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Paris teste un système pour purifier l’air du métro

Plusieurs enquêtes ont révélé que le métro parisien était beaucoup plus pollué que l'air ambiant.
© Photo12 / Gilles Targat / AFP

La région Ile-de-France, la RATP et la SNCF ont lancé conjointement cette semaine un test d'une durée de trois mois pour tenter d'assainir l'air du métro parisien et du RER, très touchés par la pollution aux particules fines. 

Une brise d’air frais souffle dans le métro parisien. Lundi dernier, les trois grosses armoires métalliques de l'entreprise Air Liquide ont pris place sur le quai de la station Avenue Foch (RER C). À l’intérieur, un système de ventilation élimine les particules fines par "ionisation positive". L’expression paraît complexe, pourtant le mécanisme est assez simple. L’air est aspiré dans la machine et passe à travers un filtre composé d’ions positifs, qui vont charger les particules fines positivement. L’air passe ensuite dans un champ électrostatique, qui va attirer les particules fines sur une plaque comme des aimants grâce à leur charge positive. L’air ressort ensuite, théoriquement dépourvu de particules. Des capteurs installés à la sortie des machines par l'entreprise, la SNCF et Airparif, l'organisme de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France, mesureront le taux de nettoyage de l’air.

3 mois d’expérimentation, 3 entreprises testées

Après Air Liquide, c'est la société Starklab qui procédera à un mois de test dans la même station en septembre. En parallèle, le groupe Suez s'est lancé dans la course vendredi dernier, cette fois dans la station Alexandre Dumas (Ligne 2) mais toujours avec un système d'ionisation positive.

Ces expériences s’inscrivent dans le cadre de l’appel à projets lancé conjointement en mars 2018 par le conseil régional, la RATP et la SNCF pour assainir l’air souterrain d’Ile-de-France. Les trois entreprises lauréates ont été retenues parmi 17 participantes. Budget : un million d’euros, débloqués par la région.

La pollution aux particules fines très importante dans le métro

Pour rappel, Le Parisien avait mesuré le taux de particules fines dans le métro parisien en mars dernier et trouvé des taux jusqu’à 30 fois supérieurs à l’air en surface, comme à la station La Défense (RER A). Ces particules fines sont les plus dangereuses pour la santé, notamment les PM 2,5 sur lesquels portaient les tests du quotidien, car ce sont les plus petites : elles s’infiltrent plus profondément que les autres dans les poumons et peuvent même arriver jusqu’au système sanguin.

Les tests qui débutent cette semaine seront analysés par Airparif. Premiers résultats prévus en décembre 2019.

Et certaines entreprises ont même trouvé le moyen de recycler les particules fines récoltées, comment en Inde où elles sont transformées en encre !