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Posséder sa propre voiture, à quoi bon ? Zoom sur le service d'autopartage Citiz

©Christophe Urbain / Citiz

Pollution atmosphérique, nuisances sonores, embouteillages... Nous utilisons aujourd'hui la voiture parfois pour un oui ou pour un non, à l'heure où les transports représentent en France un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Des modes de transports plus doux s'offrent pourtant à nous, comme bien sûr le vélo, les transports en commun, le covoiturage... sans oublier l'autopartage !

Stop à l'usage d'une voiture particulière ! L'autopartage est une solution qui permet d'avoir un véhicule à sa disposition près de chez soi, en libre-service 24h/24 pour une heure, un jour ou plus, après l’avoir réservé. Comment y avoir recours ? En s'inscrivant auprès d’un service d’autopartage tel que le réseau Citiz, l'un des pionniers dans ce domaine, fondé dès 2002 ! ID vous propose un petit focus sur cette coopérative aujourd'hui déployée dans une centaine de villes françaises, et qui ambitionne de s’implanter prochainement en Île-de-France.

Jean-Baptiste Schmider, PDG de Citiz.
©JM Balthasar / Citiz

Jean-Baptiste Schmider, le PDG du réseau Citiz, explique : "L’idée de créer un service d’autopartage est née en 1999 à Strasbourg d'une prise de conscience collective. Avec quelques amis, on s'est rendu compte qu'on avait tous des voitures qui dormaient 95 % du temps, qui encombraient l'espace, qui polluaient et qui nous coûtaient cher. On s'est dit que tout ça n'était pas très rationnel. Personnellement, j'utilisais tellement peu ma voiture que je ne me souvenais pas d'une fois sur l'autre où je l'avais garée ! On a donc à l'époque créé une association pour réfléchir à la façon de mutualiser les voitures." 

Un an de réflexion plus tard, les quelques amis ont lancé ce qui constituait alors l'embryon de Citiz, avec trois voitures. "Ensuite, en 2002, on s'est doté d'une véritable technologie pour gérer des voitures à Strasbourg mais aussi ailleurs, en prenant contact avec des personnes ayant le même projet dans d'autres villes, notamment Lyon et Marseille. D'où la naissance de la coopérative France-Autopartage, qui deviendra ensuite le réseau Citiz." Ce service existait en Suisse et en Allemagne depuis les années 80 mais n’a vu le jour en France qu’à la fin des années 1990. "Nous sommes parmi les pionniers de ce service en France et, en tant que coopérative, notre finalité depuis le début est avant tout d'amener les gens à être moins dépendants de la voiture."

En boucle ou en "free-floating"

Citiz propose un service d'autopartage "en boucle": chaque ville a son réseau de stations de proximité. Les utilisateurs réservent une voiture par téléphone, sur internet ou sur leur mobile, et y accèdent en l’ouvrant à l'aide d'une carte ou via l’appli mobile Citiz. Ils la ramènent au point de départ et sont facturés en fonction de la durée et des kilomètres parcourus. On peut choisir le véhicule de son choix, selon son besoin, même trois mois en avance si on le souhaite. Une carte permet de remettre du carburant sans payer si on est à moins d'un quart du plein. Sinon, pas besoin de s'en soucier. 

À noter que Citiz propose également depuis quatre ans un autre service d’autopartage "en free-floating", sans station et sans réservation, sous la marque "Yea!", dans cinq villes en France : Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Lyon et Grenoble. "Je prends la voiture dans la rue en la géolocalisant, je l’utilise pour aller où je veux, et je la remets sur une place n’importe où dans la ville", explique le PDG de Citiz.

Intérêt économique, pratique et environnemental

M. Schmider estime qu'en optant pour l'autopartage, on peut faire jusqu'à 50 % d'économies sur son budget voiture. Plus besoin de chercher une place de stationnement, de souscrire une assurance, de penser à l'entretien... On a ainsi une voiture, sans ses contraintes. "Une voiture partagée, ça remplace dix voitures particulières, ajoute le PDG. Quand on passe de la propriété à l'usage, on va aussi moins utiliser la voiture qu'en ayant les clés dans la poche. On va rationaliser ses déplacements et n'utiliser la voiture que lorsque l’on n’a pas d'autre solution. Ça permet plus globalement de changer ses habitudes de consommation, et d'aller par exemple beaucoup moins en hypermarché. On se dit : 'Louer une voiture va me coûter 10 à 15 euros, est-ce que je gagne cet argent dans mon caddie ?' On va davantage se tourner alors vers les marchés, le commerce de proximité, les circuits courts type AMAP etc." 

Citiz en chiffres : 

- Une implantation dans 100 villes et 70 gares

- 1300 voitures dans le réseau

- 40 000 utilisateurs

En quoi Citiz se différencie-t-elle d'autres acteurs offrant ce service ? Outre le statut de coopérative d’intérêt collectif, qui permet aux clients et aux collectivités de devenir sociétaires et de participer à la gouvernance de l’entreprise, le fait de travailler avec ses propres voitures et ses propres équipes, fait remarquer M. Schmider. "Globalement nous avons nos propres salariés, nous ne faisons pas d'’ubérisation’, nous ne faisons pas travailler d'auto-entrepreneurs comme d'autres, et c’est notre propre flotte que nous achetons, entretenons, assurons."

©Christophe Urbain / Citiz

Citiz ne s'est pour l'instant pas déployé en Île-de-France : cela est prévu prochainement, mais dans "des conditions économiquement acceptables". "C'est plus facile de se passer de sa voiture quand on est dans une grande ville avec des transports en commun développés, note le PDG. Il nous semblait que le besoin était d'abord plus évident dans les villes de province. À Paris, on a de la visibilité médiatique mais pas forcément de modèle économique pour l'autopartage. Le déploiement de l’offre Citiz en Île-de-France se fera donc petit à petit, autour des grandes gares ferroviaires ainsi que dans les villes de banlieues intéressées par notre modèle d’autopartage original."

Jean-Baptiste Schmider est confiant : "Le passage à l’autopartage n’est pas un acte anodin, ça peut prendre du temps. Mais aujourd'hui, il y a une génération plus relax par rapport à ça, pour qui la voiture n'est pas le symbole de l'émancipation, et qui est prête à se tourner vers ce service. On compte sur elle !"

En partenariat avec Citiz. 

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