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Couches jetables : dans les crèches toulousaines, les Tontons Laveurs ouvrent les hostilités

©Les Tontons Laveurs/Facebook

Les couches jetables ne représentent pas moins de 750 000 tonnes de déchets par an rien qu'en France. Des entreprises se développent peu à peu pour proposer des alternatives, notamment Les Tontons Laveurs à Toulouse, qui proposent de louer des couches lavables à des collectivités. 

ID  s'est entretenu avec Alexandre Boutin, trésorier au sein de l'association des Tontons Laveurs qui propose un service de location-livraison-nettoyage de couches lavables sur Toulouse.

À quel type de clientèle vous adressez-vous ? 

Contrairement à nos collègues faisant partie du réseau de laveurs-loueurs de couches et s'adressant avant tout à des particuliers, nous avons choisi de nous adresser à des crèches et à des structures équivalentes. 

Qu'allez-vous proposer à ces structures ?

Nous allons leur proposer de louer des couches lavables, ainsi que d'accéder à un service associé comprenant le lavage et la livraison. Tout comme un livreur de lait amène des bouteilles remplies chaque matin, nous livrons des couches propres et récupérons les sales pour les laver. 

Où en est votre projet ? 

Nous allons tout d'abord lancer une phase de tests au printemps, et nous espérons convaincre des collectivités et des crèches de s'allier à notre structure. Nos premiers contacts avec des crèches sont très positifs. De nombreux puériculteurs et puéricultrices sont conscients de ce besoin de changement. Il attendent cependant une prise de décision de la part des gestionnaires, ainsi qu'un déclic budgétaire. Il s'agit donc désormais de convaincre la hiérarchie. L'objectif est de lancer notre activité à la rentrée 2019. 

En quoi ce type de service peut-il être bénéfique pour les crèches ? 

Cela permet de préserver la santé des enfants : en effet, les couches jetables ont été qualifiées de toxiques par un certain nombre d'études. Ce dispositif permet ensuite de réduire les déchets. En effet, de leur naissance à leur propreté, les enfants utilisent environ une tonne de couches jetables.  

Cela va-t-il coûter cher aux collectivités ? 

Pour l'instant notre modèle économique n'est pas entièrement défini. Nous savons que la location de la couche lavable revient moins cher que l'achat de couches jetables. Il faut ensuite que l'on discute avec les municipalités et la caisse d'allocation familiale qui financent les crèches. En effet, le service qui accompagne cette location entraînera une hausse du prix. Pour résumer, nos couches coûteront environ le double du prix des jetables, car les achats groupés en crèche peuvent faire descendre le prix de la couche jetable jusqu'à 4 centimes. 

Comment allez-vous convaincre les parents et les collectivités ?  

ll faut être là au quotidien des professionnels de la petite enfance et des parents pour expliquer comment effectuer un changement et montrer en quoi ce n'est pas spécialement plus sale. Nous ne nous posons pas ce genre de question pour le jetable car cela disparaît hors de notre vue. Pourtant, il s'agit exactement des même contraintes.

Faites-vous partie du réseau de laveurs-loueurs de couches français ? 

Oui, nous sommes partie prenante d'un groupe, d'un réseau de laveurs-loueurs de couches, en train de se constituer. Nous ne sommes pas des membres actifs du réseau, dans la mesure où notre activité sur Toulouse n'est pas encore lancée. 

Le service proposé s'inscrit-il dans une tendance ou bien suit-il un modèle bien défini ? 

Des nouveaux modèles ont émergé et sont actuellement testés par les têtes de réseau que sont "Ma petite couche" et "Hipopo". Nous attendons les résultats pour savoir quel modèle adopter.

Retrouvez la chronique du Social Lab sur France Inter :