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Japon : quand les intelligences artificielles se joignent à la lutte contre le harcèlement scolaire

©Rawpixel.com/Shutterstock

C’est une première au Japon : dans la ville d’Otsu, une intelligence artificielle agira en renfort des professionnels de l’éducation afin de lutter contre le harcèlement scolaire. 

La maire de la ville d'Otsu au Japon, Naomi Koshi, s'est exprimée au début de l'année, déclarant que les écoles devaient "agir fermement contre le harcèlement, sans compter seulement sur l’expérience des professeurs, mais en recourant aux analyses de données d’une intelligence artificielle". L’information a été relayée par le quotidien Japan Times. Une intelligence artificielle a donc été mise au point par la société Hitachi Systems Ltd, avec qui la ville a passé un accord le 22 mars, pour aider à lutter contre le harcèlement scolaire.

Mettre en lumière certaines tendances propres aux situations de harcèlement scolaire

L’algorithme élaboré aura pour fonction d’analyser une série de données communiquées par les établissements scolaires de la ville, afin de révéler "les caractéristiques des harcèlements afin d’aider les professeurs à identifier des cas dans leurs classes" comme l’affirme Naomi Koshi. 

L’IA étudiera ainsi plus de 9000 cas de harcèlements – avérés ou suspectés – répertoriés durant ces six dernières années à Otsu. Les éléments à l’étude incluront l’âge des victimes et des harceleurs, leur sexe, leur niveau scolaire, leur taux d’absentéisme ainsi que les lieux et les dates des agressions. Les tendances décelées à partir de ces informations seront ensuite communiqués aux enseignants lors de séminaires. 

Grâce à cette analyse théorique des données du passé, nous serons capables d’apporter une meilleure réponse à ces situations et de ne plus seulement nous appuyer sur l’expérience de chaque professeur." Naomi Koshi (propos recueillis par le Japan Times)

Cette décision s’inscrit dans une situation d’urgence : 20minutes rapporte qu’en 2017, 410 000 cas de harcèlement scolaires ont été répertoriés dans les écoles primaires et les collèges japonais. En 2011, un jeune garçon de 13 ans harcelé par ses camarades s’était suicidé à Otsu.