Les marchés mondiaux sont tiraillés entre des résultats contrastés des géants de la tech, les incertitudes sur la trajectoire monétaire américaine et les tensions géopolitiques.
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Economie

Marchés mondiaux : les résultats d'entreprises et les banques centrales sous le feu des projecteurs

Les marchés mondiaux sont tiraillés jeudi entre des résultats contrastés des géants de la tech, les incertitudes sur la trajectoire monétaire américaine et les tensions géopolitiques, tandis que les investisseurs attendent la décision de la BCE.

La décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), "les résultats de Sept Magnifiques (les grands noms de la tech américaine, ndlr) et les développements géopolitiques ont pratiquement fait irruption sur les marchés au même moment, provoquant des forces contradictoires et de fortes turbulences", commente Kyle Rodda, de Capital.com.

La Fed a juré mercredi qu'elle ne désertait pas le combat contre l'inflation après avoir laissé ses taux d'intérêt inchangés à quelques jours d'élections très disputées aux États-Unis.

"Comme à son habitude", le président de la Fed Kevin Warsh "a tenté de fournir le moins possible d’éléments sur la suite du cycle de politique monétaire", relève Bastien Drut, responsable analyse chez CPRAM.

"Néanmoins, on retiendra très peu d'éléments" perçus comme favorables à une politique monétaire restrictive "de sa conférence de presse", suggérant que la Fed "n'a globalement pas l'intention d'aller beaucoup plus loin dans son cycle de durcissement", souligne-t-il.

L'agenda est également fourni en Europe, avec une nouvelle salve de publications d'entreprises, dont plusieurs poids lourds.

Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,76 %, Londres montait de 0,43 %, et Francfort gagnait 0,32 %, tirée par Adidas (+2,94 %) qui a enregistré une hausse de 53 % sur un an de son bénéfice net sur un troisième trimestre record, dopé par le remboursement de droits de douane aux États-Unis. Seule Milan lâchait 0,36 %.

Les investisseurs attendent par ailleurs la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait également laisser ses taux directeurs inchangés jeudi malgré une inflation persistante, tandis que les turbulences sur la dette française devraient s'inviter au cœur des discussions.

La tech en plein test

Les places asiatiques ont affiché des performances contrastées. À la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé sur un gain de 1,10 %.

À Séoul cependant, l'indice phare Kospi a reculé de 1,24 %, pénalisé par le décrochage du champion sud-coréen des puces mémoire Samsung Electronics, poids lourd de la cote, après des résultats en deçà des attentes.

Samsung a multiplié par six son bénéfice net au troisième trimestre sur un an, porté par la demande de semi-conducteurs, en plein essor de l'intelligence artificielle (IA).

Pourtant, son titre a reculé de 4,13 % à Séoul "car ses perspectives semblent moins optimistes que celles de SK Hynix, les investisseurs devront attendre janvier pour connaître sa prochaine politique de rémunération des actionnaires, et la hausse des coûts des composants a pesé sur son activité mobile", explique Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

"Une nouvelle illustration du fait que des bénéfices records ne suffisent pas lorsque les attentes sont déjà extrêmement élevées", souligne-t-elle.

À New York, les géants Alphabet (Google) et Microsoft ont publié leurs résultats mercredi, "avec des performances divergentes", apportant "de nouveaux éclairages sur l'essor de l'IA, notamment sur la monétisation de cette technologie et sur l'équilibre délicat entre investir trop ou pas assez", relève Kyle Rodda.

Le géant du logiciel Microsoft a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, portés par l'accélération de sa plateforme d'informatique en ligne Azure, qui loue aux entreprises la puissance de calcul nécessaire notamment à l'IA.

Alphabet a, lui, enregistré au troisième trimestre des résultats moins bons qu'anticipé, principalement du fait d'un ralentissement de la publicité, même si l'informatique à distance (cloud) a elle encore accéléré grâce à l'IA.

Le pétrole recule

Les cours du pétrole s'affichaient en légère baisse vers 08H20 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord lâchant 0,94 % à 114,24 dollars et le WTI américain perdant 1,35 % à 101,39 dollars.

Côté valeurs pétrolières, le géant britannique des hydrocarbures Shell (+2,59 % à Londres) a annoncé jeudi un bénéfice net plus que doublé au troisième trimestre, à 12,1 milliards de dollars, dans un contexte de prix élevés de l'énergie et de fortes perturbations du marché mondial à cause du conflit au Moyen-Orient.

Le géant français pétrogazier TotalEnergies (+0,93 % à Paris) a quant à lui annoncé jeudi un bénéfice net record au troisième trimestre, plus que doublé sur un an à 8,3 milliards de dollars, profitant aussi de l'envolée du cours des hydrocarbures.

Avec AFP