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Logement : qu'est-ce que la rénovation "passive" pour économiser l'énergie ? 

Près d'un logements sur deux en Île-de-France, trop énergivores.
©JOEL SAGET/AFP

Construire ou rénover un logement en l'isolant suffisamment pour qu'il n'ait pas besoin de chauffage ou de climatisation, telle est la promesse de l'habitat dit "passif", permettant des économies d'énergie. Mais si l'idée séduit, les freins pour les particuliers restent financiers.

Au dernier étage d'un immeuble dans une petite rue du 10e arrondissement de Paris, un studio duplex a été refait à neuf. Inoccupé au moment de la visite, il y fait pourtant bon, malgré une température extérieure d'à peine 10°C. L'appartement traversant dispose de deux fenêtres, l'une exposée au nord et l'autre au sud. En parcourant la pièce du regard, on ne voit pas de radiateur, excepté un chauffe-serviettes froid au toucher. Seul un rayon de soleil, filtré par un rideau gris, pénètre dans le logement.

Triple vitrage, isolation complète, étanchéité...

La rénovation "passive" de ce logement permet d'y conserver la chaleur, même de nuit : fenêtres en triple vitrage, isolation complète des murs et conception d'étanchéité à l'air ont permis au propriétaire de ce duplex de se passer de chauffage l'hiver et de climatisation l'été.

Quelques semaines par an, un chauffage d'appoint peut toutefois être nécessaire. Mais, selon Jonathan Louis, ingénieur bâtiment durable et coordinateur innovation à l'Agence de la transition écologique (Ademe), l'habitat passif permet bel et bien "un effondrement" de la consommation de chauffage, avec une facture maximale de "200 à 250 euros par an". En matière de confort thermique, "c'est ce qui se fait de mieux", note-t-il.

17 % de passoires thermiques

La performance énergétique d'un tel logement est "dix fois supérieure à celle des autres constructions et trois fois supérieure à la réglementation" du neuf, relève Victor Hoppe, responsable technique de l'association La Maison passive. Il est également possible de rénover l'habitation par sa façade extérieure, en l'entourant d'une enveloppe ininterrompue lui permettant d'éviter les ponts d'air et donc les fuites d'énergie et de chaleur.

En France, 17 % des logements sont des passoires thermiques (leur diagnostic de performance énergétique les classant F ou G), relevait en 2020 le service des statistiques du ministère de la Transition écologique, ce qui traduit un besoin urgent de rénover l'existant. Pour Ivan Baudouin, président de La Maison passive, cette logique "passive" est finalement "à la croisée des chemins" entre crise énergétique - qui implique une moins forte dépendance de la France aux autres États- et nécessité de transition écologique.

L'association déplore toutefois que le montant alloué par le gouvernement à l'aide à la rénovation MaPrimeRénov' ne s'élève qu'à 2 milliards d'euros annuels, contre 24 milliards pour le bouclier tarifaire sur l'énergie. "La rénovation est un investissement", quand le bouclier tarifaire n'est qu'une solution temporaire ne permettant pas à la France d'être "moins dépendante" énergétiquement, note M. Baudouin.

Normes "préhistoriques"

"Depuis 30 ans, on sait faire" mais les normes ne suivent pas, déplore-t-il. Au fil des années, les règlementations environnementales pour les logements neufs évoluent, mais restent loin des standards du passif. "On souhaite que ce soit demain" que le passif devienne la norme, "pas dans 20 ou 30 ans" comme le laisse penser la dynamique actuelle, mais "les règles actuelles pour l'existant sont préhistoriques", selon M. Baudoin. Conséquence, quand on rénove, "on le fait souvent mal" en changeant fenêtres ou mode de chauffage, mais sans isoler autour.

En outre, de nombreux clients constatent qu'ils sont obligés d'avancer l'argent pour bénéficier du versement de MaPrimeRénov', certains abandonnent donc leur projet. Une rénovation passive est aussi complexe et contraignante. "Pour une maison [moyenne], la somme des petits trous ne doit pas dépasser la taille d'une balle de ping-pong ou de tennis" au maximum, rappelle Jonathan Louis. Le coût d'un chantier passif est alors plus élevé, en moyenne 5 % supérieur à un chantier classique, selon La Maison passive.

Le traitement parfait de l'étanchéité du logement, entre autres, fait qu'il est "forcément beaucoup plus cher" de rénover un bien de manière passive, note Jonathan Louis. Pour lui, le label "BBC Rénovation" (Bâtiment basse consommation, norme obligatoire pour les logements neufs) peut représenter un "bon optimum", en limitant l'étanchéité à l'air et la consommation énergétique.

Avec AFP. 

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