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Fin du monde et fin du mois, même combat !

©Digital Storm/Shutterstock

Qui n’a pas été interpellé par cette affirmation, comme un cri du cœur, "vous pensez à la fin du monde pendant que d’autres ne pensent qu’à la fin du mois" ? Un couperet et une division de plus entre ceux qui galèrent et ceux qui donnent des leçons, ou ceux qui regardent ailleurs et ceux qui font ce qu’ils peuvent, selon d’où on se place. C’est une opposition dans laquelle il ne faut pas tomber car, si tout part, a priori, d’un constat parfaitement légitime, la réalité de ce que les acteurs de la transition proposent pour un modèle de société durable est une solution pour la fin du mois, et la fin du monde.

Il y a de quoi être frappé par la violence de certains propos en réaction à plusieurs initiatives. La dernière en date, le Lundi Vert, est symptomatique. Cette idée venue des Etats-Unis est portée en France par un groupe d’universitaires qui proposent de ne plus manger de poisson et de viande le lundi pour amorcer une transition alimentaire. Les réactions pour ceux qui ne peuvent en manger ni le lundi, ni les autres jours de la semaine n'ont pas tardé.

S’il n’est pas question d’ignorer cette précarité alimentaire insupportable qui touche près de 10 % des Français ( la viande étant d’ailleurs davantage consommée par les ouvriers que les cadres d’après le CREDOC cité par Le Monde ), on peut s’interroger sur cette réaction légitime lorsque l’on parle d’un quotidien saturé de contraintes, de manques et de frustrations. La question est de savoir comment réconcilier des ambitions qui ont tout en commun. Il faut donc rappeler encore et encore dans quelle dynamique ces initiatives durables s’inscrivent, nous avons, en tant que média spécialisé, cette responsabilité de donner plus de profondeur et de relief à ces innovations.

Sauver la planète (et l’humanité) loin des caricatures

De très nombreuses initiatives pour une transition environnementale, sociétale et sociale s’inscrivent dans le concept de développement durable dont les contours avaient été posés par l’ex Première Ministre de Norvège, Gro Harlem Brundtland : "un développement durable doit répondre à nos besoins présents, sans que cela empêche les générations du futur de répondre aux leurs".

On identifie désormais trois piliers au développement durable :

  • l’efficacité économique
  • l’équité sociale
  • la qualité environnementale

On parle ainsi de transition écologique, sociale et sociétale, avec cette ambition de tendre vers une société plus juste, apaisée au sein d’un environnement respecté et de qualité. L’économie sociale et solidaire s’inscrit d’ailleurs dans cette vision de la société en proposant une économie vertueuse, porteuse de valeurs partagées avec, en première ligne, des associations, des coopératives, des entreprises sociales...

Des exemples nombreux de solutions concrètes

Il existe une quantité insoupçonnée de solutions imaginées par des acteurs de la transition sociale et solidaire qui vont dans le sens de nombreuses revendications. Arrondi solidaire, circuits-courts de l’emploi ou de l’alimentation, zones zéro chômeurs, réseau d’achats bio, bistrots solidaires, civic tech….

Et au-delà des exemples, les suggestions de changements d’habitudes au quotidien sous-tendent systématiquement des économies, une reprise de leur destin par les citoyens que l’on parle seconde mains, zéro déchet, réparation, do it yourself…

Sans simplifier ce débat, il devient urgent d’informer sur la réalité des enjeux d’une transition durable pour tous, car se battre pour éviter la fin du monde, c’est aussi se battre pour de meilleures fins de mois.

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