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Entreprises

Les politiques RSE des entreprises peinent à convaincre les jeunes

©Augustin Lazaroiu/Shutterstock

Selon une étude publiée dans les Échos START, les étudiants et jeunes diplômés du secteur de la finance jugent les politiques RSE des entreprises "greenwashées". Pour les sondés, celles-ci relèveraient avant tout d'une affaire d'image. 

Gare au greenwashing. Plus que jamais, les jeunes aspirent à travailler pour une entreprise utile et vertueuse : une nouvelle étude le confirme. Pour les étudiants et diplômés du secteur de la finance, les politiques RSE mises en place par les entreprises serviraient avant tout à redorer leur blason.

C'est en tout cas ce que révèlent les travaux menés par le cabinet d'audit et de conseil Denjean & Associés et le réseau professionnel Dogfinance, publiés dans les Échos START ce lundi 7 septembre. En effet, pour les deux tiers des 215 sondés entre avril et juin dernier, la RSE serait principalement "un atout marketing", note le journal : "De la communication qui ne repose sur aucune action concrète". 

Un manque d'information

Les résultats de cette étude révèlent aussi que les entreprises gagneraient peut-être à mieux informer leurs collaborateurs quant à leur stratégie RSE.

Bien que 100 % des diplômés déclarent comprendre ce qu’est la Responsabilité sociale d’entreprise, celle-ci peine à convaincre. Une méfiance qui pourrait s'expliquer par le fait que les mesures mises en place restent souvent troubles aux yeux des salariés : 48 % des sondés estiment que leurs connaissances sur le sujet au sein de leur entre- prise sont insatisfaisantes.

Un critère pourtant primordial

Pourtant, les jeunes se sentent plus que jamais concernés par ces questions : "les futurs collaborateurs ont grandi en étant responsabilisés sur les questions d'éthiques et d'environnement et veulent contribuer au monde de demain", analyse Thierry Denjean, Président du cabinet auprès des Échos

En janvier dernier déjà, un sondage Ipsos révélait lui aussi que les étudiants de grandes écoles étaient dans l'ensemble sceptiques quant aux stratégies RSE. Pourtant, ceux-ci affirmaient aussi vouloir travailler pour une entreprise engagée sur les dimensions sociales et environnementales. En témoigne notamment les 32 000 signatures du manifeste "Pour un réveil écologique", rédigé en septembre 2018 par un collectif d'étudiants

Les résultats de l'étude démontrent d’ailleurs également que les jeunes financiers croient dur comme fer au rôle que doivent jouer les entreprises dans la transition écologique globale : 73 % des étudiants et 65 % des diplômés en finance estiment que « l'entreprise est placée en première position pour apporter des solutions aux enjeux de développement durable ». Devant le pouvoir politique, les citoyens, les ONG et les artistes. Et lesdites entreprises devraient également faire de l’éthique (à 61 %), la réduction de leur impact environnemental (71 %) et les conditions de travail (79 %), leur leitmotiv principal : les trois points cruciaux sur lesquels elles sont attendues en priorité par leurs futurs collaborateurs.

Mais paradoxalement, une majorité de répondants ne fait pas des politiques RSE un critère indispensable à l’embauche : seuls 36 % d'entre eux n'envisageraient pas de collaborer avec un employeur sans objectif clair de stratégie RSE. Crise économique, peur du chômage, ou pression du premier emploi « atténuent leur conviction citoyenne », avance l’étude.

Pourtant, ils sont 90 % parmi les étudiants et 85 % parmi les diplômés à considérer que "la réussite d’une entre- prise doit être mesurée sur des critères allant au-delà des seuls résultats financiers".

Les jeunes soucieux de faire bouger les choses

Enfin, une écrasante majorité de répondants se montre également volontaire pour faire bouger les lignes au sein de leur entreprise. Notamment en s’impliquant dans le développement de la politique RSE de leur entreprise : d’abord pour 'contribuer aux grands enjeux sociétaux" (pour 84 % des étudiants et 80 % des diplômés), 'se sentir utile” (74 et 77 %), et enfin “développer ses compétences" (70 et 71 %).

Pour tendre vers une vie d'entreprise plus vertueuse, les jeunes seraient plutôt enclins à la mise en place de petits gestes du quotidien : réduire le plastique, les déchets, l’envoi de mail trop volumineux, utiliser des moyens de transport doux, etc. De manière plus globale, ils seraient aussi favorables à des mesures permettant de développer le bien- être au travail ou encore l’égalité entre les salariés : rédaction d’une charte éthique, mise en place d’un syndicat...

Seuls 2 % des étudiants et 3 % des diplômés du secteur ne s’estiment pas concernés par ces questions de RSE et déclarent ne pas vouloir s’impliquer sur ces questions.

En partenariat avec BFM Business : revoir la chronique ici

 

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