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Entreprises

"Nous sommes 450 marques réunies pour dire fort que nous ne faisons pas le Black Friday"

©Faguo DR

La marque française de vêtements éco-responsables "Faguo" a décidé de réunir 450 marques et de créer avec celles-ci un collectif baptisé "Make Friday Green Again", en opposition à la journée de promotions "Black Friday" prévue le 29 novembre. Entretien avec Nicolas Rohr, cofondateur de la marque. 

 

Le Green Friday peut-il vraiment peser face au Black Friday en France ?

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Pouvez-vous me présenter votre marque de vêtements, "Faguo" ?

Notre principe est de réunir mode et responsabilité. Nous fabriquons des collections de vêtements, de chaussures et d'accessoires avec une volonté d'émettre le moins de CO2 possible. Nous mesurons nos émissions de CO2 avec un bilan carbone, nous les réduisons notamment en utilisant des matériaux recyclés, et nous compensons toutes nos émissions en plantant un arbre pour chaque produit confectionné. Ces arbres poussent en France : aujourd'hui il y en 1 500 000 dans 271 forêts et chacun peut aller les voir. 

Cela signifie que vous avez vendu 1500 000 produits ?

Tout à fait, en 10 ans, depuis la création de la marque !

Nous ne blâmons personne, nous voulons simplement inciter à une consommation plus raisonnée et plus raisonnable.

Vous êtes à l'origine d'un collectif qui s'oppose au Black Friday, est-ce que vous pouvez m'en dire un peu plus ? 

Le collectif s'appelle le "Make Friday Green Again", nous avons repris cette phrase américaine qui avait un sens originel triste, parce que le Black Friday vient tout droit des États-Unis. Nous sommes aujourd'hui un collectif de 450 marques françaises et étrangères réunies pour dire fort que nous ne faisons pas le Black Friday. Nous le disons aussi fort que des marques qui le font. Ces marques s'engagent à avoir une espèce de pédagogie au cours de cette journée et à inciter les consommateurs à prendre conscience de ce qu'ils ont déjà dans leur vestiaire pour ensuite trier, revendre, recycler... Et par exemple venir dans une de nos 26 boutiques "Faguo" ramener les vêtements qu'ils ne portent plus pour qu'ils puissent les recycler avec notre partenaire. Tout cela est parti d'un constat : 60 % des Français ont des vêtements qu'ils ne portent jamais. Un deuxième chiffre nous a vraiment donné le vertige : on jette 600 000 tonnes de vêtements chaque année en France. L'une des solutions face à cela, c'est déjà de consommer moins et mieux. 

Les marques qui font partie de ce collectif font-elles toutes partie du secteur de la mode ?

Non, c'est vraiment tous secteurs confondus. On retrouve par exemple "Hast", "Bonne Gueule", "Picture Organic Clothing"... Dans le secteur de l'alimentaire nous avons "Naturalia, "Marlette", les loisirs avec "Nature & Découvertes"... Nous avons également "Bergamotte"... Ces marques ont des partis pris très forts. Ensemble, nous ne blâmons personne, nous voulons simplement inciter à une consommation plus raisonnée et plus raisonnable. Comme nous sommes une marque mode, nous sommes à la fois le problème et la solution. Nous sortons des collections et donc nous présentons des nouveautés à nos consommateurs, mais nous incitons à un peu plus de prudence. Un autre chiffre nous dit qu'on a doublé la production de textile en 10 ans : et ce que l'on possède, on en utilise environ 36 % de moins qu'il y a dix ans. Nous sommes consciemment prêts chez "Faguo" à avoir une consommation plus calme, plus raisonnée, qui va dans le bon sens. 

On peut imaginer certaines réactions face à notre initiative, notamment celle de dire que les marques ont quand même besoin de vendre... 

Oui, nous en avons besoin, mais nous devons vendre bien. L'idée, c'est vendre mieux, en conscience. Chez "Faguo", nous ne courons pas après la croissance et la domination, nous voulons simplement croître bien et faire bien les choses : fabriquer des produits avec des matières recyclées, installer des bornes de tri de recyclage dans nos boutiques, utiliser de l'énergie verte, certifier nos usines pour veiller à ce que que socialement et environnementalement parlant, tout se passe bien... Et pour cela, il faut prendre son temps. Il ne faut pas être pressé. 

Comment va se matérialiser ce Make Friday Green Again, concrètement ?

Je précise que notre collectif est apolitique, ponctuel et n'a pas de volonté d'hégémonie. Nous voulons simplement plus fort dire tous ce que nous faisons, et sensibiliser les consommateurs. Notre volonté est d'inciter chacun, le jour du Black Friday, à remettre l'aspect social et environnemental au cœur de ses préoccupations. Nous devons porter du beau qui est bon. Je pense que c'est ce qui est la finalité de la mode, aujourd'hui. Nous sommes loin d'être des marques parfaites, mais nous voulons faire le mieux possible. 

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici :

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