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Une salle de bains « zéro déchet » : mode d'emploi

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Disques de coton, protections périodiques, lingettes, coton-tiges… Comment réduire le volume de nos poubelles de salles de bain ?

Dans la salle de bains, nos habitudes quotidiennes riment souvent avec poubelle pleine : se démaquiller avec des disques de coton ou des lingettes, utiliser des tampons ou des serviettes hygiéniques, se nettoyer les oreilles avec des coton-tiges… Ces produits jetables finissent par représenter une part importante de nos déchets ménagers. Ainsi, rien que pour les « textiles sanitaires », lingettes et couches pour bébé notamment, nos poubelles grossissent de 34 kg par an et par habitant, d'après l'Ademe.

Adieu lingettes

Ces lingettes, qui se déclinent en démaquillant, antiseptique, nettoyant, etc, sont utilisées par 4 foyers français sur 10, à raison de 7 lingettes par semaine en moyenne. Impossibles à recycler, elles ont aussi la fâcheuse habitude d'être jetées dans les toilettes : elles se trouvent alors coincées dans les filtres des stations d'épuration et obligent les agents à intervenir régulièrement pour éviter que les pompes ne soient bouchées.

Les lingettes « bio-dégradables » ont quant à elles été épinglées par l'UFC-Que Choisir : quand elles finissent en décharge ou dans les toilettes, aucune bio-dégradation à l'horizon… Leur fabrication nécessite également une grande quantité d'eau. Les experts de l'Ademe recommandent donc de privilégier les traditionnels gants de toilette ou les lingettes lavables qu'il suffit de nettoyer après utilisation.

Les coton-tiges dans le viseur de la loi

Ces lingettes lavables peuvent aussi remplacer les disques de coton : une utilisation moyenne de 6 disques par jour, cela représente 2000 ronds de coton par personne chaque année, impossibles à recycler une fois imbibés de produits cosmétiques. Des alternatives plus durables existent : les disques à démaquiller en tissu, lavables, se trouvent désormais facilement dans le commerce et on peut même les fabriquer à la maison.

Pour les coton-tiges, la question a été réglée par la loi biodiversité de juillet 2016 : la vente de coton-tiges en plastique sera interdite à compter du 1er janvier 2020. En effet, leur tige, souvent jetée dans les toilettes, pose de gros problèmes environnementaux : lors des Initiatives océanes de 2016, une opération de nettoyage des plages organisée par l'ONG Surfrider, 16 000 bâtonnets de coton-tiges ont été ramassés, soit plus de 3 fois la hauteur de la Tour Eiffel… Le plastique des coton-tiges devra, dès 2020, être remplacé par du papier biodégradable qui se décomposera dans l'eau.

Changer de protection… pour la planète ?

Reste encore un poids lourd dans nos poubelles : chaque femme jette environ 150 kg de protections périodiques au cours de sa vie. Tampons et serviettes hygiéniques ont également été accusés de contenir des résidus de pesticides. Les coupes menstruelles ont donc le vent en poupe : composées de silicone, elles sont réutilisables après un bon nettoyage. Pour les adeptes du naturel, l'éponge de mer peut être une solution, comme la méthode du « flux instinctif » vantée par une poignée de femmes qui affirment pouvoir contrôler l'évacuation du sang par le mental… Il va falloir un peu d'entraînement.