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Education/Citoyenneté

La Convention Citoyenne sur le climat s'est ouverte aujourd'hui

L'hémicycle du palais d'Iéna accueille la première assemblée de la Convention Citoyenne pour le Climat.
©Marie Grain-Paolini

Cent-cinquante personnes tirées au sort réunies pour proposer des mesures de lutte contre le réchauffement climatique : une "expérience démocratique inédite" d'après Patrick Bernasconi, le président du Conseil économique, social et environnemental, qui s'est ouverte vendredi 4 octobre avec le lancement de la "Convention citoyenne pour le climat".

Mission affichée, proposer au gouvernement des mesures pour "réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 % d'ici à 2030 par rapport à 1990". Chaque membre ayant pris la parole lors de cette première rencontre avec les citoyens tirés au sort, a mis en évidence que c'était bien un objectif à dépasser. C'est au sortir du "grand débat" destiné à tirer les leçons de la crise des "gilets jaunes" qu'Emmanuel Macron avait avancé l'idée de cette Convention.

La convention s'est ouverte vers 14h dans les locaux parisiens du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Les citoyens tirés au sort ont pris place dans l'hémicycle du Palais d'Iéna, face au comité de gouvernance ainsi qu'à leurs garants. Ces garants ont été nommés : Cyril Dion, par le président du Conseil économique social et environnemental, Anne Frago, par le Président de l’Assemblée Nationale et Michèle Kadi, par le Président du Sénat. Ils ont la lourde charge d'accompagner les citoyens dans leur expérience démocratique, qui est pour la plupart d'entre eux une première. Leur présence est pensée pour faire en sorte d'empêcher toute appropriation et de garantir l'indépendance des mesures qui seront construites durant les six sessions de travail de la Convention.

Sur les coups de 16h, le Premier ministre Edouard Philippe s'adresse aux citoyens à ses côtés la ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, Elisabeth Borne. Il rappelle aux participants le but de l'exercice et la promesse d'agir pour la mise en œuvre de leurs propositions. Edouard Philippe s'adresse de manière décontractée à son auditoire et dit se "réjouir de la motivation" des citoyens qui représentent tous ceux qui "veulent s’engager dans l’élaboration des politiques publiques". Il met un point d'honneur à ce que cette intervention ne soit pas le signe de sa participation au travail démocratique naissant. "Vous n’entendrez presque plus parler du gouvernement pour la suite, vous êtes indépendants du gouvernement", a-t-il souligné. Il ajoute que c'est aussi vis-à-vis des lobbies qu'il est nécessaire d'être indépendant et qu'il va falloir, tout au long de ce processus, "faire la part des choses". Mais cela nécessite selon lui d'être aussi indépendant face à "ses propres présupposés". 

M. Macron s'était, en avril, engagé à ce que les mesures émergeant de la Convention soient soumises "sans filtre, soit au vote du Parlement, soit à référendum, soit (à) application réglementaire directe". À plusieurs reprises, cet engagement est repris, durant les échanges entre le Premier ministre et les citoyens : l'un d'entre eux demande à ce dernier de promettre que ce sera bien le cas. "Je ne peux pas vous promettre que toutes vos propositions vont être appliquées", répond-il, "ce que je peux vous garantir c’est que vos propositions, si elles sont validées (...) seront soumises à l’examen de l’Assemblée Nationale et du Sénat". Dans son rôle de garant, Cyril Dion en demande plus, le Premier ministre lui répond que le premier filtre est celui du Conseil Constitutionnel.

Cette semaine, nous vous avons demandé si vous estimiez que la Convention Citoyenne allait s'imposer au gouvernement :

Convention citoyenne : selon vous, va-t-elle vraiment s’imposer au gouvernement ?

Choix

Vous avez répondu par la positive à 34 %. Certains d'entre vous ont exposé de "légers doutes", mettant en évidence le fait que la convention n'est dotée d'"aucun rôle contraignant". Vous vous questionnez même sur son utilité, et au même titre que certaines ONG, sur les motivations de cette Convention. "Ne veulent-ils pas juste gagner du temps ?".

Du côté des citoyens tirés au sort, le ton n'est pas le même : Tristan, 25 ans, étudiant à Clermont, se sent privilégier de faire partie des 150 Français participant à cette Convention:  "parmi les Français, c'est nous qui sommes là". L''étudiant explique que c'est "conscience de la nécessité de faire changer les choses" qui l'anime. 

Pour Katy, qui a fait le voyage depuis les Ardennes, pas une hésitation : dès qu'elle a reçu l'appel, elle a accepté. "À plusieurs, peut-être qu'on va y arriver". De son point de vue, cette réunion de citoyens, "c'est pour une bonne action". Elle espère que les mesures seront prises en compte. 

"Changer collectivement"

Par souci de transparence, les mesures seront diffusées sur le site de la Convention, où sera également accessible la documentation fournie aux participants. "L'écologie c'est quelque chose pour lequel on est tous d'accord en général", estimait jeudi 3 octobre sur Public Sénat Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat à la Transition écologique. "Quand on rentre dans les détails, ça nécessite de changer de comportement. Certains changements de comportement sont faciles, d'autres sont difficiles, on l'a vu sur les transports par exemple. La question que l'on pose à la Convention c'est comment faire en sorte qu'on arrive à changer collectivement de comportement."

Pour garantir d'autant plus l'indépendance du processus, l'organisation a été confiée à un "comité de gouvernance", co-présidé par Thierry Pech, directeur de la fondation Terra Nova, et Laurence Tubiana, architecte de l'accord de Paris sur le climat. "Nous avons une paix royale, et je ne doute pas que ça va continuer", assure M. Pech à propos des relations avec l'exécutif.

Un procédé démocratique novateur qui ne fait pas l'unanimité 

Mme Wargon a de son côté dit "croire que le président souhaite avoir l'occasion de rencontrer ces citoyens, mais pas forcément le week-end d'ouverture". Ce modèle de "convention citoyenne", inédit en France, a par exemple été utilisé plusieurs fois en Irlande, débouchant notamment sur les référendums sur la légalisation de l'avortement ou le mariage pour tous. Mais la démarche ne convainc pas nombre d'ONG, qui estiment que l'exécutif en profite pour ne pas assumer ses responsabilités. "La profusion de déclarations et d'instances est la parfaite illustration des manoeuvres dilatoires du gouvernement," dénonce ainsi Greenpeace.

Et dans une tribune publiée sur le site Reporterre, des associations, dont des membres d'Extinction Rebellion, mouvement qui appelle à des actions de désobéissance civile dans la semaine qui vient, a fustigé "des dispositifs (qui) ne proposent que des mesurettes ou des promesses lointaines et jamais tenues (et) ne servent qu'à gagner du temps".

Avec l'AFP

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