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Entreprises

Terminé les grands groupes : deux amies plaquent tout pour lancer leur propre boutique de produits éco-responsables

Léa et Alice, les deux fondatrices de "Jours À Venir".
©ID, L'info durable

À Paris, deux jeunes entrepreneures ont décidé d'ouvrir un lieu entièrement consacré à notre transition vers un mode de vie éco-responsable : leur boutique "Jours à Venir", aux Abbesses, a vu le jour le 16 octobre.

Originaires de l'Auvergne-Rhône-Alpes, Alice Pélissier et Léa Barbaroux, 27 et 26 ans, se sont lancées dans un projet ambitieux il y a de cela un an : créer une plateforme mettant en avant les produits de marques "engagées". L'occasion, selon ces dernières, de se tourner vers un quotidien plus durable tout en douceur - et en payant le juste prix. De la lessive naturelle, des éponges réutilisables, des produits de soin bios sans suremballage... "Jours à Venir" est désormais également une boutique physique, située dans le 18ème arrondissement de Paris. ID s'est rendu dans ce petit lieu cosy, à la rencontre des co-fondatrices de ce projet.

Comment vous êtes-vous rencontrées et avez-vous décidé de lancer "Jours à Venir" ?

Alice Pélissier (A.P.) : Nous nous sommes rencontrées sur les bancs d'une école de commerce, il y a sept ans à Grenoble. Léa est Grenobloise et je viens de Chamonix. Nous étions colocataires et donc très amies avant même d'être associées. Nous savions que nous voulions entreprendre ensemble mais sans avoir une idée très précise à l'époque. Après une année à l'étranger pour moi, à l'issue de l'école, je suis rentrée chez "Dior" en marketing de produits. J'ai démissionné au bout d'un an car cela ne me correspondait pas tant au niveau humain qu'organisationnel. 

Léa Barbaroux (L.B.) : Nous avions déjà fait une césure dans de gros groupes majoritairement dans le secteur cosmétique, chez "L'Oréal" toutes les deux. J'ai de mon côté fait notamment un bref passage dans le conseil après mes études, et puis j'ai travaillé chez "Amazon". 

Ce sont ces expériences qui vous ont donné envie de vous tourner vers ce projet "éco-responsable" ?

A.P. : C'est un mélange des deux : de base, nous portions en nous des valeurs 'éco-responsables' au niveau de nos consommations personnelles, nous faisions déjà aussi bien attention à l'humain qu'à l'environnement. 

L.B. : C'est lié à nos parents, qui sont très écolos, et puis nous vivions dans des milieux plus naturels que Paris. En arrivant à Paris, nous avons eu un premier décalage par rapport au mode de consommation global. Et oui, il y a eu aussi le fait d'arriver dans ces grands groupes, même si ce sont de bonnes écoles en termes de marketing. Quand nous voyions les compositions des produits, la manière dont c'était fait, les tonnes de plastique utilisées... C'était tellement en décalage avec notre quotidien et les produits que nous utilisions... Il y avait quelque chose qui n'allait pas. 

Avant, il y avait des engagés un peu extrêmes : aujourd'hui, il y a un engagement quotidien un peu plus discret mais très fort. 

L'idée de "Jours à Venir" s'est donc précisée à ce moment-là ?

A.P. : Oui et la question était : 'est-ce qu'on se lance maintenant ou pas ?'. Nous nous sommes rendu compte qu'il nous manquait une vision start-up, nous qui étions passées par de grands groupes. Nous devions voir comment marchait une petite entreprise. Je suis rentrée dans une start-up de mode, ils étaient trois dans le projet. Et Léa est rentrée chez "Amazon" pour voir plus la partie digitale et market place. Après un an chacune dans ces projets, nous nous sommes lancées. 

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Tout cela, c'était quand exactement ? Comment "Jours à Venir" a été pensé ?

A.P. : Le site de "Jours à Venir" a été lancé en novembre 2018. 

L.B. : Notre volonté, dès le départ, était de proposer des produits mode, beauté, décoration et épicerie fine éco-responsables. Donc notamment bio, naturels, made in France, circuits courts, issus du commerce équitable. L'idée était d'avoir des produits du quotidien et de toutes les catégories, pour montrer que c'est possible d'avoir une démarche globale et qu'un changement et une transition vers un mode de vie écologique peut-être facile à faire. On retrouve dans chaque catégorie des produits adaptés.


Vous sentiez qu'il y avait une effervescence autour de cela ? Des consommateurs en demande de produits plus sains ?

A.P. : Nous la sentions, et elle était moins forte qu'aujourd'hui. Nous sommes parties de notre consommation personnelle : nous adorions dénicher de petits créateurs, mais tout en réalisant qu'ils n'étaient pas dans des circuits de distribution classique, et cela nous manquait. Nous avions un référent, "Dream Act", mais il y avait très peu d'autres plateformes de ce type. Nous étions persuadées que ça allait être l'avenir et que de toute façon il fallait changer. Depuis la rentrée dernière, il y a eu un boom et là le marché se transforme : que ce soit au niveau des marques qui naissent et nous contactent, qu'au niveau des plateformes parallèles qui se créent. 

L.B. :  Il y a eu une prise de conscience au niveau global. C'est terrible à dire mais il y a eu aussi un effet très médiatique du sujet... Après, les problèmes écologiques existent depuis bien longtemps, ce n'est évidemment pas une nouveauté. C'est simplement que les gens réagissent : mais nous trouvons cela encore un peu lent, beaucoup de choses sont dites mais peu d'actions sont mises en place derrière. 

A.P. : Le départ de Nicolas Hulot a déclenché aussi toutes les marches pour le climat et ça a été le début de cette prise de conscience. Avant il y avait des engagés un peu extrêmes, et que l'on relève aujourd'hui c'est qu'il y a un engagement quotidien un peu plus discret mais très fort. 

"Jours à Venir" est une market place de produits éco-responsables lancée en novembre 2018 par deux jeunes entrepreneures, Alice et Léa. Leur boutique physique a ouvert ses portes à la mi-octobre 2019, aux Abbesses à Paris.
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Comment la plateforme fonctionnait-t-elle depuis novembre 2018, avant que n'ouvre aujourd'hui votre boutique physique ? 

A.P. : Nous nous sommes lancées au départ avec 30 marques. Aujourd'hui on en a une centaine, donc un beau développement de l'offre. Il y a une vraie demande de la part des marques, qui souhaitent trouver des distributeurs avec une démarche qui a du sens. Au fil des mois nous avons vu ce qui marchait plus ou moins. Nous proposions des produits hommes, femmes et enfants, et nous nous sommes séparées de la catégorie enfants parce que nous ne pouvions pas tout faire à la fois.

L.B. : Pour les enfants, il y a des sites très spécialisés et les parents ont leurs habitudes. Nous voyons en tout cas au niveau des commandes que cela est soumis à une très forte saisonnalité. Il a un aspect cadeau et un aspect consommation raisonnée : les gens vont adapter leurs produits à la saison qui vient. Autre constat : nous ne pratiquons pas de soldes ou sinon à la marge, lorsque des marques font du destockage, et ça ne marche pas. Nos clients ne sont pas friands de ce genre de choses, ils sont en quête de sens plutôt que de petites économies. 

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Quels sont vos critères de sélection des produits ?

L.B. : Nous voulons prouver qu'il est possible de consommer éco-responsable sans négliger le style ni l'efficacité des produits. Nous avons classifié plusieurs types d'engagements et chaque marque doit remplir au moins l'un d'entre eux : le made in France, des produits naturels, bios, l'upcycling et le zéro déchet, les circuits courts, le commerce équitable et l'aspect humaniste. La plupart des marques respectent au moins deux engagements.

A.P. : Nous avons ici dans la boutique une catégorie mode, des accessoires pour hommes et femmes, de la lingerie, de la maroquinerie, des chaussettes, des ceintures, des bérets... Aussi toute une partie beauté 100 % naturelle, et une grande partie bio et des accessoires zéro déchet du type cotons nettoyables. Nous avons aussi de l'épicerie fine : des thés, des granolas... Des épices, des vinaigres de fruits, des rhums... De la maison aussi : des lessives naturelles, des détachants solides, des torchons en lin, des bougies naturelles... Mais nous n'avons pas tout mis ici car cela prend trop de place : 40 marques sur 100 sont représentées dans la boutique. Tout ce qui est ici est à vendre : même les bouquets, et les meubles, réalisés par des architectes parisiens, qui peuvent être refaits. Sur le site, nous avons à peu près 2000 produits différents. 

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Comment en êtes-vous venues à ouvrir une boutique ? 

A.P. : Nous avons eu plein de petits indicateurs : nous voulions remettre l'humain au cœur du projet. C'est difficile de transmettre des valeurs seulement à travers un site. Nous avons fait un essai en juillet dernier de pop-up : nous avons vraiment vu la différence. Le fait de voir, de toucher les produits, les clients adhèrent beaucoup plus facilement. Cela permet de raconter les histoires, les concepts... Cela nous a mis la puce à l'oreille, d'autant que les clients nous demandaient si nous comptions avoir une boutique. Cela met en lumière des marques, qui ont des savoir-faire : d'où notre idée également de développer ici des ateliers. 

L.B. : Nous livrons partout en France et lorsque ce sont les marques qui expédient les produits, nous veillons à ce qu'il y ait le moins d'emballages possible. Pas de plastique etc.

Pouvez-vous m'en dire un peu plus sur les ateliers prévus ?

L.B. : Cela commencera en novembre, l'idée est de proposer un atelier par semaine pour apprendre à faire des choses soi-même : créations à base de fleurs séchées, produits cosmétiques, bougies, tawashis etc. Ils seront animés par les marques qui pourront raconter leur savoir-faire. Le budget sera variable, entre 30 et 50 euros selon les marques et selon ce avec quoi vont repartir les participants. 

Jours à venir

2 bis rue Androuet

75018 Paris

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