Environnement

Au Maroc, le village de Tizi N’Oucheg s’engage pour l’accès à l’eau

Le village de Tizi N'Oucheg est situé à 60 km de Marrakech.
©Gaëlle Coudert/ID

L'association de Tizi N'Oucheg engage de nombreux projets pour combattre la désertification de ce petit village de l'Atlas. Rencontre avec Rachid Mandili, le président de l'association.

Perché dans les montagnes de l’Atlas marocain, le petit village de Tizi N’Oucheg est situé à 60 kilomètres de Marrakech. Pour l’atteindre, il faut emprunter la sinueuse piste en terre rouge récemment réhabilitée, depuis le bas de la vallée. La construction de cette piste d’accès fait partie des nombreux chantiers mis en œuvre par l’association du village, présidée par Rachid Mandili, pour inciter les habitants à rester ou revenir à Tizi N’Oucheg.

Rachid Mandili a créé l'association Tizi N'Oucheg en 2011.
©Gaëlle Coudert/ID

Le combat de l'eau

Le chantier phare de ce petit village est celui de l’eau. Ses 600 habitants ont, depuis 2011, accès à l’eau potable dans leurs foyers. Un exemple pour les villages voisins qui n’ont pas mis en place de telles solutions.

En effet, à ce jour, 633 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et environ 1,8 milliard de personnes utilisent une source d’eau contaminée par des matières fécales. Une situation qui ne va pas s’améliorer si on ne s’adapte pas aux enjeux du changement climatique, qui ont un impact sur l’approvisionnement en eau et la sûreté de l’eau, explique l’Unicef. Cela menace particulièrement les personnes qui vivent dans les régions exposées aux sécheresses ou aux inondations, dont certaines régions du Maroc, plus arides. Il pleut moins depuis plusieurs années à Tizi N’Oucheg, confirme Rachid. Un constat auquel il a fallu s’adapter.

Déclencheur supplémentaire aux actions entreprises par Rachid et son association, l’épidémie de choléra qui a touché, en 2011, quatre personnes du village. "Je voulais faire quelque chose pour mon village. Personne ne le fera pour toi si ce n’est pas toi qui le fait." Aidés par des ingénieurs français et marocains, les habitants de Tizi N’Oucheg ont installé, la même année, plus de 2300 mètres de tuyaux pour ramener l’eau provenant des sources naturelles de la montagne jusque dans les maisons du village. En parallèle, des bassins d’irrigation ont été mis en place afin de récupérer l’eau usée. L’eau filtrée dans ces bassins sert ensuite à irriguer les cultures.  Puis, en 2017, c’est une véritable station d’épuration qui a été finalisée, la première de la sorte dans la chaine de l’Atlas.

Améliorer les conditions de vie des habitants

"Nous avons créé l’association pour améliorer le village et faire des projets répondant aux besoins des gens, comme l’eau potable, l’éducation, l’accès au village avec la piste, le lavoir, la mosquée." Financés grâce à la générosité des amis de l’association, dont les touristes de passage, certaines écoles françaises, ou plus rarement par des aides publiques, les projets se multiplient. Prochaines étapes :  la plantation de 40 000 arbres, des amandiers, noyers et cerisiers, la construction de bassins et canaux en béton pour l’irrigation de l’eau, afin d’éviter les pertes, puis le passage à une culture 100 % bio, grâce à l’utilisation de compost. Et enfin, si le projet se concrétise, l’installation de panneaux solaires pour pomper l’eau du puits.

Inspiré de ce qu’il a pu voir ailleurs, Rachid espère assurer la pérennité du village, et faire en sorte que les jeunes aient envie de rester. Avec tout ce qui a été mis en place, "maintenant, c’est mieux que la ville !" assure-t-il.