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Tribune

Urgence climatique : second avertissement des étudiants français face à leurs futurs employeurs

©Maxim Blinkov/Shutterstock

D’HEC à Sciences Po, 31 000 étudiants français signaient en septembre 2018 un “Manifeste pour un réveil écologique”. Interpellant les décideurs politiques et économiques mondiaux, ils s’engageaient à se tourner vers des employeurs plaçant “les logiques écologiques au cœur de leur organisation et de leurs activités”. Auprès d’ID, ils réitèrent leur demande à l’attention de leur futur patron. 

Moi, l’urgence écologique, je suis d’abord une idée clandestine. 

Je gesticule tant bien que mal dans les esprits de ceux qui décollent pour un Paris-Nice, de ceux qui engloutissent un burger triple steaks. Puis, modestement, je réussis petit à petit à me faire entendre. Certains délaissent les boucheries, d’autres ont banni les courts trajets en avion, et d’autres encore ont appris à fabriquer leur propre lessive. Il ne s’agit encore que d’actions individuelles, mais la réalité, crue et amère de mon existence est enfin reconnue.  

Les étudiants et jeunes diplômés sont maintenant pris de frénésie pour déterminer la meilleure manière de réduire leur impact sur l’environnement. L’incohérence entre cette préoccupation et le mode de vie que la société leur impose éclate au grand jour : à quoi est-ce que cela rime de se déplacer à vélo, quand on travaille pour une entreprise dont les activités contribuent à l’accélération du dérèglement climatique, à l’épuisement des ressources non-renouvelables, à l’effondrement de la biodiversité ? À quoi bon passer un tiers de la journée à étudier des formations qui ne prennent pas en compte le péril environnemental ? 

En septembre 2018, ils se sont rassemblés pour me tracer sur papier. Ça s’est appelé le Manifeste étudiant pour un réveil écologique. 31 000 jeunes l’ont signé, appelant à l’implication active des décideurs économiques et politiques. Ils affichent haut et fort leur volonté de sortir de leur zone de confort pour lutter face à l’urgence climatique, à la disparition de la biodiversité, à la raréfaction des ressources et ainsi détourner la société d’une catastrophe environnementale et humaine. Et pour cela, ceux qui ont le choix s’engagent à travailler pour des employeurs dont l’engagement est réel face au péril écologique - et uniquement eux.  

Ils demandent de moduler notre consommation, absurde : il faudrait 2,7 Terre pour que l’Humanité dans son entier consomme autant qu’un Français. Ils veulent faire prendre conscience que 60 % des espèces en Europe seraient menacées sur le long terme, qu’un tiers de l’Humanité subit une désertification des sols, et que plus de 100 millions de personnes risquent de passer sous le seuil de pauvreté d’ici 10 ans. Et surtout, ils veulent s’assurer que l’engagement pris par 195 pays en 2015 de contenir le dérèglement climatique à moins de 2 °C d'élévation de la température ne reste pas lettre morte.  

Ces étudiants sont conscients de deux choses. D'abord, ils connaissent les estimations scientifiques : l’augmentation des températures sera de 5,5 °C d’ici 2100 si rien n’est fait. Et surtout, ils connaissent le danger que moi, urgence écologique, j’incarne : ces 5 petits degrés sont identiques à ceux qui nous séparent de la précédente ère glaciaire que nous avons connue… Il y a 20 000. À 5 °C près, c’est un monde résolument différent qui s’imposerait à eux. 

Ces étudiants et jeunes diplômés vont maintenant plus loin. Après un an de rendez-vous avec des employeurs, de rencontres avec des dirigeants, de travail avec des experts et de lectures en tout genre, la plateforme Pour un réveil écologique est née en novembre 2019. Elle propose des outils destinés à réveiller les employeurs et l’enseignement supérieur. Pour choisir, à la hauteur de ses moyens, l’employeur le plus soucieux de l’environnement. Elle liste les bonnes questions à se poser, donne des pistes pour en trouver les réponses, et distinguer les bonnes volontés (ceux qui transforment en profondeur leur stratégie pour prendre à bras-le-corps ma question, celle de l’urgence écologique) du greenwashing (ceux qui se contentent d’une communication de façade). Cette plateforme propose aussi des ressources aux étudiants et aux membres de l'enseignement supérieur pour revoir en profondeur les formations en y incluant les connaissances et compétences indispensables pour agir face au péril que je représente. 

Dans un monde qui prend conscience que moi, urgence écologique, je suis une réalité, ces étudiants font tout pour que leur réveil aille au-delà des appels. Et engagent maintenant leur vie professionnelle dans la balance. 

Avec vous ? 

Le collectif Pour un réveil écologique

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