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Entreprises

Les commerces français sur la voie de la "sobriété énergétique"

©Vytautas Kielaitis/Shutterstock

"La sobriété énergétique" fait tâche d'huile parmi les commerçants: après les supermarchés alimentaires, de grandes enseignes comme Decathlon ou Ikea ont annoncé lundi adopter des "mesures concrètes" pour limiter leur consommation face aux risques de pénurie cet hiver, et de nombreuses autres pourraient suivre, même si beaucoup reste à faire.

Le 18 juillet, la fédération Perifem, qui rassemble l'ensemble des acteurs de la distribution pour agir sur les sujets énergétiques ou environnementaux, avait exposé des "mesures communes et concrètes", à mettre en oeuvre à compter du 15 octobre mais sur lesquelles les professionnels travaillent dès à présent, pour faire face au "risque de pénuries d'approvisionnement électrique" cet hiver.

Sont notamment prévues l'extinction des enseignes lumineuses dès la fermeture des magasins, la réduction de l'éclairage, voire une baisse de la température en magasins à 17 degrés cet automne et cet hiver, en cas de demande d'une autorité régulatrice.

D'autres enseignes attendues

Ces premières mesures, qui avaient été actées par E.Leclerc, Carrefour, Système U, Les Mousquetaires Intermarché, Auchan, Casino, Franprix, Monoprix, Lidl ou encore Picard, devaient servir "de base à l'ensemble des fédérations du commerce et de la distribution pour la généralisation de ces mesures". Lundi, ce sont les grandes enseignes comme Boulanger, Castorama, Fnac Darty, Ikea ou Leroy Merlin, qui ont annoncé via une autre fédération, France Commerce, rejoindre le mouvement. Perifem devait présenter ces mesures à de nombreuses autres fédérations de professionnels lors d'une réunion programmée mardi.

Les efforts de ces marques affiliées à France Commerce illustrent selon Jacques Creyssel, porte-parole de cette fédération, "le caractère responsable de (leur) secteur, engagé depuis longtemps pour réduire son impact environnemental". "En se mobilisant, les grands acteurs de la distribution permettront également aux plus petites enseignes de s'inscrire dans ces efforts sans craindre de perdre en attractivité", a réagi dans une déclaration transmise à l'AFP la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, en rappelant l'objectif d'une baisse de 10 % de la consommation d'énergie nationale d'ici deux ans. Le président Emmanuel Macron avait expliqué le 14 juillet que l'État préparait un "plan de sobriété" énergétique pour faire face au risque de pénurie liée à la guerre en Ukraine.

Ce ne serait pas honnête de demander au consommateur de faire preuve de sobriété si on n'est pas nous-mêmes exemplaires."

"Ce ne serait pas honnête de demander au consommateur de faire preuve de sobriété si on n'est pas nous-mêmes exemplaires", avait de son côté estimé lundi matin le président du comité stratégique des magasins E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc. Sur Franceinfo, il a assuré ne pas exclure de "fermer des magasins sur certains créneaux horaires" pour éviter les black-out énergétiques. "On va s'assurer que les portes des frigos seront bien fermées, on ne fera pas marcher les fours à pain au moment des pics", a-t-il aussi détaillé, rappelant qu'il en va aussi de l'intérêt des commerçants "car la facture d'électricité, c'est nous qui la payons".

Alors que "la facture électrique représentait 30 %" du résultat net des enseignes "avant les récentes envolées des coûts de l'énergie", il est en effet "essentiel de réduire la facture énergétique" et d'"éviter une répercussion trop importante (...) pour les consommateurs", estimait Perifem. La loi Élan prévoit une réduction de la consommation énergétique des magasins de 40 % à horizon 2030.

Dans un secteur très diversifié et fragmenté, reste à savoir dans quelle mesure ce plan sera appliqué par les magasins, même s'il est dans leur intérêt. Bien loin de toute "sobriété énergétique", certains commerces ont ainsi été épinglés pendant l'épisode caniculaire, laissant ouverte la porte de leurs locaux pour que l'air climatisé attire les badauds. Suivant l'initiative notamment de la mairie de Bourg-en-Bresse (Ain), qui a pris un arrêté interdisant cette "pratique absurde" le 15 juillet, le gouvernement a annoncé dimanche qu'il allait la rendre illégale. Agnès Pannier-Runacher a aussi annoncé un décret généralisant "l'interdiction des publicités lumineuses quelle que soit la taille de la ville entre 1H et 6H du matin".

Avec AFP. 

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