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Culture

A la découverte du duo d'agriculteurs-rockeurs d'Inspector Cluzo

Cela fait quelques années qu'on entend parler d'eux dans les Landes : le groupe Gascon, qui partage son temps entre tournées internationales et gavage d'oies, aime jouer l'hybridation entre culture et agriculture.

Formé il y a dix ans par Laurent Lacrouts et Mathieu Jourdain, le groupe de rock Inspector Cluzo a très vite connu un grand succès à l'étranger, notamment en Asie. Aspect original dans leur démarche : ils travaillent en toute indépendance, de l'enregistrement à l'édition, de la diffusion à la programmation. Mais ce n'est pas tout : les deux landais, originaires de Mont de Marsan, ont racheté une ferme en 2013, Lou Casse ("Le chêne" en Gascon) dans laquelle ils élèvent des oies et cultivent le sol en agriculture biologique.

En 2015, le documentariste Yan Sourigues a suivi le duo pendant un an. Il en a sorti le documentaire suivant, dans lequel on est saisi par la démarche aussi rock qu'ancrée du duo Gascon :

Alors qu'ils viennent de sortir un nouveau titre, ils étaient il y a peu à la rédaction de Sud-Ouest, où ils ont répondu aux questions des lecteurs et donné un concert acoustique. De quoi comprendre leur démarche, leur ancrage local, leur façon de partager leur vision de la richesse et du "penser global agir local":

Le magazine de "La Ruche qui dit Oui" leur a aussi consacré un petit reportage la semaine dernière, dans lequel le duo revient en détail sur son rapport au terroir :

On l’a peut-être oublié, mais le blues, comme le rock, vient de la pulsation de la terre. C’est une musique tout ce qu’il y a de plus organique ! D’ailleurs, les bluesmen outre-Atlantique étaient souvent fermiers. Quand on y réfléchit, c’est cohérent, tout est inextricablement lié. L’énergie que nous procure le vivant est le terreau de notre musique."

On le comprend, dans leur démarche l'essentiel est de rester libre et leur double autogestion artisanale "est un fabuleux pied de nez à l’industrialisation du disque et de l’alimentation qu’ils ont choisi de court-circuiter" souligne Marie Cochard pour la Ruche qui dit Oui.

Si dès le départ, nous avions accepté de signer avec une maison de disque, nous n’aurions jamais pu jouer en Afrique ou en Inde… La raison est simple, les groupes sont envoyés dans des zones où ils peuvent vendre du disque. Nous, ce qui nous intéresse, c’est de parler au plus grand nombre. Alors on fait tout nous-mêmes. C’est pareil avec nos produits, on aurait pu accepter de tout vendre à des chefs étoilés, Philippe Etchebest qui est venu casser la croûte à la ferme nous l’a demandé, mais on préfère gâter les pépés et mémés du coin, qui ont connu ce goût quand ils étaient gamins !"

En réalité, on comprend à les entendre et à les lire qu'ils avancent surtout en roue libre sur la route de leurs envies. Puisse leur démarche toucher en effet le plus grand nombre !