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Santé

Confiseurs et industriels s'engagent à bannir le dioxyde de titane des bonbons

Les confiseurs et les industriels ont signé mardi 19 juin une charte dans laquelle ils s'engagent à trouver une alternative au dioxyde de titane.
©Tatyana Vyc/Shutterstock

La fin du dioxyde de titane ou E171 dans les bonbons est désormais actée par les professionnels : les confiseurs et les industriels se sont engagés mardi 19 juin à ne plus utiliser cet additif alimentaire controversé pour ses effets potentiellement cancérogènes.

Le syndicat des Confiseurs de France a signé mardi 19 juin une charte dans laquelle il s'engage à ce que 100 % des industriels bannissent l'E171, une nanoparticule qui blanchit les bonbons et les rend lisses, d'ici début 2020. Selon le syndicat, 90 % des confiseurs ne l'utilisent déjà plus. Les Confiseurs de France s'engagent également d'ici là à développer des recettes "sans sucre, à teneur réduite en sucre, sans gluten, vegan, avec des arômes et des colorants naturels" ou encore bio. Ils promettent aussi des restrictions en termes de publicité TV, dans la presse, sur Internet et à proximité des écoles.

Un additif controversé

Les nanoparticules de dioxyde de titane, classées comme cancérogènes probables par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 2006, se retrouvent dans des bonbons, des chocolats, des chewing-gums, des compléments alimentaires, et même des dentifrices et des produits pharmaceutiques. Elles sont au cœur d'une véritable controverse et le gouvernement a indiqué vouloir interdire leur utilisation d'ici la fin de l'année dans tous les produits alimentaires. En février dernier, les pouvoirs publics français ont d'ailleurs demandé à la Commission européenne"de suspendre l’utilisation du dioxyde de titane et de réévaluer ses impacts". Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, a ajouté que l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) avait été saisie et qu'elle rendrait un nouvel avis d’ici l’été 2018.

Des études à poursuivre

Une étude des chercheurs de l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique) publiée en janvier 2017 s'est intéressée aux effets d’une exposition orale au dioxyde de titane, en confiserie notamment. Elle montre "pour la première fois chez l’animal (le rat) que le E171 pénètre la paroi de l’intestin et se retrouve dans l’organisme. Des troubles du système immunitaire liés à l’absorption de la fraction nanoparticulaire de l’additif ont été observés. (...) Selon l'Inra, "ces résultats témoignent d’un effet initiateur et promoteur des stades précoces de la cancérogenèse colorectale, sans toutefois permettre d’extrapoler ces conclusions à l’Homme et pour des stades plus avancés de la pathologie."