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Economie circulaire : les entreprises défendent l'engagement plutôt que la contrainte

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La trentaine de grandes entreprises françaises qui se mobilisent concrètement pour agir en faveur de l'économie circulaire ont plaidé le 25 octobre pour une politique qui privilégie l'engagement plutôt que trop de contraintes, en présentant les résultats partiels de leurs actions.

"Les grandes entreprises croient en l'économie circulaire", et "la voie des engagements peut aussi être une voie sérieuse", a défendu François Soulmagnon, directeur général de l'Afep, lors d'un colloque, en présence de la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson.

En février 2017, 33 grandes entreprises (Air France, Bouygues, Carrefour, Danone, Engie, Veolia, Total, Suez, Michelin...) avaient listé une série d'objectifs à horizons différents afin de limiter leur consommation en matières premières (plastiques, etc.), eau et énergie. Selon le suivi réalisé par l'Afep, à fin 2017, 79 % des engagements pris se concrétisent selon le rythme prévu, 16 % sont en avance et 5 % sont en retard.

Au chapitre des réussites, M. Soulmagnon a cité Crédit Agricole qui a recyclé l'an dernier 16,5 tonnes de cartes bancaires, contre un objectif de 10 tonnes, ou encore le groupe de blanchisserie Elis qui a réussi à réduire de 29 % sa consommation d'eau par rapport à 2010, sur un objectif de 25 % d'ici 2020. Brune Poirson a salué ces résultats "prometteurs", appelant les entreprises à en faire "toujours plus".

Elle a toutefois défendu la feuille de route économie circulaire du gouvernement et les mesures annoncées pour améliorer le recyclage, en particulier la hausse à venir de la fiscalité et le durcissement des règles des éco-organismes qui pilotent la gestion de certains déchets, en leur imposant des obligations de résultats et des sanctions en cas d'échec.

"Montrer le chemin, ça veut dire aussi parfois baliser le chemin de façon très étroite, c'est-à-dire clairement dire que nous allons aussi utiliser la contrainte pour atteindre nos objectifs", a-t-elle affirmé, citant la mise à contribution des industriels du tabac pour la gestion des mégots.

Le gouvernement prévoit aussi de créer de nouvelles filières à responsabilité élargie du producteur (REP) pour les déchets du bâtiment, les jouets ou les produits de bricolage. "Il y aurait des mesures de bon sens plus rapides", a estimé Fabrice Bonnifet, président d'une association regroupant les responsables du développement durable d'entreprises, par exemple la valorisation des produits éco-conçus dans les commandes publiques. La fiscalité "n'est pas toujours le système le plus efficace", a pour sa part jugé M. Soulmagnon.

Avec AFP.