CHRONIQUE CONSO

Le marché de la fripe dépassera celui de la fast fashion en 2028

©Thred Up

Chaque année depuis 2013, le site américain Thred Up — plateforme de vente de mode entre particuliers —, publie un rapport sur le marché des vêtements de seconde main. Voici quatre enseignements à en tirer.

1. Les fripes, c’est de plus en plus chic

L’achat de fringues de seconde main n’est plus réservé aux seuls fauchés ou aux modeux à la recherche d’un look décalé. C’est en train de rentrer dans les mœurs. Et ça n’est que le début. Selon Thred Up, le marché des vêtements d’occasion pesait 24 milliards de dollars (21,2 milliards d’euros) en 2018, aux États-Unis (contre 11 milliards de dollars, soit 9,72 milliards d’euros, en 2012). Il devrait atteindre 51 milliards de dollars (45 milliards d’euros) en 2023. Il n’existe pas de chiffres aussi précis pour la France. Mais tout porte à croire que la courbe de croissance est aussi jolie. L’Institut France de la Mode (IFM) évalue le marché hexagonal à un milliard d’euros et avance que 30 % des Français ont acheté un vêtement d’occasion en 2018, contre moitié moins en 2010.

2. Les jeunes tirent le marché vers le haut

Ceux qui se convertissent le plus rapidement à cette tendance ? Les jeunes. Dans l’étude de Thred Up, les millennials (25-37 ans) sont le groupe de tête parmi les consommateurs de seconde main (ils forment 33 % du total). Et ils sont 37 % de plus que deux ans auparavant ! Quant aux 18-24 ans, qui composent 16 % du total, ils sont 46 % plus nombreux qu’en 2017.

3. C’est sur le net que ça se passe

Il y a des applications pour vendre et acheter tout le temps et partout, des algorithmes pour identifier et mettre en valeur les vêtements les plus demandés… Internet joue désormais un rôle considérable dans le secteur pour atteindre de nouveaux clients et faire se rencontrer l’offre et la demande. En France, le succès de l’application Vinted en est un exemple frappant. Selon le magazine Challenges, "en quelques mois, ce site a attiré 21 millions de membres, dont huit millions en France où son succès est viral. Selon Médiamétrie, 1,5 million de visiteurs le consultent quotidiennement, ce qui le place dans le top 5 du e-commerce, pas très loin d’eBay." Encore une fois, les jeunes sont en première ligne. "En juin 2018, une étude de Kantar TNS montrait que 40 % des 18-24 ans fréquentaient Vinted, presque autant que Cdiscount et Rakuten (ex-PriceMinister)", peut-on lire dans le magazine.

4. Le seconde main, bientôt plus fort que la fast fashion ?

C’est l’info choc mise en avant par Thred Up : en 2028, le marché du seconde main devrait être plus lourd que celui de la fast fashion. Le premier représente aujourd’hui 6 % des achats mode des Américains, quand les enseignes de la Fast Fashion atteignent 9 %. En 2028, le seconde main devrait peser 13 % des achats, quand la fast fashion en serait à 9 %. Le chiffre d’affaires de l'occasion devrait grimper à 64 milliards de dollars (56,5 milliards d’euros). Une bonne nouvelle ? Bien sûr. Mais qui ne doit pas masquer le fait que le marché de la fast fashion va continuer à croître, passant de 35 milliards de dollars (30,9 milliards d’euros) en 2018 à 44 milliards de dollars (38,85 milliards d’euros) en 2028. Et pas folle, l’industrie de la fast fashion commence déjà à surveiller la tendance. En 2017, H&M a investi deux millions d’euros (via son fonds H&M Co/Lab) dans la société suédoise de seconde main Sellpy, selon LaLibre.be. La course entre fripes et fast fashion ne fait que commencer.

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