DOSSIER

Investissement socialement responsable : analyse et sélection des valeurs

©Robert KneschkeeVolo/Shutterstock

Les critères ESG constituent le socle de l’évaluation extra-financière, qui peut être effectuée en interne par les gestionnaires d’actifs et/ou réalisée par des agences de notation indépendantes.

Ces dernières, apparues dans les années 90, évaluent et notent les émetteurs (entreprises ou entités publiques) sous le prisme de leurs pratiques ESG, en se basant sur des données publiques, des études de terrain ou encore des rencontres avec les parties prenantes, selon un référentiel qui leur est propre. En France, les principales agences de ce type sont Vigeo Eiris, Ethifinance, MSCI, Sustainalytics et Oekom.

Processus d’évaluation de l’agence de notation extra-financière Gaïa Rating, département d’Ethifinance :

  • Préparation 
    • Étape méthodologique : préparation d’un référentiel en phase avec les normes de responsabilité sociale ;
    •  Composition de l’univers d’évaluation selon des critères de liquidités et de taille (périmètre PME et ETI) et demandes spécifiques des investisseurs
  • Notation 
    • Notification à l’entreprise du lancement de la campagne ;
    • Traitement de l’information publique (documents de référence, rapports
      annuels, codes de conduite, informations publiées sur le site internet…).
  • Dialogue
    • Dialogue avec l’entreprise, apport d’informations supplémentaires.
  • Qualité
    • Étapes qualité, vérification des informations en interne.
  • Restitution
    • Attribution d’une note ;
    • Publication des résultats à destination des investisseurs ISR.
  • Dialogue
    • Interaction entre l’entreprise, l’investisseur et l’agence de notation.

Certaines sociétés de gestion, comme Sycomore Asset Management, s’appuient sur leur propre modèle d’analyse élaboré en interne.

Sycomore AM : « Sycomore a mis au point une grille d’analyse qui s’articule autour de cinq piliers : le modèle économique de l’entreprise et sa gouvernance, ses interactions avec ses collaborateurs, ses clients, l’environnement, ainsi que la société dans son ensemble et ses sous-traitants. Les critères ESG sont lus et analysés à l’aune du contexte économique et stratégique de l’entreprise et les décisions de gestion sont prises en absolu (best-in-universe) plutôt que suivant une approche best-in-class (sélection des entreprises les mieux notées au sein de chaque secteur d’activité de l’indice de référence), encore prépondérante en France. Combinée à une approche best-effort, la gestion ISR de Sycomore AM vise à accompagner les entreprises qui contribuent au développement durable en conciliant performance économique et contribution positive pour la société et l’environnement. »

D'autres ont recours à une double évaluation : sur la base des travaux des agences de notation extra-financière, des analystes internes intègrent ces résultats selon la politique maison.

Ecofi Investissements : « Sur la base d’une méthodologie développée en interne, Ecofi Investissements surpondère les données fournies par les agences extrafinancières afin de ne retenir que les entreprises les plus responsables. Cette « Touche Ecofi » est fondée sur la prise en compte de
cinq valeurs identifiées par la société de gestion : l’équilibre des pouvoirs ; les relations responsables avec les clients ; celles avec les fournisseurs ; la responsabilité fiscale ; la non-discrimination. Pour compléter son processus de sélection, Ecofi Investissements applique ensuite les approches d’exclusion et best-in-universe, en incluant les controverses. »

Approches de l'ISR

Selon sa philosophie, chaque fonds sélectionne des critères pour définir son univers d’investissement. En fonction de la nature de ces critères on parle de :

  • Exclusion

Les fonds éliminent de leur univers d’investissement certains secteurs ou entreprises en raison de leur activité. On distingue l’exclusion normative, qui concerne les émetteurs qui ne respectent pas certaines normes ou conventions internationales, (droits de l’homme, convention de l’OIT, Pacte Mondial…) et l’exclusion sectorielle, qui touche ceux dont le secteur d’activité est jugé néfaste pour la société ou l’environnement. Des secteurs comme ceux du charbon et des énergies fossiles, de l’armement ou du tabac peuvent ainsi être exclus pour des raisons éthiques ou environnementales ;

  • Best-in-class

Les fonds retiennent les émetteurs ayant les meilleures pratiques ESG au sein de chaque secteur d’activité. Sont exclus les émetteurs les moins bien notés, sans biais sectoriel ;

  • Best-in-universe

Ne sont sélectionnés que les émetteurs les mieux notés, indépendamment de leur secteur d’activité. Certains secteurs peuvent ainsi être intégralement écartés ;

  • Approche thématique

Consiste quant à elle à investir dans des entreprises actives sur des secteurs liés au développement durable, tels que les énergies
renouvelables, l’eau ou la santé ;

  • Engagement actionnarial

Consiste, pour les investisseurs, à influencer le comportement des entreprises en favorisant l’adoption de pratiques responsables par
le biais d’un dialogue avec les entreprises et d’une participation active aux assemblées générales ;

  • Impact Investing

Désigne, selon le Global Impact Investing Network (GIIN), des « investissements faits dans les entreprises, les organisations et les fonds avec l’intention de générer des impacts environnementaux et sociaux en même temps qu’un rendement financier ».

Retrouvez ici l'intégralité de notre guide sur l'investissement socialement responsable "Investir #TousActeurs pour une finance utile".