de la seule planète qui lui est disponible. Les experts estiment la biocapacité de la Terre à 12,2 milliards d’hectares globaux : l’Homme en utilise l’équivalent de 20 milliards. 

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Si tous nos voisins sur Terre vivaient au même rythme que la France, ce ne sont non pas 1,7 mais presque trois planètes dont nous aurions besoin. Selon la FAO, en 2015, on estimait que les pays développés avaient utilisé 30 tonnes de ressources par habitant, contre deux tonnes dans les pays en développement. Cette année, la France a atteint son propre jour de dépassement à la mi-mai.   

Global Footprint Network met également à disposition un outil interactif permettant de calculer la "dette" de chaque pays depuis les années 60. Depuis les premiers relevés, la France affiche un bilan négatif.

Quelles sont les ressources mises à mal par l’humanité ?    

Selon les chiffres de la FAO, les stocks de poissons pourraient nous faire défaut : près de 60 % sont exploités à leur niveau maximum, tandis que 30 % d’entre eux sont surpêchés. Les 10 % restants sont sous-exploités.

Les sols sont également de plus en plus utilisés partout dans le monde. La culture du maïs a, par exemple, explosé ces dernières années et 50 % de nos besoins alimentaires sont couverts par les céréales : l’agriculture intensive pour augmenter les rendements essouffle les terres cultivables. 

Certaines ressources non-renouvelables risquent également de manquer plus tôt qu’on ne le pense. Le sable, meilleur allié du secteur du bâtiment pour concevoir le béton, pose déjà question. Tandis que les carrières en produisent de moins en moins, l’Homme se tourne vers l’extraction de matière dans les rivières, les mers, les océans, perturbant tout l’équilibre de la biodiversité.   

Enfin, au rythme des extractions actuelles et de l’état des gisements, l’humanité pourrait connaître une pénurie de certains métaux d’ici à 2030, tels que le cuivre, l’argent, le zinc ou encore l’or... 

Un calcul symbolique  

Pour réaliser ces calculs, l’ONG étudie tout un tas de chiffres et de données provenant notamment des institutions telles que le GIEC, la FAO, etc. Elle prend en compte des aspects liés à nos modes de vie, comme les terres cultivées, les arbres coupés, la consommation d’énergie.   

De même que les émissions de carbone produites par l’Homme que la Terre n’est pas en capacité d’absorber, ces données sont comparées aux capacités de ressources pour être converties en "dette", résultant en une date précise et symbolique du calendrier.   

En revanche, certains scientifiques soulignent que des indicateurs, mis de côté dans l’étude - tels que l’épuisement des ressources non-renouvelables, l’érosion de la biodiversité, la pollution -, feraient sans aucun doute gonfler la dette si ceux-ci étaient pris en compte. 

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