CHRONIQUE CONSO

Produits jetés pour cause de date de péremption dépassée ? Sauvez-les !

©Maksym Azovtsev/Shutterstock

Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, on peut attendre que la loi change et allonge les dates de péremption sur les emballages. On peut aussi, sans attendre, consommer certains produits pourtant considérés comme périmés.

L’entreprise To Good To Go et la Fédération France Nature Environnement (FNE) viennent de publier un livre blanc intitulé "Les dates de péremption, une idée dépassée ?". Le document préconise notamment d’allonger les dates de péremption pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Une suggestion qui n’a rien d’anecdotique. En France, ce gaspillage s’élève à 10 millions de tonnes par an et coûte 16 milliards d’euros. La gabegie a lieu tout au long de la chaîne de production, mais 33 % se passe dans nos foyers. Et 20 % de ce gaspillage dont les consommateurs sont responsables est lié aux dates de péremption : des produits intacts sont jetés car la date de péremption est dépassée. Or, beaucoup de ces aliments peuvent être sauvés. Et pas besoin d’attendre que la loi change pour cela.

Faire la différence entre DLC et DDM

La date limite de consommation (DLC) signale les denrées qui se conservent en général au frais : charcuteries, viandes fraîches, plats cuisinés… Elle est assortie de la mention "À consommer jusqu’au…". On peut exceptionnellement faire confiance à son nez pour la déjouer. Pour savoir si le lait a tourné ou pas, par exemple, la méthode basique de l’odorat est vraiment fiable. En ce qui concerne les yaourts, vous trouverez des conseils plus bas. Pour le reste, ne jouons pas avec le feu et encore moins avec la listériose et respectons donc les ordres de la DLC. Et quand on la voit approcher, hop, glissons l’aliment l’aliment au congélateur au lieu de le jeter. On le consommera aussitôt à sa sortie.

La date de durabilité minimale (DDM qui remplace la date limite d’utilisation optimale, DLUO) est juste une indication. Elle est suivie de la mention "À consommer de préférence avant le…". On la trouve sur les aliments secs (farine, café, thé, légumes secs, biscuits…), les huiles. Une fois dépassée la DDM, certains aliments peuvent perdre leurs qualités (un peu d’arôme, de vitamines ou de goût). Mais ils restent parfaitement comestibles.

Le test de l’œuf dans l’eau

Les œufs sont une exception. Ils ne sont soumis ni à la DDM, ni à la DLC mais à une " date de consommation recommandée" (DCR) de 28 jours. Ils peuvent se conserver au-delà, en particulier si on les garde dans le frigo. Le truc pour savoir si on peut encore les faire frire ? Les plonger dans l’eau. Si l’œuf flotte, c’est qu’une poche d’air s’est formée à l’intérieur et qu’il n’est plus comestible.

Les yaourts "mais pas mauvais après"

En juin 2017, 60 Millions de Consommateurs a testé une soixantaine de yaourts (des fermes, des nature brassés, aux fruits en morceaux, aux fruits mixés, des aromatisés, des laits fermentés) dont la DLC était dépassée jusqu’à trois semaines. Tous étaient encore comestibles ! Le magazine a pris en compte la flore bactérienne et le pH. Ce dernier varie de façon imperceptible. Les bactéries lactiques restent dans les valeurs réglementaires et aucune souche pathogène n’a été détectée. Le magazine prévient cependant : "Attention, cette étude vaut uniquement pour les yaourts, pas pour les desserts lactés (mousses ou crèmes au chocolat, liégeois, etc.). Et à condition qu’ils aient été conservés bien au frais. De plus, il faut toujours respecter les règles de prudence : éviter de manger un yaourt qui semble altéré, avec un opercule gonflé, une mauvaise odeur ou des traces de moisissure par exemple."

En Norvège, les plus gros acteurs de l’industrie laitière n’ont pas attendu cette étude pour conseiller à leurs clients de déguster les yaourts au-delà de la date limite. A côté de la date de péremption, ils inscrivent sur les emballages depuis 2017 "mais pas mauvais après".

Chocolat avec taches mais toujours bon

On a tous vu surgir avec désappointement des taches blanchâtres sur nos tablettes de chocolat. Ce phénomène s’explique par la migration puis la cristallisation du beurre de cacao en surface. Il est lié au temps ou à un coup de chaud. Peut-on encore se régaler d’un chocolat ainsi tacheté ? Incontestablement. D’autant que gaspiller du bon chocolat s’apparente à un péché mortel.

Aliments ramollis, hop au four

À oublier une boîte de gâteaux secs ouverte au fond d’un placard humide, on risque un ramollissement des biscuits autrefois délicieusement craquants. Rien ne vous condamne à les manger tristes et mollassons pour éviter le gaspillage. Après quelques minutes au four, ils redeviendront irrésistiblement croustillants.

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