Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Entreprises

La Nef, coopérative financière: une banque éthique et engagée

Leo Miranda, directeur Marketing de La Nef
©Nicolas Robin

Coopérative de finance solidaire, La Nef a pour particularité de collecter de l’épargne des particuliers, soutenant des projets aux démarches écologiques, sociales ou culturelles. Leo Miranda, directeur Marketing à La Nef nous éclaire sur le sujet.

Vous collectez de l’épargne, cela signifie-t-il que nous ne pouvons pas avoir de compte courant chez vous ? 

Nos agréments depuis notre création en 1988 ont beaucoup évolué. Au départ, nous pouvions faire uniquement ce que l'on appelle des "comptes à terme" et proposer également des parts sociales de coopératives, donc des produits assez complexes pour le grand public. En 2015, on a eu une première extension d’agrément qui nous a permis de proposer le premier produit grand public aux clients particuliers, qui est le livret B. Mais on reste toujours dans le domaine de l’épargne, la porte reste ouverte pour pouvoir demander une extension d’agrément. La suivante, celle du compte courant pour les particuliers, est une très forte attente du public. Nous sommes dans ce processus, avec l’objectif de pouvoir proposer une solution du quotidien à nos clients particuliers. Voilà pourquoi nous n’avons pas la possibilité aujourd’hui de proposer ces comptes, notre agrément actuel ne nous le permet pas.

Le livret Nef donne l’assurance à un épargnant que son argent va être exclusivement utilisé pour financer des projets porteurs de sens.

Il ne suffit pas de remplir un certain nombre de critères : on ne peut pas créer une banque comme ça, il faut un agrément. Est-il discrétionnaire ?

Oui, il est discrétionnaire, il y a un certain nombre de critères de stabilité de l'établissement notamment au niveau de ses fonds propres. Ce sont des choses écrites dans la réglementation, ensuite il y a un comité d’agrément au sein de la CPR qui analyse de manière un peu plus qualitative les différents critères qui sont importants à leurs yeux. Le régulateur doit pouvoir s’assurer que l’établissement est suffisamment solide pour pouvoir encaisser des chocs au niveau de son activité crédit et être en mesure de rembourser les épargnants qui ont confié cet argent. La robustesse et la solidité économique de l’établissement sont très importantes et La Nef reste un petit établissement bancaire. D’un point de vue économique, nous pouvons nous dire que nous sommes plus fragiles qu’un acteur beaucoup plus gros mais nous avons beaucoup mieux résisté à la crise financière de 2008 que d’autres établissements bancaires en France. C’est la taille critique qui selon nous, fait que nous n’arrivons pas à obtenir l’intégralité des agréments qui nous permettraient de proposer nos comptes courants et c’est quelque chose qui se fait de manière assez progressive. 

Qu’est-ce qui distingue un livret d’épargne chez vous par rapport à une banque classique ? 

La Nef travaille sur le sens : le livret Nef donne l’assurance à un épargnant que son argent va être exclusivement utilisé pour financer des projets porteurs de sens. Quand un épargnant vient à La Nef, il a l’assurance que son argent va être utilisé à bon escient pour soutenir des projets qui ont un supplément d’âme, en ce qui concerne l’éthique et les finalités écologiques, sociales et culturelles. La deuxième chose, c’est la transparence, à partir du moment où un épargnant à La Nef ouvre un livret, nous lui promettons que nous allons utiliser cet argent à bon escient pour financer des projets dans les domaines cités précédemment. Non seulement, on lui promet, mais en plus, on lui donne la possibilité de vérifier ces informations-là. Chaque année, nous publions la liste complète, détaillée et intégrale des financements qu’on a octroyés. Donc l’épargnant a vraiment cette capacité à vérifier ce que La Nef fait avec son argent, qui est une différence fondamentale avec l’ensemble des banques françaises. 

Quand nous épargnons de l’argent, nous sommes effectivement rémunérés. Cela permet-il aussi à la banque d’investir ailleurs ?

C’est ce qu’on appelle la marge d’intermédiation. La rémunération d’un compte sur épargne est due au fait que cet argent soit utilisé par la banque pour financer des activités de crédit classique, mais aussi des activités plus spéculatives de finance de marché. Là aussi, il y a une rémunération qui est souvent bien plus importante. C’est effectivement pour rétribuer cet argent qui est confié à la banque, qu’il y a un taux de rémunération proposé sur l’ensemble des produits d'épargne. Un point important pour nous, est la question du taux d'intérêt, qui peut être partagée. La Nef a été la première en France à proposer cette option de partage. L’idée derrière cela est de partager une partie de ces intérêts qui ont été générés dans l’année avec des associations partenaires ou ONG, donc d’être dans un mécanisme solidaire sur la base de ce taux d'intérêt généré. Le mécanisme de solidarité est un petit plus mais ce n’est pas l’essentiel du changement, puisque l’argent qui est confié à la plupart des comptes de partages n’est pas utilisé pour financer des projets à forte plus-value sociale ou écologique, mais pour l’activité régulière de la banque.

Il sera possible d’avoir une carte bancaire 100 % La Nef, ce qui est une révolution chez nous.

Est-ce que le taux de rémunération est au même niveau que pour n’importe quel livret ?  

La question des taux d'intérêt est complexe. La majorité va faire une comparaison avec le livret A, qui est à 0,75 %, à un taux d'intérêt très élevé, mais selon moi, il est un peu subventionné par l’Etat, et ne correspond pas du tout au taux du marché. On ne fait pas de livret A, on fait un livret B. Et quand on se place dans la catégorie des livrets B, on est dans un taux de rémunération similaire à ce que propose les autres banques, c’est-à-dire très faible, puisque les taux directeurs passent en négatif assez régulièrement et la situation actuelle amène à ce qu’il y est un taux de rémunération très faible, du 0 ou 0,5 %. 

Lorsque l’on est une entreprise, on peut ouvrir un compte courant chez vous ? 

Tout à fait. L’extension d'agrément qu’on a obtenue en 2015 qui concernait les livrets pour les particuliers et les organismes sans but lucratif a été couplée avec une extension d’agrément sur le compte courant pour les entreprises et professionnels. Nous en avons ouvert quelques-uns depuis l'obtention de cette extension d’agrément, mais la grande nouveauté sur l’année 2020 est que nous allons proposer la première carte bancaire Nef qui était tant attendue sur le marché des particuliers. Ce sera une carte pro que nous lancerons en septembre 2020. Nous allons avoir un compte courant professionnel vraiment similaire en termes de services à ce qu’on peut retrouver dans d’autres banques. Il sera possible d’avoir une carte bancaire 100 % La Nef, ce qui est une révolution chez nous.

Si on pouvait mesurer l’impact, qu'est ce que vous représentez chaque année en terme d’impact et de positivité ?

Nous avons eu un gros développement ces dernières années, nous finançons jusqu'il y a 3 ans environ 300 entreprises pour un montant total de 35 millions d’euros prêté par an. Et depuis 3 ans, nous avons eu une forte explosion de notre activité crédit. On est plutôt situé entre 70 et 80 millions d’euros prêtés, un nombre plus que doublé par rapport à l’année précédente et nous sommes entre 300/250 millions d’euros d’encours crédit.

Qui est-ce qu’on paye quand on est dans une banque comme La Nef ? Comment fonctionne votre banque ?

Nous sommes sur un mode de fonctionnement tel que la banque a été créée au 15ème siècle, c’est-à-dire, l’utilisation des dépôts des épargnants pour pouvoir financer l’économie. Et au travers de ce mode de fonctionnement, nous avons le versement d’un taux d'intérêt aux épargnants, qui est inférieur à ce que vont verser les emprunteurs de l’autre côté. Il y a eu la financiarisation, et le monde spéculatif différemment, mais nous restons vraiment sur la banque dans son plus simple appareil avec une éthique particulière, en tant que banque éthique on a choisi le statut coopératif qui nous a amené à privilégier, lorsque l’on fait des excédents chaque année, la remise dans les réserves légales puisque le statut coopératif impose 15 % au lieu de 5 % dans les sociétés anonymes plus classiques, qui sont remises au sein de l’entreprise pour lui permettre de développer ses capacités d’investissement, les dividendes sont très fortement limitées et très encadrées. Il n’y a pas de recherche de rentabilité de l'actionnariat, qui est du sociétariat dans la coopérative et sur la politique interne.

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici :

 

Vous avez apprécié cette information ? Vous aimerez également notre guide pratique "Bébé (aussi) sera écolo!"

Au sommaire : qualité de l'air, hygiène, équipements, habillement, alimentation...Tout pour un quotidien écolo avec bébé !

Pour en savoir plus c'est par ici.

Merci ! #TousActeurs.

A lire aussi
Commentaires
Par Martine ROUCH - le 17/02/2020

Salut !
1 - Excellent article qui serait plus agréable à lire sans de trop nombreuses fôtes d'orthographe... Vous n'avez pas de correcteur ou de correctrice à ID ???
2 - Sur la fiche d'inscription, à la création de mon compte, j'ai trouvé choquant de trouver le terme "Melle"... Mr, Mme, et Autre auraient été plus éthique... Pour info, le terme Melle est devenu obsolète depuis 2012 (8 ans !), car pouvant être perçu comme discriminant. Vous n'étiez pas au courant ???

Poster un commentaire
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
Déjà membre ? Je me connecte.
Je ne suis pas encore membre, Je crée mon compte.