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chronique

NOUS anti-gaspi : "Et si on alignait notre consommation avec nos valeurs humaines ?"

Vincent Justin, co-fondateur du réseau d’épicerie Nous anti-gaspi
©Christophe Lecrenais

Créé en 2018, NOUS anti-gaspi propose aux consommateurs de lutter contre le gaspillage alimentaire en vendant des invendus rejetés par les circuits classiques de distribution. Récemment, une nouvelle épicerie s’est ouverte à Paris, Vincent Justin, co-fondateur du réseau NOUS éclaire sur ce concept.

Un mot sur ce concept des épiceries anti-gaspi ?

Nous proposons des produits alimentaires vendus moins chers, qui étaient destinés à la poubelle pour différentes raisons : soit parce qu’ils ne sont pas tout à fait conformes aux standards et à l’esthétique habituelle des distributeurs, soit parce qu’ils sont sur des dates courtes, soit parce qu’il y a eu des problèmes dans le processus de fabrication qui fait qu’ils ont été écartés. 

Que voulez-vous dire par des produits "pas conformes" ? Cela veut dire qu’on ne les trouverait pas dans un supermarché classique ? 

C’est ça. Par exemple des tranches de jambon mal découpées, les fruits et légumes qu’on appelle "moches" : ça peut être des concombres trop tordus, des carottes qui ont deux jambes, des pommes qui sont tachées… Donc tous ces produits, qui ont d’excellentes propriétés gustatives, ne trouvent pas preneur à cause de problème d’esthétique généralement.

Est-ce que ça ne pourrait pas être des produits qui iraient à des associations ? 

Nous ne travaillons pas du tout avec la distribution, qui eux sont dans l’obligation de donner à des associations. Il y a des gros gisements qui sont à destination des associations qui viennent des distributeurs, mais les producteurs ont très souvent des grosses quantités de mono-produits. Donc nous venons en complément avec les associations. Généralement les producteurs ont déjà des filières de revalorisation à travers les associations, mais très souvent les associations ne sont pas preneurs sur ces si grosses quantités de mono-produits. Par ailleurs, certains nécessitent un coût pour être revalorisés : les remettre dans une barquette, leur donner une étiquette spécifique… Et ce coût-là, s’il n’y a pas une contrepartie financière en face, généralement les producteurs préfèrent jeter. 

On achète 30 % moins cher aux producteurs par rapport au prix de vente habituel et on revend aux consommateurs 30 % moins cher.

Au niveau de l’offre, vous arrivez à avoir des rayons à la fois garnis et avec des produits variés. Peut-on vraiment faire ses courses entières chez NOUS, ou il s'agit plutôt d'un complément ?

Il est possible d’y faire toutes ses courses mais il n’y a pas de choix des marques ni spécifiquement des produits. Par contre, vous pourrez trouver des yaourts nature, du beurre, du lait, du sucre et chaque semaine même parfois chaque jour, les arrivages changent en fonction des produits qu’on a réussi à récupérer. On a une équipe d’une dizaine d’acheteurs et d’approvisionneurs qui passent leur journée à essayer de s’assurer que dans tous les magasins, il y ait au moins les grandes unités de besoin.

Vous disiez que c’était moins cher, pouvez-vous me donner une moyenne et puis quelques exemples concrets ? 

L’objectif est que tout le monde s’y retrouve. Donc nous achetons 30 % moins cher aux producteurs par rapport au prix auquel il vend habituellement et nous revendons aux consommateurs 30 % moins cher. La contrepartie est que le client n’a pas tout à fait le choix sur le produit, mais du coup il paye un peu moins cher. Ça nous permet de toucher des clients très variés, pour le prix, mais aussi parce qu’ils ont intégré cette problématique de lutte contre le gaspillage dans leur quotidien, et puis des personnes qui viennent plus pour les valeurs parce qu’ils ont envie de consommer différemment avec un bilan carbone qui soit plus faible. Ces produits étaient "déjà produits" et dans le circuit, donc les récupérer permet effectivement d'amoindrir son impact carbone

NOUS anti-gaspi en chiffres, ça donne quoi ?

Aujourd’hui, nous avons six magasins, dont un à Paris que nous avons ouvert il y a une quinzaine de jours. Nous sommes sur un rythme d’ouverture d’environ un à deux magasins par trimestre et on a 300 à 400 clients qui viennent chaque jour dans chacun de nos magasins. Un magasin représente environ 35 tonnes de produits sauvés de la poubelle chaque mois, et on fait 1 million d’euros en moyenne de chiffre d’affaire par magasin. 

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici :

 

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