Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Conso

La rue zéro déchet : "l’idée est d’aider l’ensemble des acteurs à modifier leur comportement"

©Anatoli Styf/Shutterstock

La rue de Paradis, située dans le 10e arrondissement de Paris, deviendra à compter de début décembre la première "rue zéro déchet" de la ville.

Le 10e arrondissement parisien se veut être un pionnier de la transition écologique, un "territoire pilote" en la matière. Pour cela, une feuille de route locale a été élaborée l’an dernier, sur la base des engagements du Plan Climat de la ville de Paris. Parmi les mesures que souhaite tester la mairie du 10e : la mise en place d’une première "rue zéro déchet" rue de Paradis, dès le mois de décembre prochain. Une initiative à laquelle participe l’association Zero Waste Paris, afin d’assister la mairie dans la mise en place de solutions. Trois questions à la maire de cet arrondissement parisien, Alexandra Cordebard.

Pourquoi avoir choisi la rue de Paradis comme première "rue zéro déchet" de Paris ?

Le principe de la "rue zéro déchet" est de travailler en même temps avec l’ensemble des acteurs d’une même rue, qui sont très diversifiés rue de Paradis. C’est comme une petite ville : il y a à la fois des bureaux, des logements sociaux, des logements privés, une école, des restaurants, des commerçants… On y trouve un échantillon représentatif des acteurs de la ville. On le fait pour créer un modèle et trouver avec chacun d’entre eux une manière de réduire ses déchets.

Quelles mesures concrètes vont être mises en place ?

Nous allons chercher des solutions pour réduire et recycler les déchets et aussi favoriser le réemploi et le tri. Il faut pour cela occuper le terrain, et informer. Nous travaillons de manière étroite avec les cantines notamment. Nous mesurons, pesons, travaillons sur les menus – à l’échelle de l’arrondissement également – et nous sensibilisons les enfants. On aide aussi les particuliers en leur mettant des moyens à disposition : poubelles de tri, compost, fiches de suivi pour mesurer eux-mêmes ce qui se passe à l’intérieur de leur appartement et peser leurs déchets. On leur donne des outils pour le tri plus spécifique : les bouteilles en plastique, les piles ou les ampoules. Nous sommes également en contact direct avec les bars et restaurants. On va travailler afin de mettre fin aux emballages et aux pailles en plastique, notamment auprès des commerces de vente à emporter. L’emballage peut évoluer vers un matériau plus facile à recycler que le plastique, et les habitants à proximité peuvent tout à fait envisager d’emmener leurs propres contenants. L’idée est d’aider l’ensemble des acteurs à modifier leur comportement via des formations au tri, des poubelles de tri et des composteurs supplémentaires.

Quels sont les objectifs de cette phase de test ?

L’objectif est que la pesée de déchets soit différente au début et à la fin de l’expérimentation. On fera une pesée spécifique dans la rue de référence, rue de Paradis, et sur un an on étudiera son évolution. Cela s’inscrit dans le cadre de la feuille de route sur l’économie circulaire qui sera présentée au Conseil de Paris en novembre. On espère, sur un an, être au delà de 10 % de réduction du poids des déchets, alors que les objectifs de réduction de la mandature (sur six ans, de 2014 à 2020 – ndlr) sont de 10 % sur l’ensemble de la ville. On peut vraiment créer un modèle un peu avant-gardiste, vertueux pour pouvoir l’exporter ailleurs, et proposer des méthodes pour réduire les déchets. L’essentiel du gain ne se situe pas seulement dans le poids de la benne, mais aussi dans le réemploi, la qualité du tri, l’évolution des modes de consommation des acteurs. L’expérimentation d’un an nous permettra, j’espère, de développer ensuite ces solutions à l’échelle de Paris. Je suis sûre que cela fera des émules et des envies.