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Devenir entrepreneur social: mode d’emploi

©fatmawati achmad zaenuri/Shutterstock

Et si trouver un sens à son travail passait par une initiative entrepreneuriale ? Le point sur ce qu'il faut savoir avant de se lancer dans un projet à impact social et environnemental !

L'ESS, qu'est-ce que c'est ?

La loi du 31 juillet 2014 est venue apporter une définition à l’économie sociale et solidaire. Il s’agit ainsi d’"un mode d'entreprendre et de développement économique adapté à tous les domaines de l'activité humaine" qui doit répondre à trois critères : avoir un but autre que le seul partage des bénéfices, une gouvernance démocratique – c’est-à-dire que les associés et salariés vont être informés et participer aux décisions de l’entreprise- et une lucrativité limitée. Les acteurs de l’ESS peuvent être des coopératives, mutuelles, associations, fondations, structures d’insertion ou entreprises commerciales (quelle que soit leur forme). L'agrément supplémentaire d'"entreprise solidaire d’utilité sociale" (ESUS) permet aux entreprises de l’économie sociale et solidaire d’obtenir certaines aides et financements spécifiques.

Comment trouver sa voie ? 

Etre entrepreneur social, cela vous tente ? Etape numéro un : trouver son activité ! Si cela n’est pas évident, il existe des programmes d’accompagnement, permettant aux futurs entrepreneurs de trouver leur voie et d'en savoir plus sur les démarches à suivre. C’est notamment le cas du programme de Ticket for change qui offre la possibilité de suivre des ateliers ponctuels ou un parcours complet de six mois avec des formations, rencontres et un suivi personnalisé pour construire son projet. Ticket for change est également à l’initiative d’un MOOC (programme de cours en ligne) co-construit avec HEC intitulé "Devenir entrepreneur du changement" pour "accompagner toutes les personnes qui veulent avoir un impact positif dans la société, mais qui ne savent pas comment agir". Au programme : des vidéos présentées par des pionniers, experts ou coachs ainsi que des professeurs d’HEC. Pour ceux qui auraient découvert leur vocation plus tôt, des spécialisations ou masters existent au sein de grandes écoles ou universités (entre autre l’UPEC, l’Université Paris 8, l’Université Lumière Lyon 2, l’ESAM…).

Comment financer son projet ? 

Une fois le projet défini, il est possible de bénéficier de certaines aides financières. Entre autres, le réseau France Active, qui s’adresse aux entrepreneurs engagés, fournit des garanties ou des prêts solidaires. Certaines banques sont également plus sensibles aux projets à impact. C’est le cas notamment de la NEF ou du Crédit coopératif. Les entreprises ayant obtenu l’agrément ESUS sont par ailleurs éligibles pour obtenir des fonds issus de l'épargne salariale solidaire et pour bénéficier de dispositifs de financement spécifiques, tels que ceux proposés par Bpifrance.

Autre solution à creuser : le crowdfunding, qui permet d’obtenir un financement pour démarrer ou déployer son activité via le don, le prêt ou l’investissement. Outre les plateformes généralistes telles que KissKissBankBank ou Ulule, il existe des plateformes spécialisées dans les projets à impact. C’est notamment le cas de Wiseed, Lita, Wedogood, Tudigo ou Lendosphere. Les chanceux pourront également participer aux concours permettant de récompenser les entrepreneurs innovants, dont les Grands prix de la finance solidaire ou encore le concours de la fabrique Aviva.

Comment se faire accompagner ?

Le réseau Entreprendre offre une aide personnalisée aux futurs entrepreneurs afin de développer leur projet. Certains incubateurs dispensent également ce type de conseils. C’est notamment le cas d’Alterincub, présent en Occitanie, Poitou-Charentes, Centre-Val de Loire et Auvergne-Rhône Alpes. Et pour étendre son réseau, pourquoi ne pas se rapprocher d’organismes tels que Le Mouves, Ashoka ou Make Sense.