La majorité des entreprises françaises estiment que la situation économique va se dégrader au cours des six prochains mois.
© pressfoto/Magnific
Entreprises

Les entreprises très pessimistes, les délais de paiement en variable d'ajustement

Les entreprises françaises affichent un pessimisme marqué sur la conjoncture économique actuelle et s'inquiètent d'un allongement des délais de paiement de leurs clients, selon une étude publiée mardi par le cabinet Arc, réalisée avec l'Ifop.

Selon cette enquête menée en septembre auprès de 500 entreprises de 50 salariés et plus, 92 % des répondants sont convaincus que la situation économique française va se dégrader au cours des six prochains mois.

Dans le même temps, 82 % considèrent que la situation des entreprises s'est dégradée au cours de l'année écoulée, soit 11 points de plus qu'à la fin de 2025.

Les inquiétudes sont principalement alimentées par la hausse du coût de l'énergie, citée par 83 % des entreprises, devant l'instabilité politique (67 %), les difficultés liées à l'emploi et les problèmes sociaux (61 %), et l'augmentation de la pression fiscale (53 %).

À titre individuel, 61 % des entreprises tablent encore sur une stabilité de leur activité dans les six prochains mois, mais cette proportion recule de onze points sur un an. À l'inverse, 28 % anticipent un recul de leur activité (+3 points en six mois, +10 en un an), tandis que seulement 11 % envisagent une croissance.

"Notre étude met en lumière un pessimisme particulièrement marqué", souligne Denis Le Bossé, président du cabinet Arc.

"Sur le terrain, observe-t-il, les tensions de trésorerie se traduisent directement dans les pratiques de paiement", un domaine particulièrement surveillé par le cabinet de juristes, spécialisé dans le recouvrement de créances.

En effet, pour faire face à leurs besoins de liquidités, 83 % des entreprises déclarent allonger les délais de paiement de leurs fournisseurs, pratique en hausse de huit points sur un an, loin devant le recours au découvert bancaire (47 %).

Par ailleurs, 93 % des répondants estiment que les délais de paiement de leurs clients ne se sont pas améliorés et 38 % jugent qu'ils se sont dégradés.

De crainte de ne pas être payées ou de subir des délais de paiement excessifs, 57 % des PME déclarent renoncer à répondre aux appels d'offres du secteur public (+6 points en six mois, +12 en un an).

"L'allongement des délais de paiement ne peut durablement constituer une réponse aux besoins de trésorerie (...) il fragilise l'ensemble de la chaîne économique ", avertit M. Le Bossé.

Avec AFP