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Le dioxyde de titane (additif E171) sera interdit dans les denrées alimentaires en France à compter de 2020

©Natalia Danchenko/Shutterstock

C'est désormais une certitude : le ministère de la Transition écologique et solidaire confirme dans un communiqué que l'additif E 171 sera interdit dans les denrées alimentaires en France à partir du 1er janvier 2020. 

Le 15 avril dernier, Europe 1 nous indiquait que selon ses informations, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, s'apprêtait à interdire l'additif controversé dans l'industrie agro-alimentaire, après avoir tout juste reçu le rapport de l'agence de sécurité sanitaire des aliments (ANSES). Plusieurs associations de défense de l'environnement et de la santé publique avaient déjà affirmé début janvier avoir obtenu de Bruno Le Maire cet engagement. C'est aujourd'hui confirmé. 

Dans un communiqué publié le 17 avril, le ministère de la Transition écologique et solidaire précise qu'après avoir pris connaissance de l’avis sur l’additif alimentaire E171 (dioxyde de titane) que leur ont remis lundi 15 avril l'ANSES, François de Rugy, Bruno Le Maire et Brune Poirson "ont décidé, par précaution, d’interdire la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant cet additif dès le 1er janvier 2020". 

Selon le ministère, l’ANSES souligne dans son avis "que l’évaluation des risques liés à l’emploi de cet additif souffre toujours d’un manque de données que les metteurs sur le marché et fabricants de cet additif auraient dû fournir, ce qui ne permet pas de répondre aux recommandations formulées par les agences d’évaluations et de lever les incertitudes résiduelles pour garantir la sécurité de l’utilisation de cet additif". 

Pour rappel, les nanoparticules de dioxyde de titane, classées comme cancérogènes probables par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 2006, se retrouvent notamment dans des bonbons, des chocolats, des chewing-gums, des compléments alimentaires, dans deux tiers de nos dentifrices et dans des produits pharmaceutiques. Une étude des chercheurs de l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique) publiée en janvier 2017 s'est intéressée aux effets d’une exposition orale au dioxyde de titane, en confiserie notamment.

Elle montre "pour la première fois chez l’animal (le rat) que le E171 pénètre la paroi de l’intestin et se retrouve dans l’organisme. Des troubles du système immunitaire liés à l’absorption de la fraction nanoparticulaire de l’additif ont été observés. (...) L'Inra indiquait alors que "ces résultats témoignent d’un effet initiateur et promoteur des stades précoces de la cancérogenèse colorectale, sans toutefois permettre d’extrapoler ces conclusions à l’Homme et pour des stades plus avancés de la pathologie." Selon Europe 1, le rapport de l'ANSES tout juste reçu par Bruno Le Maire ne contredirait pas celle de l'INRA.

En juin 2018, des confiseurs et des industriels s'engageaient à ne plus utiliser cet additif alimentaire controversé, d'ici début 2020.