Conso

Une enquête épingle les plats préparés des grands chefs

©Adisa/Shutterstock

Huile de palme, additifs controversés, sucres ajoutés... Une enquête de France Info et de l'ONG Foodwatch révèle l'envers des recettes des plats préparés des chefs étoilés. 

Ils s'appellent Thierry Marx, Thibaut Sombardier ou encore Michel Sarran. Tous sont chefs étoilés et affichent leur sourire sur des emballages de plats préparés, fruits de partenariats avec des marques de grande distribution. Mais cette signature est loin d'être un gage de qualité, révèle une enquête de France Info et de l'association de défense des consommateurs FoodWatch, qui ont passé au crible les recettes d'une soixantaine de plats cuisinés signés par de grands chefs. Pour un résultat "mitigé". 

Des recettes peu "ragoûtantes"

Premier constat de cette enquête : la présence, dans un certain nombre de plats du panel, d'ingrédients "controversés", qu'il s'agisse d'un additif classé rouge - soit à "éviter le plus possible", précise France Info - dans les pâtes Lustucru de Thibault Sombardier, de nitrites de sodium  - conservateur "probablement cancérogène"- dans le foie gras Casino Délices par Michel Troigros et le Fleuron de canard Fleury Michon de Joël Robuchon, ou encore d'huile de palme ou de sucres ajoutés. "Quand on s'intéresse de près à la composition de certains des produits auxquels les chefs prêtent leur image, on s'aperçoit que la recette est loin d'être ragoûtante", résume ainsi Ingrid Kragl, directrice de l'information de Foodwatch. 

Peu de valeur ajoutée 

Mais la démonstration ne s'arrête pas là. L'ONG pointe également "un fossé entre la promesse et ce qu'on vous vend", prenant notamment l'exemple de la bouteille de poudre fraise basilic Feed de Thierry Marx, qui ne contient pas de fruits frais, contrairement à ce que laisse entendre le marketing du produit, ou du "petit cornichon français à l'estragon" de Marc Veyrat pour Le Jardin d'Orante, dont la teneur en estragon n'est que de 0,4 %. 

Ce décalage se retrouve également au niveau de la qualité nutritionnelle de ces produits, qui ne présenteraient "aucun avantage particulier en termes de nutrition" par rapport aux autres plats du même type, estime Serge Hercberg, professeur de nutrition et concepteur du Nutri-Score. Selon les estimations de Foodwatch, seuls 24 des 65 produits de l'échantillon obtiendraient d'ailleurs une bonne note de qualité nutritionnelle (A ou B), les autres oscillant entre le jaune (C) et les rouge vif (E).