Conso

Le chanvre fait son retour en France

©Andris Tkacenko/Shutterstock

Le premier congrès international du chanvre, organisé par l’association des professionnels du secteur se tiendra le 5 février prochain en Seine-et-Marne. L’occasion de revenir sur ce qui nous lie à cette plante depuis des millénaires.

Précisons que le chanvre dont il est question ici n’est pas de la même espèce que celui qu’on fume et qui est interdit en France (Cannabis Indica). Le Cannabis Sativa n’est pas un psychotrope. On lui trouve bien d’autres usages plus pratiques, de la construction au textile, en passant par l’alimentation ou la cosmétique.

Depuis des millénaires

On trouve des traces archéologiques des liens entre le chanvre et l’Homme dès le Néolithique, au Japon ou en Europe. Dans notre vallée du Rhône française, il apparaît près de trois siècles avant notre ère.

Sacré Charlemagne

Charlemagne lui-même a encouragé les sujets de son empire à le cultiver pour produire du textile et des cordes. Il en a fait un produit stratégique.

Son grand essor, lié aux transport maritime

Pendant les deux siècles où le transport maritime explose dans le monde, au XVIIème et XVIIIème, le chanvre est indispensable à bord des voiliers. On en fait toute sortes de cordes et les voiles, bien sûr.

L’apogée et le déclin

En France, en 1830, on compte 176 000 hectares de terres dédiées au chanvre. Sa culture est à son apogée. Mais un siècle plus tard, les fibres synthétiques et l’industrie de la chimie mettent fin à des millénaires d’expansion de Cannabis Sativa.

Le renouveau

Mais nous n’en avons pas fini avec cette fibre précieuse. Au contraire. A partir des années 90, le chanvre recommence à susciter l’intérêt. Sa culture a été multipliée par trois en 30 ans. Elle atteint aujourd’hui 16 400 hectares en France, où l’on produit près de la moitié du chanvre européen.

Des qualités écolo

Ses qualités écolo en font une plante indispensable aujourd’hui et pour le futur. La culture du chanvre est très peu gourmande en eau et ne nécessite aucun traitement qu’il soit fongicide, insecticide ou herbicide. Les graines sont semées en avril ou mai. On récolte les plants de fin août à octobre, sans avoir eu besoin d’intervenir entre temps.

Une richesse nutritionnelle

Les végétariens l’adorent. La graine décortiquée de chanvre est composée de 23 % de protéines. Elle est une des rares plantes à contenir tous les acides aminés indispensables. Elle est par ailleurs riche en vitamines B et E. On la déguste sous forme d’huile ou de farine.

Il inspire des innovations

Pendant des millénaires, le chanvre a essentiellement servi à fabriquer des textiles et des cordes. Aujourd’hui, on l’utilise principalement pour la construction, sous forme par exemple d’un béton de chanvre. Ce produit, inventé en France en 1986 utilise les déchets de défibrages de la plante.
On innove encore en ajoutant du chanvre à des plastiques (ce qui l’allège et permet d’avoir moins recours au pétrole), dans des matériaux composites utilisés par exemple dans l’automobile.

Et des initiatives

Le chanvre millénaire a ses fans, qui croient que la plante va rependre une place centrale dans nos vies. Parmi eux, l’ancien surfeur Vincent Lartizien. Il a créé la marque Nunti Sunya qui propose du chanvre sous forme d’aliments ou de vêtements. Vincent Lartizien s’est même formé à l’agriculture pour être capable de cultiver les graines. Et il a convaincu une cinquantaine d’agriculteurs dans le Gers d’en faire autant que lui.

Dans le Lot aussi, on relance sa culture, grâce aux quatre fondateurs de VirgoCoop. Ils ont livré leur première récolte à Atelier Tuffery, établi en Lozère qui en a fait des jeans, 100 % chanvre évidemment.

Pour en savoir plus : le site des professionnels du chanvre, Interchanvre est accessible ici.