Education/Citoyenneté

Et si les jeunes faisaient bouger nos dirigeants sur le climat ?

©UNFCC COP24 / Screenshot

Elle fait parler d'elle depuis quelques semaines, et sa démarche maintenant incite d'autres jeunes à faire de même. La suédoise Greta Thunberg, 15 ans, est bien déterminée à convaincre nos dirigeants à changer la donne sur le climat.

"Nos dirigeants se comportent comme des enfants, alors nous n'avons pas le choix que d'endosser les responsabilités qu'ils auraient du prendre il y a bien longtemps" a déclaré cette jeune adolescente le 4 décembre dans le cadre d'une conférence qui s'est déroulée à la COP24, en Pologne. "Aucune politique ne peut changer cela pour l'instant. Aucune politique ne laisse le pétrole dans le sol. Nous ne pouvons sauver le monde en respectant les règles actuelles, car les règles doivent changer" a-t-elle encore ajouté en prenant la parole aux côtés de du secrétaire général de l'ONU, António Guterres.


Une obsession

Déterminée, la jeune activiste a fait parler d'elle pour sa manière de prendre position : touchée par les incendies qui ont eu lieu dans son pays, la jeune suédoise a décidé de faire le pied de grue devant le parlement suédois jusqu'à la tenue des élections, le 9 septembre. Depuis, elle s'y rend tous les vendredis en continuant à exiger que le gouvernement réduise ses émissions de CO2 conformément aux exigences de l'accord de Paris, signé en décembre 2015 lors de la COP21.

Usant des hashtags #Klimatstrejka, #ClimateStrike et #FridaysforFuture sur son fil twitter, elle a aussi participé à la mobilisation climat organisée devant de le parlement européen à Bruxelles et lors de la manifestation organisée à Londres fin octobre.

Début Octobre, le NewYorker relayait déjà son action en revenant sur ses racines familiales (son père Svante Thunberg est acteur et sa mère, Malena Ernman, une chanteuse d'Opéra renommée) et le livre publié par sa mère au sujet de ses filles, toutes deux atteintes d'autisme, du syndrome Asperger. "Aujourd'hui, la mobilisation de Greta sert un double message" estime Masha Gessen pour le New Yorker, "cela attire non seulement l'attention sur le changement climatique, mais aussi sur le potentiel politique des différences neurologiques".

Je vois le monde autrement, avec une autre perspective. Je fixe mon attention sur un sujet en particulier. C'est commun avec les personnes comme moi !"

Greta Thunberg focalise donc son attention sur le changement climatique depuis l'âge de neuf ans. "On nous demandait sans cesse d'éteindre les lumières, d'économiser l'eau, de ne pas gaspiller la nourriture, etc. Mais on m'a expliqué que cela était lié au changement climatique je n'ai pas compris pourquoi on ne parlait pas que de ça" a encore expliqué la jeune femme au journal Américain. Depuis, elle n'a eu cesse de lire sur le sujet, de convaincre ses parents de cesser de prendre l'avion, de se déplacer en vélo, et d'installer des panneaux solaires sur le toit de leur maison... Mais le combat est désormais politique à ses yeux, alors qu'elle estime que son pays n'est pas le pays modèle qu'on veut bien croire...

Un effet boule de jeunes ?

En attendant, sa mobilisation fait mouche : plusieurs jeunes du monde entier la suivent et des milliers d'étudiants l'ont copiée en manifestant, en Australie notamment, il y a quelques jours :


Là où la jeune fille entamait une "protestation solitaire pour le climat", elle est maintenant suivie par des jeunes de 270 villes dans le monde, en Australie donc, mais aussi au Royaume Uni, en Belgique, aux Etats-Unis et au Japon explique le Guardian.
En France dans les marches pour le climat de septembre et octobre, il y avait déjà beaucoup de jeunes. Alors qu'une nouvelle marche doit se tenir ce samedi 8 décembre, de jeunes Français vont-ils bientôt se mettre à faire la grève d'école pour inviter le président Macron et son gouvernement à agir - et ce alors que le G20 et les manifestations des gilets jaunes les "empêchent" de se rendre à la COP24 en Pologne...? Il s'agit assurément d'une affaire à suivre de près chers dirigeants...