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Nucléaire : le poids et les enjeux de la filière française

Image Ulrike Leone/ Pixabay

La France avec ses 18 centrales et 56 réacteurs reste le pays au monde le plus dépendant de l'énergie nucléaire pour sa production électrique.

Emmanuel Macron a dévoilé en fin de semaine dernières ses ambitions quant au futur énergétique de la France. Il mise notamment sur une relance de la filière nucléaire. Pour l'heure, cette énergie décarbonée, malgré un parc vieillissant, reste la première source d'alimentation de l'Hexagone

Deuxième parc au monde

Le parc nucléaire français est le deuxième plus important au monde derrière celui des États-Unis (93 réacteurs) avec un total de 56 réacteurs nucléaires (ou tranches) d'une puissance de production d'environ 61 000 mégawatts (MW).

Les centrales nucléaires françaises en activité, réparties sur 18 sites, fournissent environ 70 % du total de l'électricité produite dans le pays. C'est de loin la plus forte proportion au monde devant la Slovaquie (53 %), l'Ukraine (51 %) et la Hongrie (48 %).

A eau pressurisée

Les réacteurs français en activité utilisent tous la technologie dite de deuxième génération, à eau pressurisée et sont gérés par EDF.

Après la fermeture en juin 2020 de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin, est) inaugurée en 1977, celle de Bugey (Ain, centre-est) est devenue la doyenne des centrales françaises en activité (mise en service en 1979). La plupart des sites nucléaires en activité ont commencé à fonctionner dans les années 1980. C'est le cas pour Tricastin (sud), Gravelines (Nord), Flamanville (ouest) ou Cattenom (est). Les centrales les plus récentes sont celles de Chooz (nord-est), entrée en service en 2000 et de Civaux (centre) qui a démarré en 2002.

Durée de vie

En France, l'autorisation d'une installation nucléaire "est délivrée sans limitation de durée", selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette dernière mène un réexamen approfondi tous les 10 ans. Les réacteurs français actuels avaient toutefois été conçus sur la base d'une "hypothèse" de 40 années de fonctionnement. EDF compte exploiter la plupart de ses réacteurs nucléaires jusqu'à 60 ans, sur le modèle de ce qui se fait aux États-Unis ou en Suisse.

En 2022, 11 réacteurs doivent subir des travaux de maintenance ou de contrôle, soit environ 20 % du parc.

Démantèlement long et couteux

Le coût brut du démantèlement de l'ensemble des réacteurs à eau pressurisée avait été estimé en 2015 à 75 milliards d'euros par EDF, montant jugé sous-estimé par un rapport parlementaire de février 2017. EDF procède déjà à une dizaine de démantèlements. Il s'agit des réacteurs de première génération mis en service entre 1963 et 1986 qui utilisaient la technologie graphite-gaz.

Un rapport de février 2020 de la Cour des comptes notait des "importantes dérives de coûts prévisionnels" pour les démantèlements en cours. Les opérations de démantèlement des deux tranches de Fessenheim sont prévues sur une durée de 15 ans, selon un plan diffusé en mai 2020 par EDF. Le coût pour le démantèlement d'un seul réacteur a été évalué par le groupe public entre 350 millions d'euros et 500 millions d'euros.

Les déboires de l'EPR

Un premier réacteur dit de troisième génération, baptisé EPR pour réacteur pressurisé européen, est en cours de construction depuis 2007 à Flamanville.

Mais cette nouvelle technologie présentée comme le "fleuron" de la filière nucléaire avec une puissance élevée de 1650 MW par réacteur et des systèmes de sécurité supplémentaires, accumule retards et déboires. Alors qu'il devait initialement entrer en service en 2012 pour un coût de 3,3 milliards d'euros, ce réacteur ne devrait finalement démarrer qu'en 2023 pour un coût total réévalué à 12,7 milliards d'euros.

Emmanuel Macron a annoncé le 10 février 2022 la construction de six autres réacteurs EPR, pour des mises en service à partir de 2035, ainsi que l'étude pour huit tranches supplémentaires.

La question des déchets

Les centrales nucléaires françaises ont produit environ 50 000 mètres cubes de déchets radioactifs "à vie longue" (actifs pendant plus de 300 ans) depuis leur entrée en service. Ces déchets sont traités à l'usine de retraitement d'Areva de La Hague : 95 % sont recyclés en nouveau combustible et 5 % sont transformés en déchets vitrifiés.

Le projet Cigéo prévoit de stocker à 500 mètres sous terre à Bure (Meuse) 85 000 m3 de déchets radioactifs, à partir de 2035, ce qui suscite une opposition locale.

Avec AFP. 

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