Abonnez-vous

à toute l'info durable !

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Education/Citoyenneté

Première journée de boycott à la consommation : les citoyens passent à l'action

©Denis Meyer/Hans Lucas/AFP

Dans le cadre d'une initiative citoyenne de boycott à la consommation, une première "journée sans achat" s'est tenue en France le 1er octobre. La naissance d'un mouvement qui devrait se poursuivre dans les prochains mois.

Hier s'est tenue la première journée du boycott citoyen organisé à la suite de la marche pour le climat du 8 septembre dont l'événement Facebook a rassemblé près de 25 000 participants. Un succès dont se réjouit Carol Galand, la journaliste à l'initiative de ce mouvement citoyen : "J'ai eu beaucoup de retours de la part de personnes qui se sentaient seules jusque là et qui étaient heureuses de pouvoir échanger, discuter et partager avec d'autres des astuces sur notre mode de consommation." Mais 25 000 personnes, cela n'est "pas encore suffisant pour avoir un impact sur le chiffre d'affaires des entreprises visées" tempère-t-elle.

Alors le mouvement continue. Chaque mois sera marqué par de nouvelles "journées sans achat". Et entre temps, chaque jour, le nom d'une nouvelle marque à boycotter sera publié. "L'idée est d'arriver à une sorte de liste noire d'ici Noël", précise la journaliste. La première cible identifiée est la marque Coca-Cola. En cause : "la sur-utilisation de plastique, le lobbying vers plus de plastique ou encore le gaspillage en eau", indique-t-elle. L'objectif est en effet de cesser d'acheter des produits vendus par des entreprises qui ont un impact négatif sur la planète ou des pratiques contraires aux droits humains. Parmi les prochains visés : des banques "irresponsables" (paradis fiscaux) ou encore des marques de vêtements. Pour les identifier, l'organisatrice du mouvement s'appuie notamment sur l'expertise d'I-Buycott, la plateforme de boycott, qui s'est jointe à elle pour organiser cette action citoyenne, ainsi que sur les rapports d'ONG telles que Greenpeace ou Oxfam entre autres. Jusqu'à quand ce boycott sera-t-il mené ? "Toujours, plaisante Carol, ou en tout cas tant que les entreprises ciblées n'auront pas réagi."

A quand des pratiques plus vertueuses ?

L'objectif premier est de faire changer les pratiques des entreprises. "Il faut que les entreprises et multinationales commencent à trouver des alternatives plus respectueuses de l'environnement et de l'être humain", s'alarme Françoise Schocron, ancienne mandataire judiciaire, qui a participé au boycott hier. Selon elle, l'argent est le "nerf de la guerre". "C'est le citoyen, le consommateur, qui détient l'argent. Il a le pouvoir de faire changer les choses. L'essentiel, c'est que l'on s'y mette tous."

Même analyse pour Marion Martinez, chargée de développement pour un label RSE, qui a également participé à l'action du 1er octobre : "S'il n'y a personne pour acheter, il faudra bien qu'ils (les entreprises - ndlr) fassent quelque chose. Je pense vraiment que notre carte bancaire, notre argent, c'est notre grand pouvoir. Le fait de ne pas acheter, de boycotter, c'est un message fort que l'on peut faire passer aux entreprises".

Partager des solutions

Mais, pour elle, le boycott ou "buycott, c'est-à-dire le fait de favoriser certaines marques ou produits, est une solution que l'on doit appliquer au quotidien. C'est la responsabilité de chacun." Elle évite les grandes enseignes telles que Carrefour ou Leclerc au profit de magasins jugés plus responsables dont Biocoop et La Vie Claire ou de circuits courts. Elle évite aussi certains produits (viande, poisson ou produits qui contiennent de l'huile de palme). Françoise privilégie elle aussi les produits locaux, surtout depuis qu'elle vit à la campagne. Autre avantage non négligeable : "les produits achetés au petit producteur sont meilleurs ! Ils sont d'une qualité incomparable !" ajoute-t-elle.

Outre l'aspect coercitif de l'opération, l'idée est aussi "d'essayer de faire changer les réflexes de consommation de chacun. Dans le fil de discussion de l'événement, certains partagent des alternatives ou des recettes. C'est comme cela que l'on va intéresser les gens." ajoute Carol Galand. Parmi les solutions proposées aujourd'hui comme alternatives au Coca-Cola : des marques locales ou encore le cola fait maison à base de zestes de citron et d'oranges, d'anis, de graines de coriandre, de vanille et de caramel ! De quoi trouver de nouvelles idées pour consommer autrement et faire valoir son pouvoir de consommateur.