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Construction: de nouvelles normes pour réduire l'empreinte environnementale

De nouvelles normes environnementales plus exigeantes pour les bâtiments entreront en vigueur à partir de début 2022
©Lisa-S/shutterstock

Emettre moins de gaz à effet de serre pour construire des bâtiments neufs, puis réduire et verdir leur consommation d'énergie: c'est l'ambition de nouvelles normes environnementales plus exigeantes, qui entreront en vigueur à partir de début 2022 après plusieurs reports.

Ces normes dites "RE2020" devaient initialement être appliquées l'an dernier mais avaient pris du retard. Et elles ont encore été repoussées de six mois "pour laisser un temps d'adaptation à la filière", a expliqué jeudi le ministère de la Transition écologique. Les logements neufs seront finalement concernés à partir du 1er janvier 2022. Les bureaux et bâtiments d'enseignement suivront à une date qui n'a pas encore été fixée.

"Nous avons l'ambition de réduire d'un tiers environ les émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment grâce à cette règlementation à 10 ans", a indiqué lors d'une conférence de presse Emmanuelle Wargon, la ministre déléguée chargée du Logement. La concertation avec les acteurs du secteur a permis de procéder à des "ajustements" sur les délais et le contenu de la RE2020, a-t-elle précisé.

"Les derniers arbitrages du gouvernement vont dans le bon sens", a jugé la fédération française du bâtiment (FFB) dans un communiqué. Elle prévient toutefois que cette nouvelle règlementation est "un pari sur l'avenir", car "certaines exigences à horizon 2028/2031 restent inatteignables avec les technologies actuelles et nécessitent de fortes évolutions de tous les métiers du bâtiment et dans l'industrie".

Privilégier la chaleur renouvelable

Le ministère évoque trois principaux objectifs: "donner la priorité à la sobriété énergétique et à la décarbonation de l'énergie, diminuer l'impact carbone de la construction des bâtiments, et en garantir le confort en cas de forte chaleur". La RE2020 remplacera des normes datant de 2012, avec plus d'exigences en matière de consommation d'énergie et en particulier sur la performance de l'isolation quel que soit le mode de chauffage installé, selon le ministère.

Une fois les besoins en énergie réduits, "il est aussi essentiel que cette énergie soit la plus décarbonée possible, notamment à travers le recours à la chaleur renouvelable (pompe à chaleur, biomasse, réseaux de chaleur...)", a-t-il précisé. La nouvelle règlementation va ainsi conduire à "la disparition progressive du chauffage exclusivement au gaz et la montée en puissance des systèmes constructifs bas-carbone".

L'objectif est une sortie des énergies fossiles dès 2025.

En maison individuelle, les nouveaux seuils d'émission de CO2 excluront de fait dès janvier 2022 "des systèmes utilisant exclusivement du gaz", selon le ministère. Une exception a été faite pour les permis de construire déposés avant le 31 décembre 2023, lorsqu'un permis d'aménager prévoyant une desserte en gaz a déjà été délivré pour la parcelle. Pour le logement collectif, la transition sera progressive entre 2022 et 2025.

Repenser les matériaux

Concernant la construction des bâtiments, les nouvelles normes doivent permettre de réduire les émissions du secteur "d'au moins 30% en 2031".

La transition sera "progressive vers des constructions bas-carbone, misant sur la diversité des modes constructifs et la mixité de matériaux". On utiliserait ainsi des matériaux qui stockent le carbone (bois et biosourcés) ou des matériaux géosourcés (comme la pierre de taille ou la terre crue), tout en conservant des matériaux plus courants aujourd'hui comme le béton, l'acier, ou la brique, mais à condition que leur mode de production soit adapté pour émettre moins de carbone.

Le gouvernement a prévu des clauses de revoyure "au fil de l'eau" avec les principaux acteurs, pour faire d'éventuels ajustements sur la base des données récoltées par un observatoire créé à cet effet. La RE2020 "c'est à la fois un risque et une opportunité", a commenté Alexis Rouque délégué général de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI), redoutant "des surcoûts qu'on a du mal à évaluer aujourd'hui". "La question c'est de savoir si on sera financièrement capables de la tenir", a renchéri Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale pour l'habitat (USH).

Les filières industrielles des matériaux de construction ont indiqué pour leur part être "sous le choc", redoutant "une logique de surconsommation de bois, au détriment d'une réflexion de fond relative à la conception des bâtiments, aux modes constructifs ou au mix matériau".

Avec AFP.

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